Que faire si vous n'avez aucune réponse positive sur Parcoursup ?
Refusé ou en attente partout sur Parcoursup ? Découvrez les étapes concrètes pour rebondir : phase complémentaire, CAES, alternatives hors Parcoursup et formations accessibles.
Vous avez ouvert Parcoursup et tous vos voeux affichent "Refusé" ou "En attente". C'est un moment difficile — mais ce n'est pas la fin. En 2025, plus de 103 000 candidats se sont retrouvés dans cette situation, et la grande majorité a trouvé une solution.
Ce que vous ressentez est légitime. La déception, la colère, parfois la honte — ces émotions sont normales face à un système qui semble vous dire non. Mais un refus sur Parcoursup ne signifie pas que vous êtes incapable de réussir dans l'enseignement supérieur. Il signifie que votre dossier n'a pas été retenu par ces formations précises, à ce moment précis. La nuance est essentielle, et la suite de cet article va vous montrer qu'il existe des chemins concrets pour avancer.
Prenez une grande respiration. Puis lisez ce qui suit, étape par étape.
Etape 1 : Ne rien supprimer
C'est le réflexe le plus important — et le plus contre-intuitif. Si certains de vos voeux affichent "En attente", ne les supprimez pas. Même si votre position dans la liste d'attente vous semble désespérée.
Comprendre l'effet cascade
Le fonctionnement de Parcoursup repose sur un mécanisme de cascade. Chaque jour, des candidats acceptent une proposition et renoncent à leurs autres voeux. Chaque renoncement libère une place, ce qui fait avancer toutes les listes d'attente concernées. Et chaque candidat qui remonte dans une liste d'attente et reçoit une proposition renonce à son tour à d'autres voeux, créant de nouvelles places ailleurs.
Ce mouvement s'accélère au fil des semaines. Les premières journées de la phase d'admission sont souvent les plus décourageantes, parce que peu de candidats ont encore fait leur choix définitif. Mais entre la mi-juin et la mi-juillet, les listes d'attente avancent de manière significative. En 2024, dans certaines formations universitaires, des candidats initialement classés au-delà de la position 1 000 ont fini par recevoir une proposition.
Ce que vous devez faire maintenant
Notez votre position en liste d'attente pour chaque voeu "En attente". Notez également le nombre total de candidats dans la liste et, si l'information est disponible, la position du dernier candidat appelé l'année précédente. Comparez ces chiffres chaque jour. Si votre position avance régulièrement, c'est bon signe — même si le mouvement vous semble lent.
Ne supprimez un voeu en attente que si vous avez accepté définitivement une autre proposition qui vous convient pleinement. Jamais par découragement.
Etape 2 : Contacter votre lycée
Vous n'êtes pas seul dans cette situation, et votre lycée dispose de ressources spécifiquement conçues pour vous accompagner.
L'entretien d'orientation
Dès que vous constatez que votre situation est difficile, prenez rendez-vous avec votre professeur principal. Il peut vous aider à analyser les raisons des refus et à ajuster votre stratégie. Dans certains cas, il peut également contacter directement des formations pour comprendre les critères qui ont joué en votre défaveur.
Le psychologue de l'Education nationale
Chaque lycée a accès à un psychologue de l'Education nationale (anciennement conseiller d'orientation-psychologue). Ce professionnel connaît l'ensemble des formations disponibles dans votre académie, y compris celles qui sont moins connues mais qui pourraient correspondre à votre profil. Il peut aussi vous aider à gérer le stress et l'anxiété liés à la situation.
Le proviseur et l'équipe de direction
En cas de situation critique, le proviseur de votre lycée peut saisir le rectorat en votre nom. Il a un rôle de médiateur et peut plaider votre dossier auprès des instances académiques. N'hésitez pas à solliciter un rendez-vous.
L'essentiel est de ne pas rester isolé. Les adultes de votre établissement scolaire sont là pour vous accompagner, et la plupart d'entre eux ont déjà aidé des élèves dans la même situation les années précédentes.
Etape 3 : La phase complémentaire
La phase complémentaire est votre deuxième chance officielle. Elle ouvre généralement autour du 11 juin et vous permet de formuler jusqu'à 10 nouveaux voeux dans des formations qui disposent encore de places vacantes.
Comment fonctionne la phase complémentaire
Contrairement à la phase principale, la phase complémentaire est un processus continu. Les formations avec des places disponibles sont affichées sur la plateforme et mises à jour régulièrement. Vous pouvez formuler vos voeux au fur et à mesure, et les réponses arrivent généralement plus rapidement qu'en phase principale — parfois en quelques jours seulement.
Quelles formations restent disponibles ?
Chaque année, plusieurs milliers de formations disposent encore de places en phase complémentaire. Ce ne sont pas uniquement des formations "par défaut". On y trouve des licences universitaires dans de nombreuses disciplines, des BTS et des BUT avec d'excellents taux de réussite, des formations en apprentissage, et parfois même des filières sélectives qui n'ont pas rempli tous leurs effectifs.
La clé est d'être réactif. Les places les plus intéressantes partent vite. Si vous avez préparé votre liste en amont (en identifiant des formations qui vous intéressent avant même l'ouverture de la phase complémentaire), vous aurez un avantage considérable.
Les bons réflexes
Elargissez vos critères géographiques. Une formation qui vous convient à 200 kilomètres de chez vous vaut mieux qu'aucune formation. Les résidences universitaires et les bourses sur critères sociaux existent pour faciliter la mobilité. Pensez également à des filières proches de votre projet initial : si vous visiez médecine via PASS, une licence de sciences de la vie peut être une excellente porte d'entrée alternative, avec des passerelles possibles.
Etape 4 : La CAES (Commission d'Accès à l'Enseignement Supérieur)
Si vous n'avez toujours aucune proposition après la phase complémentaire, il existe un filet de sécurité institutionnel : la CAES, ou Commission d'Accès à l'Enseignement Supérieur.
Qu'est-ce que la CAES ?
La CAES est une commission académique présidée par le recteur. Sa mission est de proposer une affectation aux candidats qui n'ont reçu aucune proposition d'admission, qu'ils soient bacheliers de l'année ou en réorientation. Chaque académie dispose de sa propre CAES.
Comment la saisir ?
Pour saisir la CAES, vous devez en faire la demande directement depuis votre dossier Parcoursup. Un bouton spécifique apparaît dans votre espace candidat lorsque vous n'avez aucune proposition. Vous pouvez également contacter le rectorat de votre académie par téléphone ou par courrier.
Lors de la saisine, vous devrez expliquer votre situation et préciser vos souhaits de formation. La CAES examinera votre dossier et vous proposera une ou plusieurs formations en fonction des places disponibles dans votre académie. Vous n'êtes pas obligé d'accepter la proposition, mais sachez qu'elle constitue souvent une solution viable et que les formations proposées tiennent compte, dans la mesure du possible, de votre projet.
Les délais
La CAES se réunit régulièrement pendant l'été et jusqu'à la rentrée. Les réponses peuvent prendre quelques semaines. Plus vous la saisissez tôt, plus les options disponibles seront nombreuses.
Etape 5 : Les alternatives hors Parcoursup
Parcoursup ne couvre pas l'intégralité de l'offre de formation en France. De nombreuses possibilités existent en dehors de la plateforme, et certaines peuvent correspondre parfaitement à votre projet.
Les écoles privées avec inscription directe
De nombreuses écoles privées — en commerce, en communication, en art, en informatique, en paramédical — recrutent directement, sans passer par Parcoursup. Certaines acceptent des inscriptions jusqu'à la fin de l'été, voire en septembre. Vérifiez toujours que l'établissement est reconnu par l'Etat et que le diplôme délivré est inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Méfiez-vous des formations onéreuses qui ne débouchent sur aucune certification reconnue.
L'année à l'étranger
Une année d'études ou de césure à l'étranger peut être un investissement précieux. Certaines universités européennes (notamment en Belgique, en Espagne ou au Portugal) proposent des formations francophones ou anglophones accessibles sans passer par Parcoursup. Une année à l'étranger enrichit votre dossier, améliore vos compétences linguistiques et démontre votre capacité d'adaptation — des atouts majeurs si vous décidez de recandidater l'année suivante.
Le service civique
Le service civique est une mission d'intérêt général de 6 à 12 mois, ouverte aux jeunes de 16 à 25 ans. Il offre une indemnité mensuelle, une protection sociale complète et une expérience valorisante. Sur le plan de Parcoursup, un service civique est reconnu comme un engagement significatif. Si vous recandidatez l'année suivante, cette expérience renforce considérablement votre dossier et votre lettre de motivation.
L'apprentissage en accès direct
Certaines entreprises et CFA (Centres de Formation d'Apprentis) proposent des contrats d'apprentissage sans passer par Parcoursup. Renseignez-vous directement auprès des CFA de votre région ou sur les plateformes spécialisées comme La Bonne Alternance. L'apprentissage vous permet de vous former tout en étant rémunéré, et les taux d'insertion professionnelle des apprentis sont parmi les plus élevés de l'enseignement supérieur.
Le redoublement stratégique ou la réorientation
Enfin, si aucune des options ci-dessus ne vous convient, prendre une année pour consolider votre dossier et recandidater n'est ni un échec ni une perte de temps. Utilisez cette année pour améliorer vos notes, acquérir de l'expérience (stages, bénévolat, projets personnels) et affiner votre projet d'orientation. Les candidats qui recandidatent avec un dossier renforcé et une meilleure stratégie de voeux obtiennent généralement de bien meilleurs résultats.
Ce que nos données montrent
En analysant six années de données Parcoursup couvrant 14 134 formations, un constat revient systématiquement : il existe des formations avec des taux d'accès élevés dans pratiquement tous les domaines. Ces formations ne sont pas nécessairement de moindre qualité — elles sont simplement moins visibles, moins connues du grand public, ou situées dans des villes moyennes qui n'attirent pas spontanément l'attention.
Nos données montrent par exemple que dans le domaine du droit, certaines licences affichent un taux d'accès supérieur à 80 % tout en maintenant des taux de réussite en première année honorables. En sciences, en lettres, en économie — le même schéma se répète. Des formations solides, bien encadrées, avec des débouchés réels, qui acceptent la grande majorité de leurs candidats.
Le problème n'est pas l'absence d'options. Le problème est la visibilité de ces options. Les candidats se concentrent naturellement sur les formations les plus connues et les plus proches de chez eux, créant une concurrence artificielle sur une fraction de l'offre disponible.
Utilisez notre outil pour découvrir des formations avec des taux d'accès favorables que vous n'aviez peut-être pas envisagées. Filtrez par domaine, par région, par taux d'accès. Comparez les évolutions sur six ans. Vous découvrirez probablement des options que vous ne connaissiez pas — et qui pourraient changer la donne.
Vous allez vous en sortir
La situation que vous vivez est temporaire. Elle ne définit pas votre valeur, ni votre avenir. Le système Parcoursup, malgré ses imperfections, offre plusieurs filets de sécurité — phase complémentaire, CAES, voeux en attente qui continuent d'avancer. Et au-delà de Parcoursup, les chemins vers l'enseignement supérieur et la vie professionnelle sont bien plus nombreux que ce qu'un écran de résultats peut laisser croire.
L'important maintenant est d'agir méthodiquement. Suivez les étapes de ce guide, une par une. Entourez-vous de personnes qui peuvent vous aider — professeurs, conseillers, famille. Et gardez en tête cette réalité statistique : la très grande majorité des candidats initialement sans proposition finissent par trouver une formation. Vous ferez partie de cette majorité.
Questions fréquentes
Combien de temps durent les listes d'attente sur Parcoursup ?
Les listes d'attente restent actives pendant toute la phase principale d'admission, qui s'étend généralement du 12 juin au 11 septembre. Les mouvements les plus importants ont lieu entre mi-juin et fin juillet. Après cette période, les places restantes sont redistribuées via la phase complémentaire et la CAES. Si vous êtes en attente, ne perdez pas espoir avant la fin officielle de la phase — des propositions peuvent arriver jusqu'aux derniers jours.
La CAES peut-elle m'imposer une formation que je ne veux pas ?
Non. La CAES vous fait une proposition, mais vous restez libre de l'accepter ou de la refuser. Cependant, la proposition est faite en tenant compte de votre projet et des places disponibles dans votre académie. Il est dans votre intérêt de formuler clairement vos souhaits lors de la saisine. Si la proposition ne vous convient pas, vous pouvez la décliner et explorer les autres alternatives présentées dans cet article.
Est-ce que recandidater l'année prochaine est une bonne idée si je suis refusé partout cette année ?
Oui, à condition de mettre cette année à profit. Un dossier identique soumis une deuxième fois n'aura pas un résultat différent. En revanche, si vous améliorez vos notes (en redoublant votre terminale ou en suivant une formation courte), si vous acquérez de l'expérience (stage, service civique, projet personnel) et si vous diversifiez davantage vos voeux, vos chances augmentent significativement. Les formations regardent l'évolution du candidat, et une trajectoire ascendante est toujours valorisée.