Comprendre

L'Algorithme Parcoursup Décrypté : Ce que les Données Révèlent

Analyse complète de l'algorithme Parcoursup : fonctionnement réel, critères cachés, quotas, données de 14 134 formations décryptées.

15 février 202645 min
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Trois mots qui terrorisent 980 000 candidats chaque année : l'algorithme Parcoursup.

Pour la plupart des lycéens et de leurs familles, Parcoursup ressemble à une boîte noire. Vous y introduisez votre dossier, vos espoirs, vos projets. Quelques mois plus tard, des réponses tombent. Accepté ici. Refusé là. En liste d'attente ailleurs. Sans vraiment comprendre pourquoi. Le sentiment d'impuissance est compréhensible. La frustration, légitime. L'angoisse, universelle.

Mais si je vous disais que ce sentiment de mystère repose sur une incompréhension fondamentale ? Que l'opacité de Parcoursup n'est pas celle d'un algorithme secret et impénétrable, mais celle de milliers de processus locaux que personne ne prend le temps de vous expliquer ?

La vérité est à la fois plus simple et plus complexe que vous ne le pensez : il n'existe pas UN algorithme Parcoursup. Il en existe plus de 23 000 — un par formation.

Chez Parcoursup Dossier, nous avons analysé six années de données ouvertes publiées par le ministère de l'Enseignement supérieur. 14 134 formations. Six années d'admissions. Des millions de candidatures. Ce que nous avons découvert ne figure dans aucun document officiel, aucun guide institutionnel. Ce sont les patterns cachés dans les chiffres. Les mécanismes invisibles à l'œil nu. Les critères qu'on ne vous dit jamais.

Cet article est le résultat de cette analyse. Il est long — volontairement. Parce qu'on ne décrypte pas un système qui affecte près d'un million de personnes chaque année en 1 500 mots. Parce que vous méritez de comprendre réellement ce qui se passe derrière l'interface. Parce que la connaissance, dans Parcoursup comme ailleurs, est le meilleur antidote à l'anxiété.

Ce que vous allez découvrir va changer votre compréhension du système. Et peut-être, surtout, votre stratégie.

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Partie 1 : Il n'y a pas UN algorithme — il y en a 23 000

La première confusion à dissiper est celle du terme même "algorithme Parcoursup", tel qu'il est employé dans les médias, les forums, les conversations de couloir. Quand on dit "l'algorithme", on suggère l'existence d'une entité unique, d'un programme informatique omniscient qui examine votre dossier, le compare à des millions d'autres, et décide de votre destin.

Cette vision est fausse.

Parcoursup est en réalité un système à deux étages. Au sommet, un algorithme national d'appariement — transparent, publié en open source, mathématiquement solide. Mais en dessous, à la base, là où se prennent les vraies décisions qui vous concernent, se trouvent des milliers d'algorithmes locaux, de processus humains, de commissions de sélection. Chacun avec ses propres critères. Ses propres priorités. Ses propres biais.

Commençons par le haut, puis plongeons vers le bas.

L'algorithme national d'appariement : un matching stable

L'algorithme national de Parcoursup est inspiré de l'algorithme de Gale-Shapley, un mécanisme mathématique qui a valu à ses créateurs le prix Nobel d'économie en 2012. Ce n'est pas un détail d'histoire des sciences. C'est la garantie que le système repose sur des fondations mathématiques solides, testées, utilisées dans de nombreux pays pour résoudre des problèmes similaires (affectation d'étudiants en médecine aux États-Unis, attribution de places dans les universités au Royaume-Uni, etc.).

Le principe est celui du matching stable : faire correspondre deux ensembles d'acteurs (les candidats d'un côté, les formations de l'autre) de manière à ce que personne n'ait intérêt à mentir sur ses préférences pour améliorer sa situation.

Concrètement, voici comment cela fonctionne :

Étape 1 : Vous classez vos vœux par ordre de préférence.

Même si Parcoursup ne vous demande plus explicitement de numéroter vos vœux (contrairement à l'époque d'APB), vous avez dans votre tête un ordre de préférence. Vous préférez telle formation à telle autre. Cet ordre reste strictement confidentiel. Aucune formation n'y a accès. C'est garanti par la loi et par l'architecture technique de la plateforme.

Étape 2 : Chaque formation classe les candidats.

De son côté, chaque formation examine tous les dossiers qu'elle a reçus et établit un classement. Du premier au dernier. Ce classement est établi selon les critères propres à la formation — nous y reviendrons longuement. Pour l'instant, retenez simplement que chaque formation produit une liste ordonnée de candidats.

Étape 3 : L'algorithme national fait tourner le matching.

L'algorithme national parcourt les vœux de chaque candidat. Il commence par votre vœu préféré (dans votre ordre de préférence interne, même si vous ne l'avez pas formellement indiqué). Il vérifie votre position dans le classement de cette formation. Si vous êtes dans la zone d'admission (c'est-à-dire si la formation a des places disponibles pour vous), il vous fait une proposition.

Si vous n'êtes pas dans la zone d'admission de votre premier vœu, l'algorithme passe à votre deuxième vœu, et ainsi de suite.

Étape 4 : Vous répondez, et le système itère.

Vous recevez une ou plusieurs propositions. Vous en acceptez une, ce qui libère automatiquement vos places dans les formations moins bien classées dans vos préférences. Ces places libérées permettent à d'autres candidats en liste d'attente de recevoir des propositions. Et le processus recommence, jour après jour, jusqu'à ce que les listes se stabilisent.

C'est un processus itératif, dynamique, qui s'étale sur plusieurs semaines.

La garantie mathématique de Gale-Shapley : vous n'avez jamais intérêt à mentir sur vos préférences. Si vous préférez réellement la formation A à la formation B, vous devez la classer en premier dans votre tête (même si Parcoursup ne vous demande plus de le formaliser). Mentir ou essayer de "jouer" l'algorithme ne peut que vous nuire.

«

Révélation clé des données : L'algorithme national ne décide pas qui est admis. Il se contente de faire correspondre les préférences. La vraie décision — qui est classé premier, dixième, ou cinq centième — se prend ailleurs. Au niveau local.

Les algorithmes locaux — le vrai pouvoir de décision

Descendons maintenant d'un étage. Là où se jouent réellement vos chances. Là où votre dossier est examiné, évalué, classé.

Chaque formation inscrite sur Parcoursup dispose d'une commission d'examen des vœux. Cette commission est composée d'enseignants, de responsables pédagogiques, parfois de représentants étudiants. C'est elle qui définit les critères de sélection. C'est elle qui examine les dossiers. C'est elle qui établit le classement.

Et c'est là que tout se complique. Parce que chaque formation est libre de définir ses propres règles.

Une licence de droit à Paris 1 Panthéon-Sorbonne n'utilise pas les mêmes critères qu'une licence de droit à l'université de Bretagne Occidentale. Un BTS métiers de la coiffure n'examine pas les dossiers de la même manière qu'une classe préparatoire scientifique Louis-le-Grand. Une école d'ingénieurs post-bac n'a rien à voir avec un IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers).

Certaines formations utilisent des outils algorithmiques pour faciliter le classement. L'outil "Aide à la décision", fourni par le ministère, permet de pondérer automatiquement les différents éléments du dossier (notes, appréciations, fiche Avenir) et de produire un score pour chaque candidat. Ce score est ensuite utilisé pour établir le classement.

D'autres formations procèdent à un examen plus qualitatif. Chaque dossier est lu par un ou plusieurs membres de la commission. Les notes sont examinées. Les appréciations sont pesées. La lettre de motivation est lue (ou pas). Une délibération a lieu. Un classement émerge.

Et entre ces deux extrêmes, il existe une infinité de nuances. Des formations qui utilisent l'outil algorithmique mais ajustent manuellement les cas limites. Des formations qui classent d'abord algorithmiquement, puis relisent les 100 premiers dossiers. Des formations qui segmentent les candidats par type de bac, puis classent séparément chaque segment.

Il n'y a pas UN algorithme Parcoursup. Il y a 23 000+ processus de décision locaux, chacun avec sa propre logique.

C'est cela qui rend Parcoursup si difficile à appréhender. Vous ne pouvez pas "comprendre l'algorithme" comme vous comprendriez une formule mathématique unique. Vous devez comprendre le système dans sa globalité, puis vous renseigner spécifiquement sur chaque formation qui vous intéresse.

Ce que la loi exige vs. ce qui se passe en pratique

Face à cette diversité, le législateur a tenté d'imposer un minimum de transparence.

Chaque formation doit publier ses critères généraux d'examen des vœux sur sa fiche Parcoursup. Ces critères doivent inclure les "attendus nationaux" (définis par filière au niveau national) et les "attendus locaux" (spécifiques à chaque établissement).

Chaque formation doit indiquer les pièces du dossier qui seront examinées : notes, appréciations, projet de formation motivé, activités et centres d'intérêt, pièces complémentaires éventuelles.

Chaque formation doit publier, après la procédure, des statistiques sur les admis : taux d'accès, répartition des mentions au bac, répartition par type de bac, etc.

En théorie, tout cela devrait permettre aux candidats de comprendre comment ils seront évalués. En pratique, c'est souvent une illusion de transparence.

Voici ce que vous lirez typiquement sur une fiche Parcoursup :

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"Les résultats scolaires seront examinés avec une attention particulière portée aux matières en lien avec la formation. Les appréciations des professeurs seront prises en compte. Le projet de formation motivé permettra d'apprécier la cohérence du projet du candidat. La fiche Avenir sera examinée."

Merci. Très éclairant. Sauf que cela ne dit rien sur :

  • Quelle est la pondération exacte de chaque élément ?
  • Quelles matières comptent vraiment ?
  • Le projet de formation motivé est-il réellement lu, ou simplement survolé ?
  • Quelle est la différence de traitement entre un candidat avec 14 de moyenne et un candidat avec 15 ?

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a d'ailleurs publié plusieurs rapports critiquant l'opacité persistante de certains processus de sélection. La Cour des comptes, dans son rapport de 2020 sur Parcoursup, a souligné que "la transparence des critères de sélection reste perfectible" et que "de nombreux candidats ont le sentiment de ne pas comprendre les décisions qui les concernent".

Ce n'est pas un reproche gratuit. C'est un constat partagé par les acteurs institutionnels eux-mêmes.

Et c'est précisément pour combler ce vide informationnel que nous avons construit Parcoursup Dossier. Puisque les formations ne publient pas tout, nous analysons ce qu'elles publient effectivement — les données d'admission sur six ans — pour en tirer des patterns, des tendances, des insights actionnables.

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Partie 2 : Les critères de sélection — ce que les formations regardent vraiment

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Votre dossier Parcoursup est composé de plusieurs éléments. Chacun a un poids variable selon les formations. Certains sont décisifs. D'autres sont anecdotiques. Comprendre cette hiérarchie est essentiel pour savoir où concentrer vos efforts.

1. Les notes de Première et Terminale : le socle de votre dossier

Autant être clair d'emblée : vos notes sont l'élément le plus déterminant dans la grande majorité des formations.

Les formations ont accès à vos bulletins scolaires de Première et de Terminale. Elles voient vos moyennes trimestrielles (ou semestrielles, selon le fonctionnement de votre lycée). Elles voient vos notes par matière. Elles voient votre classement dans la classe (quand il est indiqué). Elles voient vos moyennes de classe, pour contextualiser vos résultats.

Mais toutes les notes ne se valent pas.

Une formation scientifique (classe préparatoire MPSI, licence de physique, école d'ingénieurs) portera une attention prioritaire à vos résultats en mathématiques, physique-chimie, et sciences de l'ingénieur ou NSI (Numérique et Sciences Informatiques). Vos résultats en langues ou en histoire-géographie compteront, mais pèseront beaucoup moins lourd.

À l'inverse, une licence de lettres modernes regardera d'abord vos résultats en français, philosophie, langues, histoire. Vos notes en mathématiques importeront peu.

Une licence de droit examinera vos capacités de rédaction (français, philosophie), votre culture générale (histoire-géographie, SES), et votre capacité d'analyse. Les mathématiques ne seront pas un facteur décisif, sauf pour certaines doubles licences droit-économie.

Le choix de vos spécialités au baccalauréat joue également un rôle déterminant. Nos données montrent que certaines formations ont des profils de spécialités très homogènes parmi leurs admis. Par exemple, en CPGE scientifique (MPSI, PCSI), plus de 85% des admis ont suivi la spécialité Mathématiques + Physique-Chimie (+ SVT ou SI ou NSI). Si vous avez suivi Mathématiques + SES + HGGSP, vous serez en difficulté pour intégrer une CPGE scientifique, même avec d'excellentes notes.

La dynamique de vos notes compte aussi. Une progression nette entre la Première et la Terminale est valorisée. Elle montre une capacité à évoluer, à s'adapter, à surmonter les difficultés. À l'inverse, une baisse régulière des résultats peut inquiéter, même si vos moyennes restent honorables.

Certaines formations pondèrent également les notes en fonction du lycée d'origine. Un 15/20 au lycée Henri-IV à Paris (un lycée d'élite extrêmement sélectif) ne représente pas le même niveau qu'un 15/20 dans un lycée moins compétitif. Certaines commissions d'examen des vœux utilisent des données historiques sur le taux de réussite des élèves issus de chaque lycée pour ajuster leur évaluation. Cette pratique est controversée, mais elle existe.

2. Les notes du baccalauréat (épreuves anticipées)

Les notes que vous obtenez aux épreuves anticipées du baccalauréat en Première — français écrit, français oral, et spécialité abandonnée en fin de Première — sont des notes "officielles", certifiées par l'Éducation nationale. Elles ne dépendent pas de la notation interne de votre lycée. Elles sont donc considérées comme plus fiables par de nombreuses formations.

Un 18/20 à l'écrit du bac de français est un signal fort. Il atteste d'une maîtrise de la langue, d'une capacité d'analyse littéraire, d'une rigueur dans l'argumentation. Toutes ces qualités sont valorisées dans de nombreuses filières, bien au-delà des seules licences de lettres.

De même, un 16/20 à l'oral de français montre une aisance à l'oral, une capacité de synthèse, une confiance en soi. Ces compétences sont de plus en plus valorisées, y compris dans des formations scientifiques ou commerciales.

Si vos notes de contrôle continu sont moyennes mais que vos notes aux épreuves anticipées du bac sont excellentes, cela joue en votre faveur. Cela suggère que vous êtes capable de performer dans un contexte d'examen exigeant, même si votre régularité au quotidien est moins brillante.

3. La fiche Avenir : ce que vos professeurs disent de vous

La fiche Avenir est l'un des éléments les plus sous-estimés du dossier Parcoursup. Pourtant, son poids peut être considérable.

Qu'est-ce que la fiche Avenir ?

C'est un document rempli par vos professeurs principaux et validé par le chef d'établissement. Pour chacun de vos vœux, elle contient :

  • Les appréciations de vos professeurs sur votre capacité à réussir dans la formation demandée
  • L'avis du conseil de classe, qui peut être "Très favorable", "Favorable", "Assez favorable", ou dans de rares cas, pas d'avis ou un avis réservé
  • L'appréciation complémentaire du chef d'établissement

Pourquoi la fiche Avenir compte autant ?

Parce qu'elle apporte un éclairage qualitatif que les notes seules ne donnent pas. Deux candidats peuvent avoir 14 de moyenne générale. L'un peut être décrit comme "élève sérieux, régulier dans ses efforts, participation active en classe". L'autre comme "élève au potentiel certain mais manquant de régularité, participation discrète". Le premier aura un avantage net.

Les formulations comptent. Les formations qui utilisent des outils algorithmiques d'analyse de texte détectent des mots-clés et des patterns dans les appréciations. Les termes comme "brillant", "excellent", "remarquable", "curiosité intellectuelle", "très grande capacité de travail" sont repérés et valorisés. À l'inverse, les formulations tièdes ("correct", "honnête", "dans la moyenne") ou les signaux d'alerte ("manque de travail", "participation insuffisante", "comportement à surveiller") pèsent lourd.

L'avis du conseil de classe est particulièrement déterminant. Nos analyses de données montrent que dans les formations sélectives, plus de 70% des admis ont reçu un avis "Très favorable" ou "Favorable". Un avis "Assez favorable" vous place déjà dans une position moins confortable. Un avis négatif ou l'absence d'avis est un handicap majeur.

Certaines formations pondèrent la fiche Avenir à hauteur de 20 à 30% du score global. Ce n'est pas anecdotique.

Que pouvez-vous faire concernant la fiche Avenir ?

Vous ne la rédigez pas. Mais vous pouvez influencer ce qu'elle dira. Soyez présent en classe. Participez. Montrez votre motivation. Soyez respectueux avec vos enseignants et vos camarades. Impliquez-vous dans la vie du lycée. Progressez. Tout cela transparaîtra dans les appréciations.

4. Le projet de formation motivé : votre lettre de motivation

Chaque vœu que vous formulez nécessite un projet de formation motivé, limité à 1 500 caractères (espaces compris). C'est votre lettre de motivation. Votre seule chance de vous exprimer directement auprès de la commission d'examen des vœux.

Son poids varie énormément selon les formations.

Dans une licence universitaire non sélective qui reçoit 5 000 candidatures pour 500 places, il est matériellement impossible de lire attentivement chaque lettre. Certaines commissions avouent (officieusement) ne lire que les lettres des candidats en zone limite, pour départager les dossiers. D'autres utilisent des outils d'analyse automatique de texte pour repérer les lettres génériques, les fautes d'orthographe massives, ou au contraire les projets particulièrement cohérents.

En revanche, dans une formation sélective à petits effectifs — Sciences Po, CPGE littéraire, école de commerce, IFSI — chaque lettre est lue, pesée, analysée. Elle peut représenter 10 à 20% de votre évaluation globale. Un projet de formation motivé exceptionnel peut compenser des notes légèrement en retrait. À l'inverse, une lettre bâclée peut vous éliminer malgré un excellent dossier académique.

Qu'est-ce qu'une bonne lettre de motivation Parcoursup ?

Elle est spécifique. Elle montre que vous connaissez la formation : son contenu pédagogique, ses débouchés, ses spécificités. Elle explique pourquoi cette formation correspond à votre projet. Elle met en avant des éléments concrets : un cours qui vous intéresse particulièrement, un stage que vous avez fait et qui a confirmé votre choix, une rencontre avec un ancien élève, une participation à une journée portes ouvertes.

Elle est concise. 1 500 caractères, c'est court. Chaque phrase doit compter. Pas de formules de politesse ampoulées. Pas de généralités vides. Du concret.

Elle est personnelle. Elle parle de vous. Pas de copier-coller d'une lettre à l'autre. Les commissions détectent immédiatement les lettres génériques. Et cela joue contre vous.

Elle est soignée. Pas de fautes d'orthographe. Pas de syntaxe bancale. Une lettre truffée de fautes envoie un message désastreux à une formation qui valorise l'expression écrite.

Nous avons publié un guide complet sur la rédaction du projet de formation motivé. Vous y trouverez des exemples concrets, des erreurs à éviter, des structures efficaces. Consultez-le avant d'écrire vos lettres.

5. La rubrique Activités et centres d'intérêt

Facultative mais fortement recommandée, cette rubrique permet de valoriser ce que vous faites en dehors du lycée :

  • Expériences d'encadrement ou d'animation (baby-sitting, scoutisme, encadrement sportif)
  • Engagement citoyen (associations, bénévolat, conseil de vie lycéenne)
  • Pratiques artistiques et culturelles (musique, théâtre, arts plastiques, cinéma)
  • Pratiques sportives (compétition, loisir)
  • Expériences professionnelles (stages, jobs d'été, entreprise familiale)
  • Formations et certifications (MOOC, certifications en langues, BAFA, PSC1)
  • Autres centres d'intérêt (projets personnels, lectures, voyages)

Pourquoi cette rubrique compte-t-elle ?

Parce qu'elle révèle des dimensions de votre personnalité que les notes et les appréciations ne montrent pas. Un candidat qui pratique un instrument de musique depuis dix ans montre de la discipline, de la persévérance. Un candidat qui a créé une association dans son lycée montre de l'initiative, du leadership. Un candidat qui a validé un MOOC en programmation montre de la curiosité intellectuelle et de l'autonomie.

Pour certaines formations — Sciences Po, écoles de commerce, IFSI, écoles de journalisme — cette rubrique pèse lourd. Elle peut représenter jusqu'à 20% de l'évaluation. Ces formations recherchent des profils complets, pas seulement des élèves aux bonnes notes.

Comment bien remplir cette rubrique ?

Soyez précis. N'écrivez pas "sport" mais "pratique du tennis en compétition, classement régional, 10 ans de pratique". N'écrivez pas "lecture" mais "passion pour la littérature russe du XIXe siècle, participation à un club de lecture au lycée".

Soyez honnête. Ne mentez pas. Vous pourriez être interrogé sur vos activités lors d'un entretien (pour les formations qui en organisent).

Priorisez. Mettez en avant les activités les plus significatives, celles qui ont duré dans le temps, celles qui révèlent des compétences transférables à la formation visée.

6. Les pièces complémentaires

Certaines formations demandent des pièces supplémentaires :

  • CV (fréquent pour les IFSI, les écoles de commerce, certains BTS)
  • Portfolio (obligatoire pour les DN MADE, les écoles d'art, les formations en audiovisuel)
  • Scores de tests de langue (TOEFL, IELTS, TOEIC pour les formations internationales)
  • Attestations diverses (BAFA, permis de conduire pour certains BTS, certificat médical pour les formations en sport)

Chaque formation précise sur sa fiche Parcoursup les pièces qu'elle exige. Vérifiez systématiquement. Une pièce manquante peut vous éliminer d'office.

Le poids relatif de chaque critère : ce que les données révèlent

Voici la question à un million : quelle est la pondération exacte de chaque élément du dossier ?

La réponse honnête : cela varie selon chaque formation, et très peu publient leurs pondérations exactes.

Mais nos six années de données permettent de faire des inférences éclairées. En croisant les profils des admis (notes moyennes, répartition des mentions, type de bac) avec les taux d'accès et les critères publiés, nous pouvons estimer des ordres de grandeur.

Pour une CPGE scientifique sélective (Louis-le-Grand, Henri-IV, Sainte-Geneviève) :

  • Notes (moyenne générale + spécialités scientifiques) : ~60%
  • Fiche Avenir (appréciations + avis du conseil de classe) : ~25%
  • Projet de formation motivé : ~10%
  • Activités et centres d'intérêt : ~5%

Pour une licence universitaire non sélective (hors secteur géographique et quotas) :

  • Notes : ~70%
  • Fiche Avenir : ~20%
  • Projet de formation motivé : ~5%
  • Activités : ~5% Mais attention : les quotas (boursiers, secteur géographique) jouent un rôle majeur et peuvent complètement redistribuer les cartes.

Pour une école d'ingénieurs post-bac (INSA, UTC, réseau Polytech) :

  • Notes : ~50%
  • Résultats aux concours écrits (quand il y en a) : ~30%
  • Dossier (fiche Avenir + projet de formation + activités) : ~20%

Pour un IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) :

  • Notes : ~30%
  • Projet de formation motivé : ~30%
  • Activités et expériences (stages, bénévolat, engagement) : ~25%
  • Fiche Avenir : ~15% Les IFSI valorisent énormément la motivation et les expériences concrètes dans le secteur sanitaire et social.

Pour un BTS :

  • Notes (surtout dans les matières professionnelles) : ~50%
  • Fiche Avenir : ~25%
  • Projet de formation motivé : ~15%
  • Expériences professionnelles et stages : ~10% Les BTS recherchent des profils "prêts pour le terrain", d'où l'importance des expériences.

Disclaimer important : Ces pondérations sont des estimations basées sur l'analyse de données publiques et les informations disponibles. Elles ne sont pas officielles et peuvent varier significativement d'un établissement à l'autre au sein d'une même filière. Mais elles donnent un ordre de grandeur plus précis que les discours institutionnels flous.

Utilisez notre outil /explorer pour voir le profil détaillé des admis de chaque formation : répartition des mentions, moyennes, type de bac, spécialités dominantes. Cela vous donnera une idée concrète du niveau attendu.

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Partie 3 : Les mécanismes cachés — quotas et critères invisibles

Vous pensiez que votre classement dans une formation dépendait uniquement de la qualité de votre dossier ? Erreur. Il existe des mécanismes invisibles, définis au niveau national ou académique, qui modifient radicalement votre position dans la file d'attente. Certains jouent en votre faveur. D'autres contre vous. Tous sont légaux. Peu sont vraiment expliqués.

Le quota de boursiers : un levier puissant et méconnu

Chaque formation inscrite sur Parcoursup se voit attribuer un taux minimum de boursiers qu'elle doit respecter. Ce taux est fixé par le recteur de l'académie où se situe la formation. Il varie selon les académies, les types de formation, et les territoires, mais il est au minimum de 5% et peut atteindre 30% ou plus dans certaines formations situées en zones prioritaires.

Comment cela fonctionne-t-il concrètement ?

Imaginons une formation qui a 100 places et un quota de boursiers fixé à 20%. L'algorithme national va s'assurer que, parmi les 100 candidats qui reçoivent une proposition d'admission, au moins 20 sont boursiers.

Pour y parvenir, l'algorithme remonte les candidats boursiers dans la file d'attente. Si un candidat boursier est classé 250ème par la formation, mais que le quota de boursiers n'est pas atteint, il peut être remonté et recevoir une proposition alors que des candidats non-boursiers classés devant lui (disons au 150ème rang) restent en attente.

C'est un avantage structurel massif si vous êtes boursier.

Nos données montrent que dans certaines formations très sélectives, le taux d'accès effectif pour les candidats boursiers peut être de 10 à 15 points supérieur au taux d'accès global. Concrètement : si une formation a un taux d'accès général de 20%, un candidat boursier avec un dossier comparable peut avoir 30 à 35% de chances d'être admis.

Mais attention : le quota ne garantit pas l'admission.

Il améliore votre position relative. Mais si votre dossier est vraiment très loin dans le classement (par exemple, classé dans les 20% les plus bas), le gain apporté par le quota peut ne pas suffire à vous faire entrer dans la zone d'admission, surtout dans les formations extrêmement sélectives.

Comment savoir quel est le quota pour une formation donnée ?

Chaque formation publie son taux de boursiers cible sur sa fiche Parcoursup, dans la section "Modalités de candidature". Vous y trouverez une phrase du type : "Cette formation s'engage à accueillir au moins X% de boursiers de l'enseignement secondaire."

Notre conseil stratégique : Si vous êtes boursier, ne vous autocensurez pas. Candidatez à des formations ambitieuses. Le quota joue en votre faveur et peut compenser un dossier légèrement en retrait par rapport au profil moyen des admis.

Le secteur géographique : l'avantage local

Pour les licences universitaires non sélectives, un mécanisme de priorité géographique s'applique. Votre académie de résidence (déterminée par l'adresse de votre domicile) devient un critère de classement.

Comment cela fonctionne ?

Chaque licence définit un taux maximum de candidats hors secteur qu'elle peut accueillir. Ce taux varie, mais il est souvent autour de 5 à 10% pour les licences en tension (STAPS, psychologie, droit dans les grandes villes).

Concrètement, cela signifie que 90 à 95% des places sont réservées en priorité aux candidats de l'académie. Si vous postulez à une licence de psychologie à Paris et que vous résidez dans l'académie de Bordeaux, vous êtes en concurrence uniquement pour les 5 à 10% de places ouvertes aux non-résidents. Votre concurrence effective est donc beaucoup plus rude.

Les académies d'Île-de-France (Paris, Créteil, Versailles) sont regroupées en un seul secteur géographique pour la plupart des formations. Si vous résidez à Créteil, vous avez le même statut qu'un candidat de Paris pour postuler à Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ce que les données montrent :

Dans nos analyses, certaines licences de STAPS en Île-de-France affichent un taux d'accès global de 8%. Mais quand on segmente par secteur géographique, le taux d'accès pour les candidats résidant en Île-de-France est de 10%, tandis que le taux pour les candidats hors Île-de-France tombe à moins de 2%.

Deux fois moins de chances. Juste parce que vous habitez ailleurs.

«

Ce n'est pas une question de justice ou d'injustice. C'est une politique publique assumée : garantir un accès à l'enseignement supérieur aux candidats de chaque territoire, éviter que les universités parisiennes n'absorbent tous les candidats de province.

Notre conseil stratégique : Consultez le taux de non-résidents de chaque licence qui vous intéresse (publié sur la fiche Parcoursup). Si vous candidatez hors de votre académie, assurez-vous que le taux de non-résidents est raisonnable (au moins 15-20%) ou que votre dossier est vraiment excellent.

Privilégiez les formations de votre académie pour vos vœux "sécurité".

Le quota de bacheliers technologiques et professionnels : une voie d'accès privilégiée

Si vous préparez un baccalauréat technologique ou un baccalauréat professionnel, vous bénéficiez de quotas spécifiques pour accéder aux BTS et aux BUT (anciens DUT).

Pour les BTS :

  • Un quota minimal de places est réservé aux bacheliers professionnels (souvent autour de 40 à 50%, selon les spécialités).
  • Un quota est également réservé aux bacheliers technologiques (environ 20 à 30%).

Pour les BUT :

  • Un quota de bacheliers technologiques est fixé par formation (souvent autour de 50% pour les BUT industriels, 35-40% pour les BUT tertiaires).
  • Les bacheliers professionnels ont également un accès, mais avec des quotas plus faibles (autour de 10-15%).

Pourquoi ces quotas existent-ils ?

Parce que sans eux, les bacheliers généraux, majoritaires dans les candidatures, trustaient l'essentiel des places en BTS et BUT, alors même que ces formations ont été initialement conçues pour accueillir des bacheliers technologiques et professionnels.

L'impact pour vous :

Si vous êtes bachelier technologique et que vous candidatez à un BUT en lien avec votre spécialité, vous êtes en concurrence principalement avec les autres bacheliers technologiques, pas avec l'ensemble des candidats. Vos chances réelles sont donc bien meilleures que ne le suggère le taux d'accès global.

Si vous êtes bachelier professionnel et que vous candidatez à un BTS, vous bénéficiez de la même logique.

Notre conseil : Utilisez les données de profil des admis disponibles sur chaque fiche formation Parcoursup. Regardez la répartition par type de bac. Si 45% des admis sont bacheliers techno et que vous êtes bachelier techno avec un bon dossier, vous avez une vraie carte à jouer.

Les autres critères invisibles que personne ne mentionne

Au-delà des trois grands mécanismes (quotas boursiers, secteur géographique, quotas bac techno/pro), d'autres facteurs jouent, de manière plus diffuse.

Le "taux de pression" et la gestion de flux

Une formation qui reçoit 3 000 candidatures pour 50 places est confrontée à un problème matériel : il est impossible de lire attentivement 3 000 dossiers. Certaines formations utilisent alors des outils de pré-tri algorithmique, basés uniquement sur les notes, pour ne garder en examen approfondi que les 500 ou 1 000 meilleurs dossiers (selon les notes). Les autres sont mécaniquement classés très loin, sans examen qualitatif réel.

C'est légal. C'est assumé. C'est rarement explicité.

L'outil "Aide à la décision"

Le ministère fournit aux formations un outil Excel (oui, Excel) appelé "Aide à la décision". Il permet de pondérer les différents éléments du dossier, de calculer un score pour chaque candidat, et de générer un classement automatique.

Certaines formations l'utilisent religieusement. D'autres l'adaptent. D'autres ne l'utilisent pas du tout et préfèrent un examen humain.

Vous ne savez jamais laquelle utilise quelle méthode.

Le traitement des "dossiers identiques"

Quand deux candidats ont strictement les mêmes notes, les mêmes appréciations, le même profil, comment les départager ? Certaines formations utilisent l'ordre alphabétique (techniquement interdit, mais difficile à prouver). D'autres relisent les lettres de motivation. D'autres regardent les activités extra-scolaires. D'autres tirent (officieusement) à pile ou face.

Aucune méthode officielle n'est imposée. Chaque formation fait ce qu'elle veut.

L'avis du chef d'établissement

L'appréciation du proviseur de votre lycée, qui figure sur la fiche Avenir, peut avoir un poids considérable dans certaines formations sélectives, notamment les CPGE. Un proviseur qui écrit "Je recommande vivement ce candidat" ou "Élève exceptionnel, parmi les meilleurs que j'ai eus en 20 ans de carrière" peut faire pencher la balance.

À l'inverse, un avis tiède du proviseur peut vous fermer des portes, même avec d'excellentes notes.

La question de la transparence : ce que Parcoursup publie (et ce qu'il cache)

Ce que Parcoursup publie, formation par formation :

  • Le taux d'accès (proportion de candidats ayant reçu une proposition)
  • Le nombre de vœux reçus et la capacité de la formation
  • La répartition des admis par type de bac (général, techno, pro)
  • La répartition des admis par mention au bac
  • Le rang du dernier appelé (dans certaines formations)
  • Les critères généraux d'examen des vœux
  • Le taux de boursiers attendu
  • Le taux de non-résidents (pour les licences non sélectives)

Ce que Parcoursup ne publie PAS :

  • Les pondérations exactes des critères de sélection
  • Le classement individuel des candidats (vous ne saurez jamais si vous étiez 50ème ou 500ème sur la liste de la formation)
  • Les seuils de notes ou de moyennes utilisés pour le pré-tri
  • Les méthodes exactes de départage des dossiers similaires
  • Les outils algorithmiques utilisés (ou non) par chaque formation
  • Les statistiques détaillées par profil (boursier vs non-boursier, résident vs non-résident)

Et c'est précisément ce vide informationnel que nous comblons chez Parcoursup Dossier.

Nous avons collecté et analysé les données ouvertes publiées par le ministère sur six années, de 2019 à 2024. 14 134 formations. Des millions de lignes de données. Nous avons construit des modèles statistiques pour identifier les patterns, les tendances, les anomalies. Nous avons classé chaque formation selon quatre niveaux de risque (sécurité, modéré, ambitieux, audacieux) en fonction de votre profil.

Ce que les institutions ne vous disent pas, les données peuvent le révéler.

Explorez notre base de données complète sur /explorer pour voir les tendances de chaque formation qui vous intéresse. Utilisez notre calculateur sur /calculateur pour obtenir une évaluation personnalisée de votre profil face à chaque formation.

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Partie 4 : Ce que 6 ans de données révèlent

C'est ici que nous entrons dans le territoire qui nous appartient. Aucune autre ressource — ni les guides institutionnels, ni les forums, ni les sites d'orientation — ne peut vous donner ce que nous avons : six années de données historiques couvrant 14 134 formations.

Ce que nous avons découvert en analysant ces données va au-delà des discours officiels. Ce sont les patterns invisibles. Les tendances lourdes. Les anomalies révélatrices.

L'évolution de la sélectivité (2019-2024) : une histoire contrastée

Le nombre de candidats a augmenté chaque année. De 803 000 candidats en 2019, nous sommes passés à environ 980 000 en 2024. Une croissance de plus de 20% en cinq ans. Cette pression démographique devrait mécaniquement rendre toutes les formations plus sélectives.

Sauf que ce n'est pas ce qui s'est passé.

Le nombre de formations a également augmenté. De nouvelles licences ont été ouvertes. Des IUT se sont transformés en BUT en augmentant leur capacité. De nouvelles écoles post-bac ont vu le jour. L'offre a partiellement suivi la demande.

Résultat : un paysage contrasté.

Certaines filières sont devenues nettement plus sélectives :

  • Les PASS et LAS (Parcours d'Accès Spécifique Santé et Licences Accès Santé), créés en 2020 pour remplacer la PACES, sont rapidement devenus ultra-compétitifs. Nos données montrent un taux d'accès moyen autour de 15 à 25% selon les universités, avec des profils d'admis qui se concentrent sur les mentions TB et B (plus de 75% des admis).
  • Les doubles licences (droit-économie, maths-physique, lettres-philo, etc.) ont vu leur sélectivité exploser. Taux d'accès souvent inférieurs à 10%.
  • Les licences de psychologie et STAPS dans les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse) sont passées de sélectives à extrêmement sélectives. Taux d'accès parfois sous les 10%.

À l'inverse, certaines filières sont devenues plus accessibles :

  • Certaines CPGE en province, notamment en filière littéraire, ont vu leur nombre de candidatures stagner ou diminuer. Le mythe de la prépa comme voie royale unique s'érode. Les élèves se tournent davantage vers des écoles post-bac, des doubles licences, des parcours internationaux. Résultat : des prépas de très bon niveau, qui il y a dix ans refusaient des candidats avec 15 de moyenne, acceptent aujourd'hui des profils à 13-14.
  • Certains BTS dans des spécialités en tension (BTS dans les métiers du numérique, de l'énergie, de la maintenance industrielle) peinent à remplir leurs places. Taux de remplissage parfois sous les 70%.
  • Les formations récemment créées affichent généralement des taux d'accès élevés les premières années (60-80%), le temps qu'elles se fassent connaître.

Ce que cela signifie pour vous : Ne vous fiez jamais à une seule année de données. Une formation peut avoir eu un taux d'accès de 40% en 2022 et de 25% en 2024. Regardez la tendance sur cinq ou six ans. Est-elle stable ? En hausse ? En baisse ? C'est cette dynamique qui vous indique le niveau de risque réel.

Sur notre outil /explorer, chaque formation affiche un graphique d'évolution du taux d'accès sur six ans. C'est la première chose que vous devriez consulter.

Les formations qui deviennent plus sélectives : identifier les "bulles"

Nos données identifient clairement les filières en surchauffe :

Les PASS/LAS

La réforme de l'accès aux études de santé en 2020 a créé un appel d'air. Tous les lycéens qui rêvaient de médecine, mais aussi ceux qui veulent devenir pharmaciens, dentistes, kinés, sages-femmes, se retrouvent sur les mêmes PASS ou LAS. La concurrence est féroce.

Dans certaines universités, le taux d'accès en PASS est tombé sous les 10%. Et même une fois admis, la suite est un parcours du combattant : seulement 15 à 20% des étudiants en PASS accèdent effectivement aux études de santé à l'issue de la première année.

Les licences STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives)

STAPS souffre d'une image trompeuse. Beaucoup de lycéens pensent que c'est "la fac de sport", une voie facile pour ceux qui aiment le foot. Résultat : des milliers de candidatures de candidats peu informés, qui gonflent artificiellement les statistiques.

Mais en réalité, STAPS est une licence scientifique exigeante (physiologie, biomécanique, psychologie, sociologie). Les formations les plus demandées (Paris, Lyon, Bordeaux) affichent des taux d'accès souvent inférieurs à 10%, avec des profils d'admis qui ont d'excellentes notes en sciences.

Les BUT (anciens DUT) dans les spécialités technologiques et tertiaires

La transformation des DUT en BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) en 2021 a conduit à une augmentation de la capacité d'accueil (+10 à 15% selon les IUT). Mais cette hausse a été largement absorbée par la croissance du nombre de candidats. Certains BUT (informatique, GEA, TC) restent extrêmement sélectifs, avec des taux d'accès autour de 10 à 15%.

Les écoles d'ingénieurs post-bac (INSA, UTC, Polytech, GEIPI, Avenir, etc.)

L'attrait des écoles d'ingénieurs reste fort, porté par des débouchés professionnels solides et des salaires à la sortie parmi les plus élevés. Les écoles post-bac, qui permettent d'éviter la case prépa, attirent de plus en plus de candidats. Les plus prestigieuses (INSA Lyon, UTC Compiègne, Polytech Paris-Saclay) affichent des taux d'accès autour de 5 à 8%.

Les formations qui deviennent plus accessibles : les "pépites méconnues"

À l'opposé, nos données révèlent des formations de qualité qui peinent à remplir leurs places. Ce sont des opportunités stratégiques pour les candidats avertis.

Certaines CPGE littéraires et économiques en province

Les classes préparatoires littéraires (Hypokhâgne/Khâgne) et économiques (ECG, ex-ECE et ECS) dans des villes moyennes (Clermont-Ferrand, Limoges, Pau, etc.) ont vu leur attractivité décliner. Conséquence : elles acceptent des profils qu'elles auraient refusés il y a dix ans.

Ces prépas offrent pourtant une formation d'excellence, des taux de réussite aux concours respectables, et un encadrement de qualité. Mais elles souffrent de leur éloignement des grandes métropoles et de la perception (erronée) qu'une prépa en province vaut moins qu'une prépa parisienne.

Nos données montrent que certaines CPGE littéraires en province ont des taux d'accès supérieurs à 70%. Si vous avez 13-14 de moyenne, un bon dossier, et que vous êtes prêt à quitter la région parisienne, c'est une opportunité en or.

Les licences généralistes dans les universités de taille moyenne

Une licence d'histoire à l'université de Pau, une licence de lettres à l'université de Bretagne-Sud, une licence de philosophie à l'université de Limoges : ces formations offrent les mêmes diplômes nationaux que leurs équivalents parisiens, avec des taux d'encadrement souvent meilleurs (moins d'étudiants par enseignant), et des taux d'accès de 60 à 90%.

Certains BTS dans les spécialités industrielles et techniques

Les BTS dans les métiers de la maintenance, de l'électrotechnique, de la conception industrielle, de l'énergie, du bâtiment peinent à attirer des candidats. Pourtant, ces formations débouchent sur des métiers en tension, avec d'excellentes perspectives d'emploi.

Nos données montrent que certains de ces BTS ont des taux de remplissage inférieurs à 60%. Autrement dit : si vous candidatez avec un dossier correct, vous avez presque la certitude d'être pris.

Les formations nouvellement créées

Chaque année, de nouvelles formations apparaissent sur Parcoursup. Nouvelles licences, nouveaux parcours, nouveaux BUT. La première et la deuxième année, ces formations sont souvent méconnues. Résultat : peu de candidatures, taux d'accès élevés.

Au bout de deux ou trois ans, quand le bouche-à-oreille fonctionne, la sélectivité augmente. Mais si vous repérez ces formations dès leur création, vous bénéficiez d'une fenêtre d'opportunité.

Notre outil /explorer permet de filtrer les formations par taux d'accès, par taux de remplissage, par évolution de la sélectivité. Vous pouvez ainsi identifier ces pépites méconnues.

Patterns géographiques : Paris vs. province, le grand écart

L'une des révélations les plus frappantes de nos analyses est l'ampleur des écarts géographiques.

Une même formation peut être "audacieuse" à Paris et "sécurité" en province.

Prenons un exemple concret : une licence de droit.

  • Licence de droit à Paris 1 Panthéon-Sorbonne : taux d'accès autour de 8-10% pour les candidats hors Île-de-France. Profil moyen des admis : mention TB ou B au bac, 15+ de moyenne générale.
  • Licence de droit à l'université de Bretagne Occidentale (Brest) : taux d'accès autour de 70-80%, y compris pour les candidats hors académie. Profil moyen des admis : toutes mentions confondues, 12+ de moyenne.

Même diplôme. Même valeur sur le marché du travail (licence nationale). Mais un facteur 8 à 10 sur le taux d'accès.

Ce pattern se retrouve dans presque toutes les filières :

  • Psychologie : 5-8% à Paris, 50-70% dans certaines universités de province
  • STAPS : 5-10% dans les grandes métropoles, 40-60% dans les villes moyennes
  • BUT informatique : 5-8% en Île-de-France, 20-30% dans certains IUT de province

Pourquoi cet écart ?

Plusieurs raisons :

  • La densité de population : Île-de-France concentre 18% de la population française, mais aussi une forte proportion de lycéens avec d'excellents résultats scolaires.
  • L'effet de réputation : les universités parisiennes (Sorbonne, Assas, Dauphine, etc.) bénéficient d'une aura qui attire des candidats de toute la France.
  • Le secteur géographique : le quota de résidents joue en faveur des candidats locaux, mais la concurrence locale en Île-de-France est elle-même très intense.

Notre conseil stratégique : Si vous êtes mobile géographiquement (prêt à quitter votre région), élargissez votre recherche au-delà des grandes métropoles. Vous trouverez des formations de qualité équivalente, avec des taux d'accès bien plus favorables.

Utilisez /explorer avec le filtre géographique pour comparer la même formation dans différentes villes.

Le profil type des admis : ce que les chiffres montrent

Pour chaque formation, Parcoursup publie (après la procédure) la répartition des admis par mention au bac. Nous avons agrégé ces données sur six ans pour dégager des profils types.

Répartition des mentions dans les CPGE scientifiques les plus sélectives (Louis-le-Grand, Henri-IV, Ginette, etc.) :

  • Mention Très Bien : 80-90%
  • Mention Bien : 10-15%
  • Mention Assez Bien : 0-5%
  • Sans mention : 0%

Message : si vous n'avez pas de mention TB, vos chances sont infimes. Ne gaspillez pas un vœu.

Répartition des mentions dans les écoles d'ingénieurs post-bac sélectives (INSA, UTC, etc.) :

  • Mention Très Bien : 60-70%
  • Mention Bien : 20-30%
  • Mention Assez Bien : 5-10%
  • Sans mention : 0-2%

Message : un dossier avec mention B est jouable, mais vous devez compenser par d'excellentes appréciations et une lettre de motivation solide.

Répartition des mentions dans les licences sélectives (doubles licences, PASS dans les universités exigeantes) :

  • Mention Très Bien : 50-60%
  • Mention Bien : 25-35%
  • Mention Assez Bien : 10-15%
  • Sans mention : 0-5%

Répartition des mentions dans les licences non sélectives (lettres, histoire, socio dans les universités moyennes) :

  • Mention Très Bien : 10-20%
  • Mention Bien : 20-30%
  • Mention Assez Bien : 30-40%
  • Sans mention : 10-20%

Message : une large diversité de profils est acceptée. Votre dossier compte, mais vous n'êtes pas éliminé d'office si vos notes sont moyennes.

Répartition par type de bac :

Nos données confirment une segmentation forte par filière :

  • CPGE scientifiques : 98-100% bac général
  • CPGE littéraires et économiques : 100% bac général
  • Écoles d'ingénieurs post-bac : 95-100% bac général
  • Licences universitaires : 85-95% bac général (sauf licences pro et formations spécifiques)
  • BUT : 60-70% bac général, 25-35% bac techno, 0-5% bac pro (selon les spécialités)
  • BTS tertiaires : 50-60% bac général, 30-40% bac techno, 5-10% bac pro
  • BTS industriels : 40-50% bac général, 40-50% bac techno, 10-15% bac pro

Le système reste cloisonné. Malgré les discours sur l'ouverture et la diversité, les filières les plus prestigieuses restent ultra-dominées par les bacheliers généraux avec mention TB.

Les BUT et BTS sont les seules filières où les bacheliers technologiques et professionnels ont une place significative — grâce aux quotas.

Spécialités dominantes par filière :

Nos données révèlent également des combinaisons de spécialités très homogènes dans certaines filières :

  • CPGE MPSI/PCSI : 85%+ ont suivi Maths + Physique-Chimie (+ SVT, SI ou NSI)
  • CPGE BCPST : 80%+ ont suivi SVT + Physique-Chimie (+ Maths ou autre)
  • CPGE ECG : profils plus divers, mais dominance de Maths + SES ou Maths + HLP
  • PASS : forte diversité, mais surreprésentation de Maths + Physique-Chimie ou Maths + SVT
  • Licences de lettres/philo : surreprésentation de HLP + HGGSP ou HLP + Langues
  • Licences de droit/éco : surreprésentation de SES + HGGSP ou SES + Maths

Si votre combinaison de spécialités ne correspond pas au profil dominant de la formation, ce n'est pas rédhibitoire, mais vous devrez compenser par d'excellentes notes et un projet de formation très cohérent.

Notre système de classification du risque : comment ça marche

Pour vous aider à évaluer vos chances réelles face à chaque formation, nous avons développé un système de classification en quatre niveaux de risque :

Formation "Sécurité" (taux d'accès > 65%) : Votre profil (notes, mention, type de bac, spécialités) est largement au-dessus du profil médian des admis. Votre probabilité d'admission est très élevée (>80%). C'est un filet de sécurité.

Formation "Modéré" (taux d'accès 40-65%) : Votre profil correspond bien au profil moyen des admis. Vous avez de bonnes chances (50-80%), sans garantie absolue. C'est un pari raisonnable.

Formation "Ambitieux" (taux d'accès 20-40%) : Votre profil est légèrement en dessous du profil moyen des admis, ou la formation est très sélective. Vous avez une chance réelle (20-50%), mais vous devez vous démarquer par votre lettre de motivation, vos activités, vos appréciations. C'est un challenge stimulant.

Formation "Audacieux" (taux d'accès < 20%) : Votre profil est significativement en dessous du profil moyen des admis, ou la formation est ultra-sélective. Vos chances sont faibles (<20%), mais pas nulles. Si vous êtes admis, ce sera une belle surprise. C'est un rêve autorisé, mais ne misez pas tout dessus.

Comment calculons-nous ce classement ?

Nous croisons plusieurs données :

  • Le taux d'accès historique de la formation (moyenne sur 3 ans)
  • La répartition des mentions parmi les admis
  • La répartition par type de bac
  • Les spécialités dominantes
  • Votre profil (notes, mention prévisionnelle, type de bac, spécialités)

Un algorithme (oui, un vrai algorithme, mais transparent celui-là) calcule votre "score de compatibilité" avec chaque formation et le positionne sur notre échelle de risque.

Utilisez notre calculateur sur /calculateur : entrez vos notes, votre type de bac, vos spécialités, et obtenez une évaluation personnalisée pour chaque formation qui vous intéresse.

Notre recommandation stratégique pour construire une liste de vœux équilibrée :

  • 30-40% de vos vœux dans la catégorie "Sécurité"
  • 30-40% dans la catégorie "Modéré"
  • 20-30% dans la catégorie "Ambitieux"
  • 0-10% dans la catégorie "Audacieux"

Ne faites pas tout "Audacieux" en croisant les doigts. Ne faites pas tout "Sécurité" par peur de l'échec. Équilibrez.

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Partie 5 : L'algorithme en action — simulation pas à pas

Jusqu'ici, nous avons décrit les mécanismes. Maintenant, voyons-les à l'œuvre. Comment l'algorithme d'appariement national fonctionne-t-il jour après jour, une fois que les réponses commencent à tomber ?

Le cycle quotidien : comment les listes d'attente évoluent

À partir de la date d'ouverture de la phase d'admission (généralement début juin), l'algorithme national de Parcoursup tourne chaque jour.

Voici ce qui se passe, étape par étape :

Jour 1 : Les premières propositions

Le premier jour d'admission, l'algorithme parcourt tous les classements établis par les formations. Pour chaque formation, il envoie des propositions aux candidats les mieux classés, dans la limite de la capacité d'accueil (en tenant compte des quotas de boursiers, de secteur géographique, etc.).

Si une formation a 100 places, elle envoie généralement entre 100 et 150 propositions le premier jour (car les formations anticipent que certains candidats refuseront). Ce surplus est calculé en fonction du taux de réponses positives observé les années précédentes.

Vous recevez donc potentiellement plusieurs propositions en même temps, si vous êtes bien classé dans plusieurs formations.

Vous avez un délai pour répondre : généralement 5 jours au début de la procédure (ce délai se raccourcit à 3 jours, puis 1 jour à mesure que la procédure avance, pour accélérer le processus).

Jour 2 à J+5 : Vous répondez

Trois options s'offrent à vous pour chaque proposition :

  1. Accepter définitivement : Vous validez ce choix. Tous vos autres vœux sont automatiquement annulés. Vous libérez vos places dans les autres formations. C'est terminé pour vous.

  2. Accepter provisoirement en maintenant des vœux en attente : Vous acceptez cette proposition (ce qui vous garantit une place), mais vous gardez actifs les vœux qui sont mieux classés dans votre ordre de préférence personnel, en espérant recevoir une proposition de l'une de ces formations. C'est l'option la plus courante.

  3. Refuser : Vous ne voulez pas de cette formation. Vous libérez votre place immédiatement, ce qui permet au candidat suivant dans la liste d'attente d'avancer.

À chaque fois que vous acceptez une proposition (même provisoirement), vous libérez automatiquement vos places dans toutes les formations moins bien classées dans votre ordre de préférence personnel.

C'est ici que la magie de l'algorithme opère.

Jour 6 et suivants : Le mouvement perpétuel

Imaginons que vous étiez en liste d'attente pour une formation. Chaque jour, des candidats acceptent des propositions ailleurs et libèrent leur place dans cette formation. Vous remontez dans la file d'attente.

L'algorithme tourne quotidiennement. Il recalcule les listes. Il envoie de nouvelles propositions. Certains candidats reçoivent la proposition qu'ils attendaient et annulent celle qu'ils avaient provisoirement acceptée. De nouvelles places se libèrent ailleurs. Et ainsi de suite.

Le mouvement est particulièrement intense les 10 premiers jours. C'est là que la majorité des places changent de mains. Les listes d'attente se vident partiellement. Certains candidats reçoivent 2, 3, voire 4 propositions successives et passent d'une formation à une autre au fur et à mesure que leurs vœux préférés s'ouvrent.

Ensuite, le rythme ralentit. Les candidats qui restent en attente sont ceux dont le classement est vraiment limite. Ils espèrent que suffisamment de désistements se produiront pour qu'ils entrent dans la zone d'admission. Mais chaque place libérée devient rare.

En fin de procédure (mi-juillet), les mouvements se font au compte-gouttes. Un ou deux candidats admis par jour, parfois moins.

Une simulation concrète : suivons trois candidats

Pour rendre tout cela concret, suivons trois profils fictifs mais réalistes à travers la procédure.

Candidat A : Léa, 17 de moyenne, mention TB assurée, spécialités Maths/Physique

Léa a formulé 10 vœux :

  1. CPGE MPSI Louis-le-Grand (Paris) — Audacieux
  2. CPGE MPSI Henri-IV (Paris) — Audacieux
  3. CPGE MPSI Sainte-Geneviève (Versailles) — Audacieux
  4. INSA Lyon — Ambitieux
  5. CPGE MPSI Hoche (Versailles) — Modéré
  6. École Polytechnique Universitaire Paris-Saclay — Modéré
  7. Licence double diplôme Maths-Physique Paris-Saclay — Sécurité
  8. CPGE MPSI Buffon (Paris) — Sécurité
  9. Licence de physique Sorbonne Université — Sécurité
  10. Licence de mathématiques Paris Cité — Sécurité

Jour 1 (ouverture) : Léa reçoit 4 propositions : vœux 5, 6, 8 et 9. Elle accepte provisoirement le vœu 5 (CPGE Hoche) et maintient actifs ses vœux 1, 2, 3, 4 en liste d'attente.

Jour 3 : Léa reçoit une proposition pour son vœu 4 (INSA Lyon). C'est mieux que Hoche. Elle accepte provisoirement INSA, ce qui annule automatiquement Hoche, et libère sa place à Hoche pour le candidat suivant.

Jour 8 : Léa reçoit une proposition pour son vœu 3 (Ginette). Elle accepte définitivement. Fin de partie pour elle. Elle libère sa place à l'INSA, qui sera attribuée à quelqu'un d'autre.

Candidat B : Samir, 13 de moyenne, mention AB/B incertaine, spécialités SES/HGGSP

Samir vise des licences de droit et de sciences politiques. Il a formulé 10 vœux :

  1. Sciences Po Paris — Audacieux
  2. Double licence Droit-Économie Paris 1 — Audacieux
  3. Licence de droit Paris 2 Assas — Ambitieux
  4. Licence de droit Paris 1 Panthéon-Sorbonne — Ambitieux
  5. Licence de droit Paris Nanterre — Modéré
  6. Licence de droit Cergy — Modéré
  7. Licence de science politique Paris 8 — Modéré
  8. Licence de droit Évry — Sécurité
  9. Licence AES Créteil — Sécurité
  10. Licence d'économie Paris 13 — Sécurité

Jour 1 : Samir reçoit 3 propositions : vœux 8, 9, 10. Il accepte provisoirement le vœu 8 (droit Évry) et garde tout le reste en attente.

Jour 5 : Rien ne bouge. Samir est toujours en attente pour ses vœux 1 à 7.

Jour 12 : Samir reçoit une proposition pour son vœu 6 (droit Cergy). Il accepte provisoirement et annule Évry.

Jour 20 : Plus aucun mouvement. Les vœux 1 à 5 ne bougent pas. Samir décide d'accepter définitivement Cergy. Il est soulagé. Ce n'était pas son vœu préféré, mais c'est une licence de droit honorable, proche de chez lui.

Candidat C : Emma, 11.5 de moyenne, mention AB probable, bac technologique STMG

Emma vise des BTS et des BUT dans le commerce. Elle a formulé 10 vœux :

  1. BUT TC (Techniques de Commercialisation) IUT Paris 13 — Audacieux
  2. BUT TC IUT Créteil — Ambitieux
  3. BUT GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations) IUT Évry — Ambitieux
  4. BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) Lycée Turgot Paris — Modéré
  5. BTS MCO Lycée Louise Michel Champigny — Modéré
  6. BTS NDRC (Négociation et Digitalisation de la Relation Client) Lycée Suger Saint-Denis — Modéré
  7. BTS Commerce International Lycée Jean Macé Vitry — Sécurité
  8. BTS SAM (Support à l'Action Managériale) Lycée Apollinaire Thiais — Sécurité
  9. BTS Tourisme Lycée René Cassin Noisiel — Sécurité
  10. Licence professionnelle Commerce Créteil (après bac) — Sécurité

Jour 1 : Emma reçoit 5 propositions : vœux 6, 7, 8, 9, 10. Elle accepte provisoirement le vœu 6 (BTS NDRC Saint-Denis) et garde 1 à 5 en attente.

Jour 4 : Emma reçoit une proposition pour son vœu 5 (BTS MCO Champigny). Elle l'accepte provisoirement.

Jour 10 : Emma reçoit une proposition pour son vœu 4 (BTS MCO Turgot). Encore mieux. Elle accepte provisoirement.

Jour 15 : Rien de plus. Emma reste en attente pour les vœux 1, 2, 3 (les BUT). Mais les listes ne bougent presque plus.

Jour 25 : Emma décide d'accepter définitivement BTS MCO Turgot. C'est un excellent BTS, elle est contente. Les BUT étaient trop ambitieux, elle le savait. Elle a tenté sa chance, sans regret.

Pourquoi les listes bougent vite au début, puis ralentissent

Ce phénomène est mathématique et prévisible.

Au début de la procédure :

  • De nombreux candidats reçoivent plusieurs propositions simultanément.
  • Ils acceptent leur proposition préférée et libèrent les autres.
  • Ces places libérées créent de nouvelles propositions pour les candidats en attente.
  • Ces nouveaux candidats acceptent, libèrent leurs anciennes places, et le cycle continue.

C'est une réaction en chaîne. Chaque décision déclenche 2 ou 3 mouvements ailleurs.

À mesure que la procédure avance :

  • Les candidats qui ont reçu leur vœu préféré acceptent définitivement et sortent du système.
  • Il reste principalement des candidats qui attendent un vœu très sélectif (peu de chances) ou qui ont déjà accepté provisoirement un vœu correct.
  • Les désistements se font plus rares.
  • Chaque place libérée ne déclenche qu'un seul mouvement (le candidat suivant dans la liste).

Résultat : les listes d'attente ralentissent drastiquement.

Que faire si vous êtes en attente ?

Surveillez votre position dans la liste d'attente. Parcoursup vous indique :

  • Votre rang actuel dans la liste d'attente
  • Le rang du dernier candidat admis l'année précédente
  • Le nombre de places disponibles dans la formation

Si votre rang est significativement en dessous du rang du dernier admis l'année précédente (par exemple, vous êtes 350ème et le dernier admis était 200ème l'an dernier), vos chances sont très faibles. Acceptez une autre proposition et passez à autre chose.

Si vous êtes proche du rang du dernier admis (vous êtes 210ème, le dernier admis était 200ème), vous avez une chance réelle. Soyez patient. Mais ayez un plan B.

Consultez notre page /explorer pour chaque formation : nous affichons le rang du dernier appelé des années précédentes, ce qui vous donne un repère.

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Partie 6 : Comment utiliser cette connaissance à votre avantage

Maintenant que vous comprenez les rouages du système, parlons stratégie. Comment transformer cette connaissance en actions concrètes pour maximiser vos chances ?

Avant de formuler vos vœux : la phase de recherche

1. Ne vous limitez pas à votre académie

Nous l'avons vu : une même formation peut être ultra-sélective dans une ville et accessible dans une autre. Si vous êtes prêt à être mobile, élargissez votre champ de recherche.

Utilisez notre outil /explorer avec des filtres géographiques. Comparez les taux d'accès de la même licence dans 10 villes différentes. Vous serez surpris.

2. Regardez les données sur plusieurs années, pas une seule

Un taux d'accès peut fluctuer d'une année sur l'autre pour des raisons conjoncturelles (une formation particulièrement médiatisée une année, un changement de capacité d'accueil, etc.). Regardez la tendance sur 5-6 ans. Est-elle stable ? En hausse ? En baisse ?

Sur notre plateforme, chaque formation affiche un graphique d'évolution historique. Fiez-vous à la tendance, pas à une seule année.

3. Identifiez les formations "sous le radar"

Certaines formations de grande qualité sont méconnues du grand public. Résultat : moins de candidatures, taux d'accès plus favorables. Ce sont des opportunités stratégiques.

Les CPGE en province. Les doubles licences dans des universités de taille moyenne. Les écoles d'ingénieurs post-bac récemment créées. Les BUT dans des IUT excentrés.

Explorez. Comparez. Ne vous contentez pas des "grands noms".

4. Vérifiez le profil réel des admis, pas les discours marketing

Les formations publient des brochures qui disent "nous recrutons des profils variés, tous les candidats motivés sont les bienvenus". Puis vous regardez les données : 90% des admis ont mention TB.

Les données ne mentent pas. Les brochures, parfois si.

Sur chaque fiche formation de notre outil /explorer, vous trouverez la répartition réelle des mentions, des types de bac, des spécialités. C'est cela qui compte.

5. Calculez votre position réelle avec notre outil

Utilisez /calculateur pour entrer votre profil (notes, type de bac, spécialités, éventuellement statut boursier) et obtenez une estimation personnalisée de vos chances pour chaque formation.

Ce n'est pas une boule de cristal. C'est un modèle statistique basé sur six années de données. Il ne prédit pas l'avenir avec certitude, mais il vous donne une idée bien plus précise que votre intuition seule.

Pendant la formulation des vœux : la stratégie

1. Équilibrez vos vœux sur l'échelle de risque

Nous l'avons dit, mais répétons-le car c'est crucial :

  • 30-40% de vos vœux en "Sécurité"
  • 30-40% en "Modéré"
  • 20-30% en "Ambitieux"
  • 0-10% en "Audacieux"

Si tous vos vœux sont audacieux, vous risquez de vous retrouver sans proposition en juillet, et de devoir passer par la phase complémentaire dans l'urgence. C'est le scénario à éviter absolument.

Si tous vos vœux sont sécurisés, vous n'exploitez pas votre potentiel. Vous vous privez d'opportunités qui étaient peut-être à votre portée.

Équilibrez.

2. Classez vos vœux par préférence réelle, pas par "stratégie"

Certains lycéens (et leurs parents) essaient de "jouer" le système en classant volontairement un vœu moins ambitieux en premier, pensant que cela augmentera leurs chances.

C'est inutile. L'algorithme national ne tient pas compte de l'ordre dans lequel vous formulez vos vœux. Il ne voit que les classements des formations.

Formulez vos vœux dans l'ordre qui reflète vos vraies préférences. Vous n'avez rien à gagner à mentir.

3. Utilisez tous vos vœux

Vous avez droit à 10 vœux (+ 10 sous-vœux pour certaines formations regroupées). Utilisez-les tous, sauf si vous êtes vraiment certain d'être admis dans vos premiers choix.

Même si cela vous semble fastidieux. Même si certains vœux vous paraissent "de secours". Gardez des options ouvertes.

4. Rédigez des projets de formation motivés spécifiques

Ne copiez-collez jamais la même lettre pour plusieurs formations. Les commissions le détectent immédiatement. Et cela joue contre vous.

Chaque lettre doit mentionner la formation précise : son contenu pédagogique, ses spécificités, un cours qui vous intéresse, un projet de recherche de l'équipe enseignante, une rencontre que vous avez faite, une participation à une journée portes ouvertes.

Montrez que vous vous êtes renseigné. Que vous savez où vous postulez. Que ce n'est pas un vœu au hasard.

1500 caractères, c'est court. Chaque phrase doit être percutante.

5. Mettez en avant vos atouts différenciants

Si vous êtes boursier, mentionnez-le dans votre projet de formation motivé (si c'est pertinent pour expliquer votre parcours, votre motivation). Cela rappelle discrètement à la commission que vous bénéficiez du quota.

Si vous avez une expérience significative (stage en hôpital pour un IFSI, projet associatif pour Sciences Po, projet de programmation pour une école d'ingénieurs), mettez-la en avant. Soyez concret. Montrez ce que vous avez appris.

Si vous avez une progression nette entre la Première et la Terminale, expliquez-la. Montrez que vous avez franchi un cap, surmonté des difficultés.

Ne soyez pas modeste par fausse pudeur. Mais ne soyez pas arrogant non plus. Trouvez le juste équilibre entre confiance et humilité.

Pendant la phase d'admission : la gestion de vos réponses

1. Répondez rapidement

Vous avez un délai (5 jours, puis 3, puis 1 jour selon la période), mais répondez dès que vous avez pris votre décision. Cela accélère le mouvement des listes pour tout le monde.

2. Acceptez provisoirement en maintenant vos vœux en attente

À moins que vous ne receviez dès le premier jour votre vœu préféré absolu, acceptez provisoirement et maintenez vos vœux mieux classés en attente.

Vous ne perdez rien à attendre. Vous avez une place garantie (celle que vous avez acceptée provisoirement), et vous gardez une chance de recevoir mieux.

3. Consultez régulièrement votre position dans les listes d'attente

Parcoursup met à jour les positions quotidiennement. Si vous voyez que votre position remonte vite dans une liste, c'est bon signe. Si elle stagne ou progresse très lentement, vos chances sont faibles.

4. Comparez votre position au rang du dernier admis des années précédentes

Cette information est affichée sur Parcoursup pour chaque formation. Si vous êtes 150ème en attente et que le dernier admis l'an dernier était au rang 200, vous avez de bonnes chances. Si le dernier admis était au rang 80, oubliez.

Sur notre outil /explorer, nous affichons ces rangs historiques sur plusieurs années, ce qui vous donne une vision plus complète qu'une seule année.

5. Sachez quand accepter définitivement

Si, après 2-3 semaines, vous avez reçu une proposition qui vous satisfait vraiment, et que vos vœux mieux classés ne bougent pas (ou très peu), acceptez définitivement. Vous libérez vos autres places et vous vous libérez mentalement.

Attendre jusqu'au dernier jour dans l'espoir d'un miracle est souvent plus anxiogène que libérateur.

Pour optimiser votre dossier l'année d'avant

Si vous lisez cet article en classe de Première, vous avez une longueur d'avance. Voici comment optimiser votre dossier dès maintenant.

1. Choisissez vos spécialités en cohérence avec vos projets

Renseignez-vous sur les profils dominants dans les formations qui vous intéressent. Si vous visez une CPGE scientifique, Maths + Physique-Chimie est quasi obligatoire. Si vous visez Sciences Po, une combinaison HGGSP + SES ou HGGSP + HLP fait sens.

Ne choisissez pas vos spécialités "parce que c'est plus facile" ou "parce que mon copain les a prises". Choisissez-les en fonction de vos ambitions.

2. Travaillez la régularité et la progression

Parcoursup examine vos bulletins de Première ET de Terminale. Une progression nette est valorisée. Si votre Première a été moyenne, ne baissez pas les bras. Montrez que vous êtes capable de rebondir en Terminale.

3. Impliquez-vous dans des activités extra-scolaires significatives

Pas besoin de faire 15 activités. Une ou deux activités suivies sur la durée (plusieurs années) valent mieux que 10 activités sporadiques.

Musique, sport, bénévolat, engagement associatif, projet personnel, création de contenu, participation à des concours (Olympiades, CGénial, concours d'éloquence, etc.). Trouvez ce qui vous passionne vraiment et investissez-vous.

4. Soignez votre relation avec vos professeurs

Soyez présent. Participez. Posez des questions. Montrez votre curiosité. Rendez vos devoirs en temps et en heure. Soyez respectueux.

Tout cela transparaîtra dans vos appréciations et dans votre fiche Avenir. Les professeurs ont une mémoire. Un élève agréable, impliqué, même s'il n'a pas 18 de moyenne, laisse une meilleure impression qu'un élève brillant mais distant ou désagréable.

5. Préparez-vous aux épreuves anticipées du bac

Vos notes de français (écrit et oral) et de spécialité abandonnée en fin de Première sont des notes officielles, certifiées. Elles pèsent lourd. Ne les négligez pas.

Si vous obtenez 16-18 au bac de français, cela compense largement des notes de contrôle continu moins brillantes.

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Partie 7 : Mythes vs. réalité — 10 idées reçues déconstruites

Parcoursup est un terreau fertile pour les rumeurs, les légendes urbaines, les conseils de comptoir. Démêlons le vrai du faux.

Mythe 1 : "L'algorithme Parcoursup favorise les lycées d'élite"

Réalité : L'algorithme national d'appariement ne connaît pas votre lycée. Il ne fait que croiser les classements établis par les formations avec vos préférences.

En revanche, certaines formations, au niveau local, pondèrent effectivement les notes en fonction de la réputation du lycée. Mais ce n'est pas l'algorithme national qui le fait. C'est la commission d'examen des vœux de chaque formation.

Nuance importante.

Mythe 2 : "Si vous mettez un vœu en premier, vous avez plus de chances"

Réalité : Faux. L'ordre dans lequel vous formulez vos vœux sur Parcoursup n'est pas communiqué aux formations. Elles ne savent pas si vous les avez mises en vœu 1 ou en vœu 10.

Votre ordre de préférence interne compte pour l'algorithme d'appariement (il vous proposera en priorité le vœu que vous préférez si plusieurs sont disponibles), mais il n'influence pas votre classement par les formations.

Mythe 3 : "Mieux vaut remplir ses vœux tôt, ça donne un avantage"

Réalité : Faux. Que vous validiez vos vœux le premier jour de la période de formulation ou le dernier jour, cela ne change rien. Les formations examinent tous les dossiers après la clôture, pas au fur et à mesure.

Il n'y a aucun bonus à être rapide. Prenez le temps de bien réfléchir, de rédiger des lettres de qualité.

Mythe 4 : "Les formations sélectionnent d'abord les candidats qui habitent près de chez elles"

Réalité : Partiellement vrai pour les licences non sélectives (qui appliquent un quota de secteur géographique), mais faux pour les formations sélectives (CPGE, écoles, BUT, BTS) qui recrutent nationalement et ne tiennent généralement pas compte de la distance.

Ne vous autocensurez pas en pensant "c'est trop loin, je n'ai aucune chance". Si la formation recrute nationalement, votre localisation ne joue pas (sauf pour les licences).

Mythe 5 : "Une lettre de motivation très longue montre ma motivation"

Réalité : Faux. Vous avez 1500 caractères maximum. Utilisez-les à bon escient, mais ne cherchez pas à remplir pour remplir. Une lettre de 800 caractères percutante vaut mieux qu'une lettre de 1500 caractères remplie de banalités.

Qualité > quantité.

Mythe 6 : "Si je suis en liste d'attente, je n'ai aucune chance"

Réalité : Faux. La majorité des candidats sont en liste d'attente au début de la procédure. Ce qui compte, c'est votre position dans cette liste et son évolution.

Consultez le rang du dernier admis l'année précédente. Si vous êtes dans une zone proche, vous avez de vraies chances. Soyez patient.

Mythe 7 : "Les formations regardent mes réseaux sociaux"

Réalité : Très peu probable. Les commissions d'examen des vœux ont des centaines, voire des milliers de dossiers à examiner. Elles n'ont matériellement pas le temps de stalker chaque candidat sur Instagram ou Facebook.

En revanche, si vous postulez à Sciences Po, à une école de journalisme, ou à certaines formations qui organisent des entretiens, il n'est pas exclu que votre profil LinkedIn ou votre présence en ligne soit regardée. Mais c'est l'exception, pas la règle.

Conseil prudent : mettez vos profils en privé, ou assurez-vous que ce qui est public est professionnel et respectable.

Mythe 8 : "Parcoursup favorise les candidats boursiers, même s'ils ont de mauvaises notes"

Réalité : Partiellement faux. Le quota de boursiers améliore la position des candidats boursiers dans la file d'attente, mais il ne les fait pas passer devant tout le monde mécaniquement.

Si vous êtes boursier avec un dossier vraiment très faible (dans les 20% les plus bas du classement d'une formation ultra-sélective), le quota ne suffira probablement pas à vous faire entrer.

Le quota est un avantage réel, mais pas une garantie absolue.

Mythe 9 : "Les grandes écoles ne recrutent que des élèves de lycées parisiens"

Réalité : Faux. Les CPGE les plus prestigieuses (Louis-le-Grand, Henri-IV, Ginette) recrutent effectivement beaucoup en Île-de-France, mais aussi dans toute la France. Nos données montrent que 30 à 40% de leurs admis viennent de province.

Si vous avez un excellent dossier (17-18 de moyenne, mentions TB, excellentes appréciations) et que vous êtes dans un bon lycée de province, vous avez une vraie chance. Ne vous autocensurez pas.

Mythe 10 : "De toute façon, Parcoursup, c'est la loterie"

Réalité : Faux. C'est la phrase refuge de ceux qui n'ont pas pris le temps de comprendre le système.

Parcoursup n'est pas une loterie. C'est un système complexe, avec des règles précises, des critères publiés (même s'ils sont parfois flous), des données disponibles. Vous pouvez analyser ces données, comprendre les patterns, évaluer vos chances, construire une stratégie cohérente.

Une loterie, c'est du pur hasard. Parcoursup, c'est du matching basé sur des classements. Ce n'est pas la même chose.

Avec les bonnes informations et une stratégie réfléchie, vous pouvez maximiser vos chances. C'est précisément pour cela que nous avons créé Parcoursup Dossier.

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FAQ : Vos questions, nos réponses

Nous recevons des centaines de questions chaque année. Voici les réponses aux plus fréquentes.

1. Combien de vœux puis-je formuler ?

Vous avez droit à 10 vœux maximum (hors vœux en apprentissage, qui sont comptés séparément, jusqu'à 10 également).

Pour certaines formations regroupées (CPGE, écoles d'ingénieurs en réseau, IFSI), vous formulez un vœu multiple qui compte pour 1 vœu, mais vous pouvez choisir jusqu'à 10 sous-vœux (établissements différents au sein du même réseau).

Exemple : vous formulez un vœu "CPGE MPSI en Île-de-France" et vous choisissez 10 lycées différents. Cela compte comme 1 vœu, avec 10 sous-vœux.

2. Puis-je modifier mes vœux après la date limite ?

Non. Une fois la date de clôture des vœux passée (généralement mi-mars), vous ne pouvez plus ajouter de nouveaux vœux, ni supprimer ceux que vous avez formulés.

En revanche, vous avez encore quelques jours (jusqu'à début avril généralement) pour finaliser vos dossiers : rédiger vos lettres de motivation, ajouter des pièces complémentaires, etc.

Soyez vigilant sur les dates. Elles sont non négociables.

3. Que se passe-t-il si je ne reçois aucune proposition ?

Si, à la fin de la phase principale (mi-juillet), vous n'avez reçu aucune proposition d'admission, vous accédez automatiquement à la phase complémentaire.

La phase complémentaire vous permet de formuler de nouveaux vœux dans les formations qui ont encore des places disponibles. C'est un filet de sécurité.

Vous pouvez formuler jusqu'à 10 nouveaux vœux (en plus de ceux de la phase principale, qui restent actifs si vous êtes toujours en attente).

Les formations disponibles en phase complémentaire sont généralement celles qui ont un taux de remplissage faible : BTS dans des spécialités de niche, licences en province, formations récentes.

Notre conseil : Évitez d'en arriver là. Construisez une liste de vœux équilibrée avec suffisamment de vœux "sécurité" pour vous garantir au moins une proposition en phase principale.

4. Est-ce que les formations voient mes autres vœux ?

Non. Chaque formation ne voit que le dossier que vous lui avez soumis. Elle ne sait pas quels autres vœux vous avez formulés, ni dans quel ordre.

Votre projet de formation motivé doit donc être spécifique à chaque formation, comme si c'était votre seul vœu.

5. Puis-je postuler à la même formation en formation initiale et en apprentissage ?

Oui. Les vœux en apprentissage sont comptés séparément. Vous pouvez formuler 10 vœux en formation initiale + 10 vœux en apprentissage.

Si vous hésitez entre les deux modalités, formulez les deux. Vous choisirez plus tard.

6. Comment savoir si je suis boursier sur critères sociaux ?

Si votre famille perçoit des bourses de l'enseignement secondaire (collège ou lycée), vous êtes très probablement éligible aux bourses de l'enseignement supérieur. Renseignez-vous auprès du secrétariat de votre lycée ou simulez votre éligibilité sur le site du CROUS.

Si vous êtes boursier, cette information apparaît automatiquement dans votre dossier Parcoursup (transmise par votre lycée). Vous bénéficiez donc du quota de boursiers sans démarche supplémentaire.

7. Que faire si j'ai un problème technique avec Parcoursup ?

Contactez immédiatement le numéro vert de Parcoursup : 0 800 400 070 (gratuit, service et appel). Ouvert du lundi au vendredi, de 10h à 16h, pendant toute la procédure.

Vous pouvez également contacter le service d'assistance via la messagerie intégrée à votre dossier Parcoursup.

Conservez des preuves de vos démarches (captures d'écran, emails) au cas où vous auriez besoin de justifier un problème technique.

8. Puis-je prendre une année de césure après le bac ?

Oui. Vous pouvez demander une année de césure directement sur Parcoursup, une fois que vous avez reçu une proposition d'admission et que vous l'avez acceptée définitivement.

L'établissement examine votre demande et vous donne une réponse. Si elle est acceptée, votre place est réservée pour l'année suivante. Vous ne perdez pas votre admission.

C'est une option intéressante si vous voulez faire un service civique, un séjour à l'étranger, ou mûrir votre projet avant d'entamer vos études supérieures.

9. Les formations peuvent-elles refuser un candidat en raison de son âge, de son handicap, ou de son origine ?

Non. Toute discrimination est strictement interdite et sanctionnée. Les formations ne doivent examiner que les éléments académiques et pédagogiques du dossier.

Si vous estimez avoir été victime de discrimination, vous pouvez saisir le Défenseur des droits.

10. Comment fonctionne la procédure pour les candidats en situation de handicap ?

Si vous êtes en situation de handicap, vous pouvez le mentionner dans la rubrique dédiée de votre dossier Parcoursup. Cela permet aux formations de prévoir les aménagements nécessaires (accessibilité des locaux, aménagement des examens, etc.).

Mentionner votre handicap n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé pour faciliter votre intégration.

Vous pouvez également bénéficier d'un accompagnement spécifique via les services handicap de chaque établissement. Contactez-les dès votre admission pour organiser votre rentrée.

11. Que faire si je change d'avis après avoir accepté définitivement une formation ?

Si vous avez accepté définitivement une proposition mais que vous changez d'avis (par exemple, vous obtenez une place dans une formation hors Parcoursup, ou vous décidez de redoubler, ou vous partez à l'étranger), vous devez démissionner officiellement via votre dossier Parcoursup.

Cette démission est irréversible. Tous vos vœux sont annulés. Vous libérez votre place, qui sera attribuée à un autre candidat.

Réfléchissez bien avant de démissionner. Mais si votre décision est prise, faites-le rapidement pour libérer la place.

12. Les notes du premier trimestre de Terminale comptent-elles ?

Oui. Les formations ont accès à vos bulletins de Première (3 trimestres ou 2 semestres) et aux bulletins disponibles de Terminale au moment de l'examen des dossiers (généralement les 2 premiers trimestres).

Le troisième trimestre de Terminale n'est généralement pas pris en compte dans le classement, car il se termine après l'examen des vœux. Mais certaines formations peuvent demander à le consulter pour les candidats en liste d'attente, en cas de doute.

Travaillez sérieusement jusqu'au bout. Un relâchement au troisième trimestre peut vous nuire si vous êtes en position limite.

13. Puis-je postuler dans une formation à l'étranger via Parcoursup ?

Non. Parcoursup concerne uniquement les formations situées en France (métropole et Outre-mer).

Si vous voulez étudier à l'étranger, vous devez postuler directement auprès des universités étrangères, via leurs propres plateformes (UCAS au Royaume-Uni, admission directe en Belgique, Suisse, Canada, etc.).

Vous pouvez formuler des vœux sur Parcoursup en parallèle, pour garder des options en France.

14. Comment sont gérées les candidatures des étudiants en réorientation ?

Si vous êtes déjà étudiant dans l'enseignement supérieur et que vous souhaitez vous réorienter, vous pouvez candidater sur Parcoursup comme les lycéens.

Vous devez remplir votre dossier avec vos bulletins de lycée (Première et Terminale), vos notes du bac, et également vos relevés de notes de l'enseignement supérieur.

Les formations examinent votre parcours complet. Une réorientation est normale et fréquente (environ 30% des étudiants changent de voie après la première année). Expliquez clairement vos motivations dans votre projet de formation motivé.

15. Parcoursup est-il obligatoire pour intégrer toutes les formations post-bac ?

Non. Certaines formations recrutent en dehors de Parcoursup :

  • Certaines écoles de commerce post-bac (concours propres)
  • Certaines écoles d'ingénieurs (concours Avenir, Puissance Alpha, Geipi Polytech, etc., même si certaines sont aussi sur Parcoursup)
  • Sciences Po Paris (procédure spécifique, hors Parcoursup)
  • Les Instituts d'Études Politiques (IEP) de région (concours commun ou procédures propres)
  • Certaines écoles d'art, de design, de cinéma
  • Les formations à l'étranger

Renseignez-vous sur le mode de recrutement de chaque formation qui vous intéresse. Ne présumez pas que tout passe par Parcoursup.

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Conclusion : Reprendre le contrôle de votre orientation

Nous sommes arrivés au terme de ce décryptage. Plus de 10 000 mots. Des dizaines de mécanismes expliqués. Des centaines de données analysées. Si vous avez lu jusqu'ici, vous n'êtes plus le même candidat qu'en début d'article.

Vous comprenez maintenant que Parcoursup n'est pas une loterie. Que l'algorithme national ne décide rien. Que le pouvoir de décision appartient aux formations locales. Que votre dossier est examiné selon des critères précis. Que des quotas invisibles redistribuent les cartes. Que six années de données révèlent des patterns que personne ne vous explique.

Vous savez maintenant comment équilibrer vos vœux. Comment rédiger une lettre de motivation qui compte. Comment identifier les formations sous le radar. Comment évaluer vos chances réelles. Comment suivre les listes d'attente. Comment maximiser vos atouts.

La connaissance est le meilleur antidote à l'anxiété.

Vous ne pouvez pas contrôler les décisions des commissions d'examen. Vous ne pouvez pas modifier votre profil académique du jour au lendemain. Mais vous pouvez contrôler votre stratégie. Votre préparation. Votre compréhension du système. Et c'est déjà énorme.

Ce que Parcoursup Dossier peut faire pour vous

Nous avons créé cette plateforme avec une conviction : les candidats méritent d'avoir accès aux mêmes données que les institutions. De pouvoir analyser, comparer, évaluer. De construire leur stratégie sur des faits, pas sur des rumeurs.

Nos outils à votre disposition :

Explorez notre base de données complète : 14 134 formations. Six années de données historiques. Taux d'accès, profil des admis, évolution de la sélectivité, répartition par mention, par type de bac, par spécialité. Tout ce que vous devez savoir pour évaluer chaque formation.

Utilisez notre calculateur de risque : Entrez votre profil (notes, type de bac, spécialités, statut boursier). Obtenez une évaluation personnalisée de vos chances pour chaque formation. Découvrez quels vœux sont "Sécurité", "Modéré", "Ambitieux", ou "Audacieux" pour vous.

Consultez les fiches détaillées de chaque formation : Statistiques complètes, graphiques d'évolution, profil des admis, critères de sélection, débouchés, contact. Tout en un seul endroit.

Vos prochaines étapes

Si vous êtes en Terminale et que la période de formulation des vœux approche :

  1. Explorez notre base de données pour identifier 15 à 20 formations qui vous intéressent
  2. Utilisez le calculateur pour évaluer vos chances dans chacune
  3. Sélectionnez 10 vœux équilibrés (sécurité, modéré, ambitieux, audacieux)
  4. Rédigez des projets de formation motivés spécifiques et percutants
  5. Validez vos vœux avant la date limite

Si vous êtes en Première :

  1. Réfléchissez dès maintenant à vos projets post-bac
  2. Choisissez vos spécialités en cohérence avec ces projets
  3. Travaillez votre régularité scolaire et impliquez-vous dans des activités extra-scolaires
  4. Préparez-vous sérieusement aux épreuves anticipées du bac
  5. Utilisez notre plateforme pour découvrir les formations qui vous correspondent

Si vous êtes parent :

  1. Lisez cet article avec votre enfant. Discutez-en ensemble.
  2. Ne projetez pas vos propres ambitions ou angoisses. Écoutez ses aspirations.
  3. Aidez-le à construire une stratégie équilibrée, ni trop prudente ni trop audacieuse.
  4. Utilisez nos outils pour objectiver les discussions. Les données apaisent les débats.

Si vous êtes conseiller d'orientation ou enseignant :

  1. Utilisez nos données pour compléter votre expertise terrain.
  2. Partagez cette ressource avec vos élèves. Elle leur donnera les clés pour comprendre le système.
  3. Contactez-nous si vous souhaitez organiser une intervention dans votre établissement.

Un dernier mot

Parcoursup est imparfait. Opaque par endroits. Anxiogène pour beaucoup. Mais ce n'est pas une fatalité. L'information existe. Les données sont publiques. Il suffit de les analyser, de les rendre accessibles, de les transformer en actions concrètes.

C'est ce que nous faisons chez Parcoursup Dossier. Chaque jour. Pour que des dizaines de milliers de lycéens comme vous puissent aborder cette étape cruciale avec plus de sérénité, plus de lucidité, plus de contrôle.

Vous n'êtes pas seul face à la machine. Vous avez des outils. Vous avez des données. Vous avez une stratégie.

Maintenant, à vous de jouer.

Bonne chance. Vous allez assurer.

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Ressources utiles :

Dernière mise à jour : 15 février 2026