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Refusé sur Parcoursup : Le Guide de Survie Complet

Refusé ou sans réponse sur Parcoursup ? Guide complet : phase complémentaire, CAES, alternatives, réorientation. Solutions concrètes et données.

15 février 202645 min
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Vous ouvrez Parcoursup. Votre cœur bat. Vous cliquez. Et là, sur votre écran, vous voyez ce que vous redoutiez : des "Non" alignés, des "En attente" interminables, aucun "Oui" nulle part. Le sol se dérobe. Vous relisez, vous actualisez, vous espérez une erreur informatique. Mais non. C'est bien réel.

Peut-être que vous êtes en train de pleurer. Peut-être que vous avez fermé l'ordinateur d'un coup sec. Peut-être que vous vous sentez humilié, en colère, ou simplement vide. Peut-être que vous n'osez pas encore en parler à vos parents.

Avant toute chose, avant toute solution, avant tout plan d'action : ce que vous ressentez est légitime. Votre déception, votre peur, votre sentiment d'injustice — tout cela est normal. Vous avez travaillé dur pendant des années. Vous aviez un projet. Et aujourd'hui, le système semble vous dire non.

Prenez une grande respiration. Encore une. Et lisez ces lignes.

La vérité statistique que personne ne vous dit

En 2024, lors de la publication des premiers résultats de la phase principale d'admission, plus de 103 000 candidats se sont retrouvés sans aucune proposition positive. Cent trois mille. Vous n'êtes pas seul. Vous n'êtes pas une exception. Vous n'êtes pas un cas désespéré.

Et voici la suite de l'histoire, celle qu'on ne raconte pas assez : à la fin du processus, en septembre, la très grande majorité de ces 103 000 candidats avaient trouvé une formation. Certains grâce à l'évolution des listes d'attente. D'autres via la phase complémentaire. D'autres encore grâce à la CAES, cette commission académique créée précisément pour les situations comme la vôtre. Et d'autres enfin en explorant des alternatives hors Parcoursup.

Le refus Parcoursup n'est pas une condamnation. C'est un obstacle temporaire dans un système complexe et imparfait. Votre valeur en tant que personne, votre intelligence, votre capacité à réussir — rien de tout cela n'est remis en cause par un algorithme qui a classé des dossiers selon des critères opaques.

Ce que ce guide va faire pour vous

Ce que vous tenez entre les mains n'est pas un texte de consolation vague. C'est un plan de bataille complet, construit sur des données réelles et des solutions concrètes.

Vous allez découvrir :

  • Comment diagnostiquer précisément votre situation parmi les cinq scénarios possibles
  • Quelles actions entreprendre dans les 48 premières heures pour sauver ce qui peut l'être
  • Comment exploiter la phase complémentaire comme un levier stratégique majeur
  • Comment saisir la CAES et ce que cette commission peut réellement faire pour vous
  • Quelles sont les erreurs qui ont mené ici et comment ne jamais les répéter
  • Quelles alternatives existent hors Parcoursup, de la formation privée au service civique
  • Comment transformer une réorientation en atout pour l'année prochaine
  • Un plan d'action personnalisé selon le moment où vous lisez ce texte

À la fin de ce guide, vous ne serez plus dans la confusion. Vous aurez un chemin. Peut-être pas le chemin que vous aviez imaginé. Mais un chemin solide, basé sur des faits, avec des étapes claires.

Vous allez vous en sortir. Pas parce que c'est facile. Pas parce que ce n'est pas grave. Mais parce qu'il existe des solutions, et que vous allez les mettre en œuvre, une par une.

Commençons.

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Partie 1 : Comprendre votre situation — diagnostic précis

Toutes les situations de refus ne se ressemblent pas. Avant de paniquer, avant même de chercher des solutions, vous devez savoir exactement où vous en êtes. Parce que la stratégie à suivre dépend entièrement de votre configuration de résultats.

Lisez attentivement les cinq scénarios suivants et identifiez celui qui correspond à votre situation.

Scénario 1 : Vous avez des "En attente" et aucun "Oui"

Votre écran : Plusieurs "En attente", quelques "Non" éventuellement, mais pas un seul "Oui" ou "Oui si".

Ce que cela signifie vraiment : Vous n'êtes PAS refusé. Vous êtes dans la file d'attente. Et contrairement à ce que votre cerveau angoissé vous hurle, ce n'est pas une situation désespérée.

Le mécanisme de Parcoursup repose sur un système de cascade. Chaque jour, des candidats acceptent une proposition et renoncent à leurs autres vœux. Chaque renoncement libère une place. Cette place fait avancer la liste d'attente correspondante. Le candidat qui reçoit alors une proposition renonce à son tour à d'autres vœux, créant de nouvelles places ailleurs. Et ainsi de suite, comme un jeu de dominos.

Ce mouvement est lent les premiers jours — normal, les candidats prennent le temps de réfléchir. Mais entre mi-juin et fin juillet, les listes d'attente bougent de manière significative. Dans certaines formations universitaires, nos données montrent que des candidats classés au-delà de la position 800, voire 1 000, ont fini par recevoir une proposition.

Votre position compte, mais elle n'est pas une sentence définitive.

Ce que vous devez faire maintenant :

  1. Notez votre position exacte dans chaque liste d'attente
  2. Notez le nombre total de candidats en attente
  3. Si l'information est disponible, notez la position du dernier appelé l'année précédente
  4. Créez un tableau de suivi simple (papier ou Excel) et mettez-le à jour chaque matin
  5. Ne renoncez à AUCUN vœu en attente, même si votre position vous semble décourageante

Pourquoi cela peut marcher : Les statistiques historiques le prouvent. Sur nos 14 134 formations analysées sur six ans, nous avons des exemples documentés de listes d'attente qui ont bougé jusqu'aux derniers jours de la phase principale, faisant avancer des candidats qui se croyaient sans espoir.

Le piège à éviter absolument : Renoncer à un vœu en attente par découragement. Tant que vous êtes sur la liste, vous avez une chance. Ne la jetez pas.

Lien vers nos outils : Utilisez notre explorateur de formations pour vérifier les données historiques de chaque formation où vous êtes en attente. Filtrez par nom, regardez l'évolution du "dernier appelé" sur plusieurs années. Cela vous donnera une idée plus précise de vos chances réelles.

Scénario 2 : Vous avez des "Non" sur toutes vos formations sélectives + des "En attente" sur le reste

Votre écran : Les formations sélectives (CPGE, BUT, BTS, écoles, double-licence) affichent "Non". Vos licences non-sélectives affichent "En attente".

Ce que cela signifie vraiment : Les "Non" sont définitifs pour ces formations-là. Il n'y a pas de magie possible — un refus en formation sélective ne se transforme jamais en acceptation. Mais vos vœux "En attente" sont encore vivants. La partie n'est pas terminée.

Ce que vous devez faire maintenant :

  1. Acceptez mentalement que les formations qui ont dit "Non" sont hors de portée cette année
  2. Concentrez toute votre énergie sur les listes d'attente restantes
  3. Pour chaque licence en attente, vérifiez les données historiques : quel pourcentage de candidats en attente ont finalement reçu une proposition ?
  4. Préparez en parallèle un plan B pour la phase complémentaire (nous y reviendrons)

Pourquoi ce scénario n'est pas catastrophique : Les licences universitaires disposent généralement de capacités d'accueil importantes. Les listes d'attente bougent beaucoup, surtout après les résultats du baccalauréat lorsque certains candidats se désistent. Si vous avez postulé à plusieurs licences dans des universités différentes, vos chances de recevoir au moins une proposition sont statistiquement élevées.

Le piège à éviter : Penser que seules les formations sélectives "valent le coup". Les licences universitaires offrent des parcours de qualité, des opportunités de poursuite d'études (master, grandes écoles sur concours post-licence) et une liberté académique précieuse. Ne les méprisez pas par déception.

Scénario 3 : Vous avez "Non" partout (uniquement des formations sélectives, aucun vœu non-sélectif)

Votre écran : Une colonne de "Non". Pas un seul "En attente". Pas un seul "Oui". Le pire scénario visuel.

Ce que cela signifie vraiment : Vous vous êtes retrouvé dans la situation la plus difficile, celle qui nécessite le plan d'action le plus agressif. Mais — et c'est crucial — ce n'est PAS la fin. Des solutions existent. Elles ne sont pas celles que vous aviez prévues, mais elles existent.

Pourquoi vous en êtes là : Probablement parce que votre liste de vœux ne contenait que des formations très sélectives (taux d'accès inférieur à 30 %), sans aucune formation de sécurité. Peut-être parce que vous avez sous-estimé le niveau de compétition. Peut-être parce que votre dossier, bien que solide, n'était pas assez distinctif dans une masse de candidats excellents. Peut-être aussi parce que vous n'avez pas suffisamment personnalisé vos lettres de motivation.

Peu importe. Vous êtes ici maintenant. Analysons ce qui est devant vous, pas ce qui est derrière.

Ce que vous devez faire maintenant :

  1. Prenez rendez-vous immédiatement avec votre professeur principal et le conseiller d'orientation de votre lycée
  2. Contactez vos parents ou un adulte de confiance pour expliquer la situation calmement
  3. Préparez-vous à exploiter massivement la phase complémentaire (ouverture fin juin)
  4. Identifiez dès maintenant cinq à dix formations qui vous intéresseraient en phase complémentaire
  5. Préparez votre dossier pour une éventuelle saisine de la CAES (Commission d'Accès à l'Enseignement Supérieur)

Pourquoi vous allez rebondir : La phase complémentaire et la CAES ont été créées précisément pour les candidats dans votre situation. Chaque année, des milliers de places se libèrent dans des formations de qualité. Vous n'aurez peut-être pas votre premier choix, mais vous AUREZ une formation.

Le piège à éviter : Le fatalisme. "C'est foutu, je ne ferai rien cette année." Non. Vous avez plusieurs mois devant vous, plusieurs dispositifs de rattrapage, et des milliers de formations qui vont publier des places disponibles. Ne baissez pas les bras avant d'avoir épuisé toutes les options.

Scénario 4 : Vous avez un "Oui si" que vous ne voulez pas

Votre écran : Un ou plusieurs "Oui si" dans des formations qui ne vous enthousiasment pas. Des "Non" ou des "En attente" partout ailleurs.

Ce que cela signifie vraiment : Un "Oui si" est une proposition d'admission conditionnée à un parcours de remise à niveau (souvent appelé "oui si" parce qu'il inclut des cours de soutien intégrés). C'est une réponse POSITIVE. Pas votre rêve, peut-être. Mais une porte ouverte.

Ce que vous devez faire maintenant :

  1. Ne rejetez pas automatiquement ce "Oui si" par fierté ou déception
  2. Renseignez-vous sur les conditions précises : quel est le parcours de remise à niveau ? Combien d'heures par semaine ? Quels sont les taux de réussite des étudiants "Oui si" dans cette formation ?
  3. Acceptez provisoirement ce "Oui si" (cela ne vous engage pas définitivement et ne ferme pas vos listes d'attente)
  4. Continuez à surveiller vos vœux en attente chaque jour

Pourquoi vous devriez considérer sérieusement ce "Oui si" : Beaucoup d'étudiants qui ont accepté un "Oui si" par défaut ont finalement réussi brillamment leur première année grâce à l'accompagnement renforcé. Le "Oui si" n'est pas une punition — c'est un filet de sécurité pédagogique qui reconnaît que vous avez le potentiel, mais que vous auriez besoin de soutien.

Le piège à éviter : Refuser un "Oui si" en espérant qu'un "Oui" franc va arriver, sans avoir de plan B solide. Si vos autres vœux sont des "En attente" très incertains, garder ce "Oui si" est une assurance précieuse.

Scénario 5 : Vous êtes en réorientation et les réponses sont décevantes

Votre écran : Des refus ou des attentes interminables, alors que vous êtes déjà étudiant dans une autre formation et que vous espériez changer de voie.

Ce que cela signifie vraiment : Votre situation est différente des néo-bacheliers. Vous avez une formation actuelle, qui constitue un filet de sécurité même si elle ne vous plaît pas. Vous n'êtes pas "sans rien". Mais vous êtes frustré, parce que vous vouliez tourner la page et que le système vous renvoie une réponse négative.

Ce que vous devez faire maintenant :

  1. Évaluez si votre formation actuelle peut être poursuivie encore un semestre ou une année en attendant
  2. Explorez la phase complémentaire avec une liste de vœux plus diversifiée géographiquement
  3. Considérez l'apprentissage comme voie alternative (formations souvent moins saturées)
  4. Si aucune proposition ne vient, utilisez l'année à venir pour renforcer votre dossier en vue d'une nouvelle candidature l'an prochain

Pourquoi votre situation n'est pas catastrophique : Vous avez de l'expérience universitaire. Vous savez ce que c'est que d'étudier en autonomie. Vous avez de la maturité. Si vous recandidatez l'année prochaine avec un dossier mieux construit, une lettre de motivation qui explique clairement votre réorientation, et une stratégie de vœux plus équilibrée, vos chances augmentent considérablement.

Le piège à éviter : Abandonner votre formation actuelle sans avoir de solution concrète. Même si elle ne vous convient pas, terminez au moins le semestre. Cela enrichit votre dossier et vous évite un "trou" dans votre parcours.

L'erreur fatale à éviter EN CE MOMENT, quel que soit votre scénario

«

Ne renoncez JAMAIS à un vœu en attente par découragement. Tant que vous êtes sur la liste, vous avez une chance. Chaque jour, des places se libèrent. Chaque jour, votre position peut avancer. Renoncer à un vœu en attente, c'est refermer vous-même une porte qui était encore entrouverte.

Maintenant que vous savez où vous en êtes, passons à l'action immédiate.

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Partie 2 : Les premières 48 heures — que faire immédiatement

Les premiers moments après la découverte des résultats sont cruciaux. Pas parce qu'il y a une urgence technique — Parcoursup vous laisse plusieurs jours pour répondre. Mais parce que votre réaction émotionnelle va déterminer la qualité de vos décisions.

Voici le protocole exact à suivre dans les 48 heures qui suivent la publication des résultats.

Étape 1 : Respirez (vraiment)

Fermez Parcoursup. Fermez l'ordinateur. Éloignez-vous de l'écran.

Si vous êtes chez vous, sortez prendre l'air. Si vous êtes au lycée, allez marcher cinq minutes dans la cour. Si vous êtes seul, appelez quelqu'un en qui vous avez confiance — un ami, un parent, un grand frère, une grande sœur.

Pleurez si vous en avez besoin. Criez dans un coussin si ça vous soulage. Laissez la vague émotionnelle passer.

Votre cerveau, en ce moment, est en mode panique. Il voit une menace. Il active le cortisol, l'hormone du stress. Vos capacités de raisonnement sont temporairement diminuées. Prendre une décision importante dans cet état — renoncer à un vœu, envoyer un email rageur, s'inscrire n'importe où pour "au moins avoir quelque chose" — serait une erreur.

Accordez-vous deux heures. Quatre heures. Une demi-journée si nécessaire. Le temps que votre système nerveux se calme.

Ce n'est pas de la faiblesse. C'est de l'intelligence émotionnelle.

Étape 2 : Faites le point (méthodiquement)

Revenez sur Parcoursup avec un stylo et une feuille de papier. Ou un document Excel si vous préférez. Vous allez créer un tableau de suivi précis.

Notez chaque vœu avec sa réponse exacte :

  • Nom de la formation
  • Type de réponse : Oui / Oui si / En attente / Non
  • Si "En attente" : Votre position actuelle / Nombre total de candidats en attente / Position du dernier appelé l'année précédente (si disponible)
  • Si "Oui" ou "Oui si" : Date limite pour répondre

Ce tableau va devenir votre outil de guerre pour les semaines à venir. Vous allez le mettre à jour chaque matin. Il va vous permettre de suivre objectivement l'évolution de votre situation, sans céder à la panique.

Étape 3 : Acceptez le meilleur "Oui" ou "Oui si" disponible (si vous en avez un)

C'est contre-intuitif, mais crucial : si vous avez reçu AU MOINS un "Oui" ou un "Oui si", acceptez-le. Maintenant.

Pourquoi ? Parce que c'est votre assurance. Votre filet de sécurité. Votre garantie que quoi qu'il arrive, vous aurez une place dans l'enseignement supérieur à la rentrée.

Mais attention, voici la partie que beaucoup de candidats ne comprennent pas : accepter un "Oui" ne ferme PAS vos listes d'attente. Vous continuez à figurer sur toutes les listes d'attente de vos autres vœux. Si une proposition meilleure arrive plus tard, vous pourrez abandonner votre premier "Oui" et accepter le nouveau. Il n'y a aucune pénalité. C'est prévu par le système.

Donc, concrètement : même si ce "Oui" concerne votre 10ème vœu, une formation que vous avez mise "au cas où", acceptez-la. Cela vous enlève un poids colossal. Vous passez de "je n'ai rien" à "j'ai au moins ça, et je continue à espérer mieux."

Étape 4 : Maintenez TOUS vos vœux en attente qui vous intéressent

Parcoursup vous demande de "maintenir" ou de "renoncer" à vos vœux en attente. Ce choix se fait pour chaque vœu individuellement.

Voici la règle absolue : maintenez TOUS les vœux en attente qui correspondent à des formations que vous accepteriez si elles vous faisaient une proposition.

Ne renoncez à un vœu en attente que dans deux cas :

  1. Vous avez reçu et accepté une proposition qui vous convient pleinement et qui est objectivement meilleure
  2. Vous vous êtes rendu compte, après recherche, que cette formation ne vous intéresse finalement plus du tout

Mais ne renoncez JAMAIS par découragement, par impatience, ou parce que votre position vous semble mauvaise. Les listes bougent. Parfois beaucoup. Parfois jusqu'aux derniers jours.

Étape 5 : Informez votre entourage (calmement et factuellement)

Vous ne devez pas traverser cette épreuve seul. Il est temps d'en parler.

Avec vos parents ou tuteurs :

Choisissez un moment calme. Expliquez la situation factuellement : "Voici les résultats que j'ai obtenus. Voici ce que cela signifie. Voici les étapes que je vais suivre maintenant." Montrez-leur ce guide si nécessaire. Expliquez que vous avez un plan.

Beaucoup de parents paniquent autant, sinon plus, que les enfants. Votre rôle est de les rassurer en montrant que vous prenez la situation en main.

Avec votre professeur principal :

Envoyez un email ou demandez un rendez-vous. Expliquez votre situation et demandez conseil. Votre professeur principal a accès à des informations et des contacts que vous n'avez pas. Il peut parfois intervenir auprès de formations, contacter le rectorat, ou vous orienter vers des dispositifs d'aide.

Avec le conseiller d'orientation / psychologue de l'Éducation nationale de votre lycée :

C'est SON travail de vous accompagner dans cette situation. Prenez rendez-vous rapidement. Expliquez vos résultats, votre projet initial, et demandez-lui de vous aider à identifier des formations alternatives, notamment en vue de la phase complémentaire.

Ces 48 premières heures sont terminées. Vous avez sécurisé ce qui pouvait l'être, organisé votre suivi, et mobilisé votre réseau de soutien. Vous êtes prêt pour la suite.

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Partie 3 : La phase complémentaire — votre meilleure alliée

La phase complémentaire est le dispositif de rattrapage officiel de Parcoursup. Elle ouvre généralement autour du 11 juin, quelques jours après la publication des premiers résultats de la phase principale. Et elle est votre meilleure chance de transformer une situation de refus en admission.

Pourtant, beaucoup de candidats la découvrent au dernier moment, sans préparation, et passent à côté de ses meilleures opportunités. Vous n'allez pas faire cette erreur.

Qu'est-ce que la phase complémentaire exactement ?

La phase complémentaire est une deuxième session de candidature sur Parcoursup, pendant laquelle les formations qui n'ont pas rempli tous leurs effectifs publient leurs places disponibles. Ces formations acceptent de nouveaux vœux de la part de candidats qui n'ont pas obtenu de proposition satisfaisante en phase principale.

Caractéristiques importantes :

  • Elle ouvre fin juin et se prolonge jusqu'à mi-septembre
  • Vous pouvez formuler jusqu'à 10 nouveaux vœux (en plus de ceux que vous aviez en phase principale)
  • Ces vœux ne sont PAS comptabilisés dans votre quota initial de 10 vœux — c'est un quota séparé
  • Vous n'avez PAS besoin de renoncer à vos vœux en attente de la phase principale pour candidater en phase complémentaire
  • Les réponses arrivent généralement plus vite qu'en phase principale (parfois en quelques jours)
  • Les formations disponibles changent quotidiennement — de nouvelles places apparaissent régulièrement

Comment fonctionne concrètement la phase complémentaire ?

1. Consultation des formations disponibles

Dès l'ouverture de la phase complémentaire, connectez-vous à Parcoursup. Un moteur de recherche spécifique vous permet de filtrer les formations qui ont encore des places. Vous pouvez filtrer par :

  • Type de formation (licence, BUT, BTS, CPGE, etc.)
  • Domaine d'études
  • Région / académie
  • Statut (formation en apprentissage ou non)

2. Formulation des vœux

Pour chaque formation qui vous intéresse, vous formulez un vœu. Attention, contrairement à la phase principale, vous n'avez généralement que quelques jours pour compléter votre dossier et envoyer votre lettre de motivation. Il faut être réactif.

3. Réception des propositions

Les formations examinent votre dossier et vous répondent dans un délai variable (quelques jours à quelques semaines). Si vous recevez une proposition, vous avez un délai court pour l'accepter ou la refuser (généralement 1 à 3 jours).

4. Acceptation ou poursuite de la recherche

Si la proposition vous convient, vous l'acceptez et votre parcours Parcoursup se termine. Si elle ne vous convient pas, vous pouvez la refuser et continuer à candidater à d'autres formations en phase complémentaire.

Quelles formations ont encore des places en phase complémentaire ?

Contrairement aux idées reçues, la phase complémentaire ne propose pas que des "restes" ou des formations de second choix. Chaque année, on y trouve :

Des licences universitaires dans pratiquement tous les domaines (droit, lettres, sciences, économie, STAPS, psychologie, etc.). Les universités ajustent leurs capacités d'accueil en fonction des inscriptions réelles.

Des BTS et des BUT dans des établissements situés en dehors des grandes métropoles, ou dans des spécialités moins connues mais avec d'excellents débouchés.

Des formations en apprentissage qui dépendent de la signature de contrats avec des employeurs. Ces places se libèrent souvent tardivement parce que les candidats n'ont pas trouvé d'entreprise à temps.

Des formations nouvellement créées qui sont encore peu connues du grand public et n'ont donc pas fait le plein lors de la phase principale.

Des IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers) et autres formations paramédicales.

Des écoles d'ingénieurs et de commerce post-bac qui n'ont pas rempli toutes leurs places, souvent dans des campus délocalisés ou des établissements privés reconnus.

Nos données montrent que certaines formations qui affichaient un taux d'accès de 30 % en phase principale peuvent encore avoir des places en phase complémentaire, notamment parce que des candidats admis ont finalement choisi autre chose.

La stratégie pour maximiser vos chances en phase complémentaire

Conseil 1 : Préparez-vous AVANT l'ouverture

Ne attendez pas le 11 juin pour commencer à réfléchir. Dès que vous savez que vos résultats de phase principale sont décevants, commencez à identifier des formations qui pourraient vous intéresser en phase complémentaire.

Utilisez notre explorateur de formations pour repérer des formations avec des taux d'accès historiquement élevés dans votre domaine. Filtrez par région, par type, par taux d'accès. Créez une liste de 15 à 20 formations qui pourraient potentiellement avoir des places en phase complémentaire.

Conseil 2 : Élargissez vos critères géographiques

C'est le moment de dépasser le "je veux rester à 50 km de chez moi." Les résidences universitaires, les bourses sur critères sociaux du CROUS, les aides à la mobilité — tout existe pour permettre aux étudiants d'aller étudier ailleurs en France.

Une excellente formation à Brest, à Perpignan ou à Nancy vaut infiniment mieux que pas de formation du tout. Et l'expérience de vivre dans une nouvelle région, loin de chez soi, est une expérience de maturité précieuse.

Conseil 3 : Soyez réactif

Les meilleures places partent vite. Connectez-vous chaque jour, plusieurs fois par jour si possible. Dès qu'une formation qui vous intéresse apparaît, candidatez immédiatement. Ayez vos documents prêts (bulletins, CV, lettre de motivation de base à adapter).

Conseil 4 : Diversifiez les types de formations

Si vous ne visiez que des licences en phase principale, regardez aussi les BTS et les BUT. Si vous ne visiez que des formations théoriques, regardez les formations en apprentissage. Ouvrez votre champ des possibles.

Certains étudiants qui visaient CPGE ou double-licence ont finalement intégré un BUT, y ont excellé, et ont ensuite poursuivi en école d'ingénieurs. Le chemin n'était pas celui prévu, mais l'objectif final a été atteint.

Conseil 5 : Préparez une lettre de motivation modulable

Vous n'aurez pas le temps de rédiger 10 lettres de motivation entièrement différentes en quelques jours. Préparez donc une structure de base solide :

  • Paragraphe 1 : Votre parcours et vos forces académiques
  • Paragraphe 2 : Votre projet professionnel (adaptable selon la formation)
  • Paragraphe 3 : Pourquoi cette formation précise vous intéresse (TRÈS important de personnaliser cette partie avec des éléments concrets : un cours, un partenariat, une spécificité de l'établissement)
  • Paragraphe 4 : Ce que vous apporterez à la formation

Gardez cette structure dans un document, et adaptez les paragraphes 2 et 3 pour chaque candidature.

Les formations en apprentissage : une opportunité sous-estimée

Beaucoup de candidats ignorent ou méprisent l'apprentissage, par méconnaissance. C'est une erreur stratégique majeure.

Pourquoi l'apprentissage est une excellente option :

  • Vous êtes rémunéré pendant vos études (entre 27 % et 100 % du SMIC selon votre âge et votre niveau)
  • Vous acquérez une expérience professionnelle concrète, valorisée par tous les employeurs
  • Les taux d'insertion professionnelle des apprentis sont parmi les plus élevés de l'enseignement supérieur
  • Vous validez exactement le même diplôme qu'en formation classique (un BUT en apprentissage = un BUT classique)
  • De nombreuses grandes écoles et licences professionnelles proposent l'apprentissage

Le challenge de l'apprentissage : trouver une entreprise. C'est vous qui devez chercher et signer un contrat. Mais de nombreux CFA (Centres de Formation d'Apprentis) vous accompagnent dans cette recherche. Et certaines formations acceptent votre candidature "sous réserve de signature d'un contrat" — vous avez ensuite quelques mois pour trouver l'entreprise.

En phase complémentaire, les formations en apprentissage ont souvent encore des places précisément parce que tous les candidats n'ont pas trouvé d'entreprise à temps. Si vous êtes motivé et réactif, c'est une vraie opportunité.

Ce que nos données révèlent sur la phase complémentaire

En analysant six années de données Parcoursup sur nos 14 134 formations référencées, nous observons que :

  • Entre 15 % et 25 % des formations publient des places disponibles en phase complémentaire chaque année
  • Les formations situées dans les académies moins peuplées (Besançon, Limoges, Reims, Caen, Poitiers) ont statistiquement plus de places disponibles
  • Certains domaines ont systématiquement plus de places : informatique, industries, certaines licences de sciences
  • Les formations qui créent des places en phase complémentaire ne sont pas nécessairement celles avec les taux d'accès les plus élevés en phase principale — parfois, c'est simplement un effet de désistements massifs

Utilisez notre outil pour identifier les formations qui ont historiquement publié des places en phase complémentaire dans votre domaine d'intérêt. Cela vous donnera une longueur d'avance.

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Partie 4 : La CAES — la commission qui peut vous sauver

Si la phase complémentaire ne donne rien, ou si vous êtes dans une situation d'urgence absolue, il existe un dernier filet de sécurité institutionnel : la CAES, Commission d'Accès à l'Enseignement Supérieur.

Ce dispositif est méconnu, souvent mal compris, et pourtant il a sauvé des milliers de parcours étudiants. Voici tout ce que vous devez savoir.

Qu'est-ce que la CAES exactement ?

La CAES est une commission académique, présidée par le recteur ou son représentant, créée pour accompagner les candidats qui n'ont reçu aucune proposition d'admission sur Parcoursup malgré leurs démarches. Elle existe dans chaque académie.

Mission de la CAES : Proposer une affectation dans une formation disposant de places disponibles, en tenant compte autant que possible du projet du candidat et de son profil.

Important : La CAES ne peut pas vous imposer une formation contre votre gré. Elle vous PROPOSE. Vous restez libre d'accepter ou de refuser.

Qui peut saisir la CAES ?

Vous êtes éligible si vous remplissez ces conditions :

  1. Vous êtes bachelier de l'année en cours (ou de l'année précédente si vous êtes en réorientation)
  2. Vous n'avez reçu AUCUNE proposition d'admission positive (ni "Oui" ni "Oui si") sur Parcoursup, ou vous avez reçu uniquement des propositions que vous avez refusées pour des raisons légitimes
  3. Vous avez formulé au moins un vœu en formation non-sélective lors de votre inscription initiale (cette condition peut varier selon les académies)

Cas particuliers où la CAES peut intervenir même si vous avez une proposition :

  • Vous avez un handicap ou des besoins spécifiques non pris en compte
  • Vous avez vécu un changement de situation familiale majeur (déménagement, problème de santé, etc.)
  • Vous avez besoin d'un internat et aucune de vos propositions n'en dispose

Comment saisir la CAES ?

Étape 1 : Via Parcoursup

Un bouton "Saisir la CAES" apparaît automatiquement dans votre espace candidat Parcoursup si vous êtes éligible. Cliquez dessus. Vous devrez remplir un formulaire expliquant votre situation et précisant vos souhaits de formation.

Étape 2 : Directement auprès du rectorat (si nécessaire)

Si le bouton n'apparaît pas ou si vous rencontrez un problème technique, contactez directement le rectorat de votre académie par téléphone ou email. Les coordonnées sont disponibles sur le site de votre académie.

Étape 3 : Préparez votre dossier

Lors de la saisine, vous devrez expliquer :

  • Votre parcours scolaire
  • Vos vœux formulés en phase principale et complémentaire
  • Pourquoi vous n'avez pas obtenu de proposition
  • Votre projet d'études et professionnel
  • Vos contraintes éventuelles (géographiques, financières, santé, etc.)

Soyez honnête, factuel, et précis. La CAES ne vous jugera pas — elle cherche à vous aider. Mais elle a besoin d'informations claires pour vous proposer une solution adaptée.

Que peut (et ne peut pas) faire la CAES ?

Ce que la CAES PEUT faire :

  • Examiner votre dossier et votre situation de manière personnalisée
  • Vous proposer une affectation dans une formation disposant de places disponibles dans votre académie (parfois dans une académie voisine si nécessaire)
  • Tenir compte de vos contraintes spécifiques (mobilité, handicap, situation familiale)
  • Vous proposer des formations auxquelles vous n'aviez pas pensé, mais qui correspondent à votre profil

Ce que la CAES NE PEUT PAS faire :

  • Forcer une formation à vous accepter si elle est complète
  • Vous obtenir une place dans une formation qui vous a explicitement refusé en phase principale
  • Vous garantir une place dans votre formation de premier choix
  • Intervenir instantanément (le processus prend généralement quelques semaines)

Les délais et le calendrier de la CAES

La CAES se réunit régulièrement pendant l'été, de juillet à septembre. Les délais de réponse varient selon les académies et la période à laquelle vous saisissez la commission.

Règle d'or : Plus vous saisissez tôt la CAES, plus les options disponibles seront nombreuses. Ne attendez pas la fin août. Si vous êtes éligible et que la phase complémentaire ne donne rien, saisissez la CAES dès juillet.

Témoignage représentatif

Les prénoms et certains détails ont été modifiés, mais ce témoignage est basé sur des situations réelles documentées.

Léa, 18 ans, académie de Versailles, juin 2024 :

"J'avais formulé 10 vœux, tous en psychologie ou en sciences de l'éducation, dans des universités franciliennes. J'ai été refusée partout sauf une liste d'attente qui n'a jamais avancé. En phase complémentaire, il ne restait aucune place en psychologie dans ma région. J'étais paniquée. Mon proviseur m'a dit de saisir la CAES.

Trois semaines plus tard, j'ai reçu un email du rectorat. Ils me proposaient une licence de sociologie à Évry. Ce n'était pas exactement ce que je voulais, mais en lisant le programme, je me suis rendu compte que beaucoup de cours étaient proches de mes intérêts. J'ai accepté.

Aujourd'hui, je suis en deuxième année de sociologie. Je ne regrette rien. J'ai découvert une discipline passionnante que je ne connaissais pas. Et je peux toujours poursuivre en master de psychologie sociale si je veux, les deux se croisent."

Ce témoignage illustre un point essentiel : la CAES ne vous donnera peut-être pas votre rêve initial. Mais elle peut vous ouvrir une porte vers quelque chose de viable, voire d'inattendu et de positif.

Conseils pour maximiser vos chances avec la CAES

1. Soyez ouvert géographiquement

La CAES travaille d'abord à l'échelle de votre académie. Si vous indiquez que vous ne pouvez absolument pas vous déplacer hors de votre ville, vous réduisez drastiquement les options. Montrez que vous êtes mobile.

2. Proposez plusieurs domaines d'études

Si vous n'indiquez qu'un seul domaine très précis ("uniquement psychologie") et qu'il n'y a plus de place dans ce domaine, la CAES ne pourra rien pour vous. Proposez deux ou trois domaines proches de votre projet : cela multiplie les opportunités.

3. Expliquez vos contraintes réelles, pas vos préférences

Une contrainte réelle : "Je dois rester dans l'académie de Bordeaux car je suis aidant familial pour mon parent malade."

Une préférence : "Je préfère rester à Bordeaux car j'aime la ville."

La CAES prendra en compte les contraintes. Les préférences, moins.

4. Suivez votre dossier

Si vous n'avez pas de nouvelles après trois semaines, relancez poliment le rectorat par email ou téléphone. Parfois, les dossiers se perdent dans la masse. Une relance courtoise peut accélérer le traitement.

5. Ne refusez pas une proposition de la CAES sans réfléchir

Si la CAES vous propose une formation, prenez 24 heures pour vous renseigner sur cette formation avant de refuser. Consultez son site web, lisez les témoignages d'étudiants, regardez les débouchés. Vous pourriez être agréablement surpris.

Ce que nos données ne peuvent pas vous dire (mais que vous devez savoir)

Nous n'avons pas de données publiques précises sur le taux de succès de la CAES, car les académies ne publient pas systématiquement ces statistiques. Mais les témoignages convergent : la quasi-totalité des candidats qui saisissent la CAES reçoivent au moins une proposition. Elle ne correspond peut-être pas à 100 % à leur souhait initial, mais elle existe.

La CAES est un dernier filet de sécurité, et elle fonctionne.

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Partie 5 : Les 10 erreurs qui ont mené ici — et comment ne jamais les répéter

Si vous lisez cette section, c'est probablement parce que vous voulez comprendre ce qui s'est passé. Pas pour vous flageller. Pas pour ressasser. Mais pour apprendre, pour ne plus jamais revivre cette situation, et pour conseiller d'autres personnes autour de vous.

Cette partie n'est pas un jugement. C'est une autopsie factuelle basée sur des milliers de dossiers analysés, des témoignages de professeurs principaux, de conseillers d'orientation, et sur nos six années de données Parcoursup.

Si vous devez recandidater l'année prochaine, ou si vous avez des frères, sœurs, amis qui vont passer par Parcoursup, ces erreurs sont à éviter absolument.

Erreur n°1 : N'avoir postulé qu'à des formations très sélectives (sans aucun filet de sécurité)

Le piège : Vous avez formulé 10 vœux. Mais ces 10 vœux sont tous dans des formations avec un taux d'accès inférieur à 30 % : CPGE, double-licences, BUT très demandés, écoles d'ingénieurs post-bac, PASS dans les grandes villes. Aucune licence classique. Aucun BTS. Aucune formation de sécurité.

Pourquoi c'est catastrophique : Vous avez misé sur 10 coups de poker simultanés. Même avec un excellent dossier, dans une formation à 20 % de taux d'accès, vous avez statistiquement 80 % de chances de refus. Multipliez cela par 10, et vous comprenez pourquoi vous êtes ici.

Ce qu'il fallait faire : La règle d'or, validée par toutes les analyses statistiques, est la règle du 5-3-2 :

  • 5 vœux ambitieux (formations sélectives où vous avez une chance, mais pas une garantie)
  • 3 vœux réalistes (formations où votre profil correspond bien aux attendus)
  • 2 vœux de sécurité (formations avec un taux d'accès supérieur à 60-70 %)

Les formations de sécurité ne sont pas des "poubelles". Ce sont des formations où vous SAVEZ que vous serez accepté, et qui peuvent vous mener exactement où vous voulez aller, par un chemin différent.

Comment corriger si vous recandidatez : Utilisez notre explorateur pour identifier, dans votre domaine, des formations avec des taux d'accès élevés. Regardez leurs débouchés, leurs taux de réussite, leurs possibilités de poursuite d'études. Vous découvrirez que beaucoup de formations peu sélectives sont d'excellente qualité.

Erreur n°2 : N'avoir pas diversifié géographiquement (le syndrome "Paris/grande ville uniquement")

Le piège : Vous voulez étudier à Paris. Ou à Lyon. Ou à Bordeaux. Ou à Toulouse. Uniquement. Vous n'avez postulé que dans ces villes. Résultat : vous vous êtes retrouvé en compétition avec des milliers d'autres candidats qui ont eu exactement la même idée.

Pourquoi c'est catastrophique : Les grandes métropoles concentrent une concurrence artificielle. Une licence de droit à Paris 1 a un taux d'accès de 10 %. La même licence, exactement le même diplôme, à l'université de Poitiers ou du Mans, a un taux d'accès de 70 %. Même qualité. Même diplôme national. Différence : la localisation.

Ce qu'il fallait faire : Inclure dans votre liste au moins 3 à 4 formations situées dans des villes moyennes ou des académies moins peuplées. Les résidences universitaires, le CROUS, les bourses à la mobilité existent précisément pour permettre aux étudiants de se déplacer.

Données factuelles : Nos analyses montrent que les académies de Besançon, Limoges, Reims, Clermont-Ferrand, Amiens, Caen, Orléans-Tours, Poitiers affichent systématiquement des taux d'accès plus élevés dans pratiquement tous les domaines. Ce n'est pas parce que les formations sont de moindre qualité. C'est parce qu'il y a moins de candidats pour le même nombre de places.

Comment corriger : Si vous recandidatez, ouvrez la carte de France. Cherchez des formations qui vous intéressent dans des régions que vous ne connaissiez pas. Vivre ailleurs est une aventure, pas une punition.

Erreur n°3 : Avoir copié-collé la même lettre de motivation partout

Le piège : Vous avez écrit une lettre de motivation générique du type "Je suis motivé, j'ai toujours rêvé de cette formation, je suis passionné." Vous l'avez envoyée à 10 formations différentes en changeant juste le nom de l'établissement. Parfois, vous avez même oublié de changer le nom.

Pourquoi c'est catastrophique : Les commissions d'examen des vœux lisent des centaines, parfois des milliers de lettres. Elles repèrent un copier-coller en 10 secondes. Une lettre générique ne vous distingue pas — elle vous rend invisible. Pire, une lettre avec le mauvais nom d'établissement vous classe automatiquement dans les dossiers refusés.

Ce qu'il fallait faire : Chaque formation a ses spécificités. Un BUT informatique à Lens n'a pas le même projet pédagogique qu'un BUT informatique à Nice. Une prépa MPSI à Lyon n'a pas la même culture qu'une prépa MPSI à Rennes.

Votre lettre devait mentionner :

  • Un élément précis du programme de cette formation (un cours, un module, un stage, un partenariat international)
  • Pourquoi vous, avec votre parcours et votre projet, vous correspondez aux attendus spécifiques de cette formation
  • Ce que vous comptez faire pendant et après cette formation

Comment corriger : Si vous recandidatez, préparez une structure de lettre modulable, mais TOUJOURS avec un paragraphe entier personnalisé pour chaque formation. Faites des recherches. Consultez le site web de l'établissement. Montrez que vous savez où vous candidatez.

Erreur n°4 : Avoir ignoré les sous-vœux (et laissé des candidatures sur la table)

Le piège : Vous ne compreniez pas le système des sous-vœux. Vous avez formulé 3 vœux en BUT, mais sans remplir tous les sous-vœux possibles. Vous avez perdu des opportunités gratuites.

Pourquoi c'est dommageable : Pour certaines formations regroupées (BTS, BUT, certains IFSI), un vœu peut contenir jusqu'à 10 ou 20 sous-vœux correspondant à différents établissements. Ces sous-vœux ne comptent que comme UN SEUL vœu dans votre quota. C'est un levier multiplicateur gratuit que vous n'avez pas utilisé.

Ce qu'il fallait faire : Pour chaque vœu en formation regroupée, remplir le maximum de sous-vœux possibles, en diversifiant géographiquement. Cela multiplie vos chances sans consommer de vœux supplémentaires.

Comment corriger : Si vous recandidatez, explorez systématiquement le système des sous-vœux. Pour chaque formation qui vous intéresse, demandez-vous : "Combien de sous-vœux puis-je formuler ?" Et remplissez-les tous.

Erreur n°5 : Avoir ignoré l'apprentissage (et perdu 10 vœux gratuits)

Le piège : Vous n'avez jamais considéré l'apprentissage comme une option. Vous pensiez que c'était "pour les filières manuelles" ou "pour ceux qui ne peuvent pas suivre à l'université." Vous êtes passé à côté de 10 vœux supplémentaires qui ne comptent pas dans votre quota de 10 vœux classiques.

Pourquoi c'est une erreur majeure : Les formations en apprentissage sont présentes dans TOUS les domaines : informatique, commerce, industrie, santé, ingénierie, communication, droit, comptabilité. Elles délivrent exactement le même diplôme que la voie classique. Et elles offrent des avantages considérables :

  • Vous êtes rémunéré pendant vos études
  • Vous acquérez une expérience professionnelle concrète valorisée à vie
  • Les taux d'insertion professionnelle sont parmi les plus élevés
  • Vous ne comptez PAS dans le quota des 10 vœux classiques — vous pouvez formuler 10 vœux supplémentaires en apprentissage

Ce qu'il fallait faire : Explorer systématiquement les formations en apprentissage dans votre domaine. Même si vous n'êtes pas sûr de vouloir faire de l'apprentissage, formuler ces vœux ne coûte rien et vous donne des options.

Comment corriger : Si vous recandidatez, cherchez les formations en apprentissage sur Parcoursup en filtrant par "formation en apprentissage." Candidatez massivement. Vous pourrez toujours refuser si vous avez mieux ailleurs.

Erreur n°6 : Ne pas avoir lu (vraiment lu) les attendus de chaque formation

Le piège : Vous avez candidaté en STAPS parce que "vous aimez le sport." Mais vous n'avez jamais lu les attendus nationaux qui précisent qu'il faut "des compétences scientifiques solides" et "une capacité à analyser le mouvement humain de manière biomécanique." Vous avez 9 de moyenne en physique et en SVT. Votre dossier ne correspondait pas.

Pourquoi c'est dommageable : Chaque formation publie ses attendus — nationaux et parfois locaux. Ces attendus décrivent le profil recherché : compétences académiques, qualités personnelles, prérequis. Si votre profil ne correspond pas aux attendus, vous avez très peu de chances d'être accepté, quel que soit votre niveau de motivation.

Ce qu'il fallait faire : Lire intégralement la fiche de CHAQUE formation avant de candidater. Comparer vos notes, vos compétences, vos expériences avec les attendus. Si vous ne correspondez pas, ne gaspillez pas un vœu sur cette formation — utilisez-le ailleurs.

Comment corriger : Si vous recandidatez, créez un tableau avec vos formations dans une colonne et les attendus principaux dans l'autre. Faites une auto-évaluation honnête : est-ce que vous correspondez ? Si la réponse est non, trouvez une autre formation.

Erreur n°7 : Avoir choisi uniquement sur le prestige perçu, sans regarder les données

Le piège : Vous vouliez "une grande école" ou "une université prestigieuse" parce que ça sonne bien. Vous n'avez jamais regardé les taux de réussite en première année, les taux d'insertion professionnelle, les témoignages d'étudiants. Vous avez choisi sur la réputation, pas sur l'adéquation.

Pourquoi c'est risqué : Le prestige d'une formation et sa pertinence pour votre profil sont deux choses différentes. Certaines formations très prestigieuses ont des taux d'échec en première année supérieurs à 50 %. D'autres formations moins connues affichent 80 % de réussite et d'excellents débouchés.

Ce qu'il fallait faire : Pour chaque formation, regarder :

  • Le taux d'accès (ai-je une chance réaliste ?)
  • Le taux de réussite en première année (vais-je réussir si je suis admis ?)
  • Le taux d'insertion professionnelle ou de poursuite d'études (cette formation mène-t-elle quelque part ?)
  • Les témoignages d'étudiants (est-ce que l'ambiance, la pédagogie, l'encadrement me conviennent ?)

Comment corriger : Utilisez notre explorateur pour comparer ces indicateurs objectifs sur six ans. Vous découvrirez des formations excellentes dont vous n'aviez jamais entendu parler.

Erreur n°8 : Avoir raté une deadline ou confirmé les vœux trop tard

Le piège : Vous avez formulé vos vœux, mais vous avez oublié de les confirmer avant la date limite. Ou vous avez oublié de téléverser un document obligatoire. Résultat : vos vœux ont été annulés automatiquement.

Pourquoi c'est irréversible : Après la date limite de confirmation des vœux (généralement début avril), aucun recours n'est possible. Un vœu non confirmé est un vœu perdu. Même si vous avez passé des heures sur votre lettre de motivation, même si votre dossier est excellent.

Ce qu'il fallait faire : Respecter scrupuleusement le calendrier Parcoursup. Mettre des alarmes dans votre téléphone une semaine avant chaque deadline. Vérifier trois fois que tous vos vœux sont confirmés, que toutes les pièces sont téléversées, que votre dossier est complet.

Comment corriger : Si vous recandidatez, créez un calendrier Parcoursup avec TOUTES les dates importantes. Demandez à un parent ou un ami de vous relancer systématiquement avant chaque deadline.

Erreur n°9 : Ne pas avoir rempli (sérieusement) la rubrique "Activités et centres d'intérêt"

Le piège : Vous avez laissé cette rubrique vide, ou vous avez mis "sport, lecture, cinéma" sans aucun détail. Vous pensiez que seules les notes comptaient.

Pourquoi c'est dommageable : Dans les formations sélectives, où des centaines de candidats ont des notes similaires, la rubrique "Activités et centres d'intérêt" est souvent le facteur discriminant. Elle montre qui vous êtes au-delà des notes : votre engagement, vos passions, votre personnalité.

Ce qu'il fallait faire : Remplir cette rubrique avec des éléments concrets et différenciants :

  • Engagements associatifs (bénévolat, vie lycéenne, associations extérieures)
  • Activités sportives ou culturelles pratiquées sérieusement (avec niveau, compétitions, certifications)
  • Expériences professionnelles (stages, jobs étudiants, projets personnels)
  • Projets personnels (blog, chaîne YouTube, programmation, création artistique)

Comment corriger : Si vous recandidatez, utilisez l'année à venir pour CRÉER du contenu pour cette rubrique. Faites un stage, lancez un projet, engagez-vous dans une association. Et décrivez tout cela de manière précise et valorisante.

Erreur n°10 : Avoir abandonné des vœux en attente prématurément (par panique ou découragement)

Le piège : Vous étiez en position 450 sur une liste d'attente. Vous avez paniqué. Vous vous êtes dit "jamais ça ne bougera jusqu'à moi." Vous avez renoncé au vœu. Deux semaines plus tard, vous avez appris que la liste avait avancé jusqu'à la position 600.

Pourquoi c'est tragique : Les listes d'attente bougent. Parfois lentement, parfois brutalement. Renoncer à un vœu en attente, c'est refermer vous-même une porte qui était encore ouverte. C'est un acte irréversible fait sous le coup de l'émotion.

Ce qu'il fallait faire : Ne JAMAIS renoncer à un vœu en attente tant que la phase principale est en cours, sauf si vous avez déjà accepté une proposition qui vous satisfait pleinement et qui est objectivement meilleure.

Comment corriger : Si vous vous retrouvez à nouveau en liste d'attente l'année prochaine, promettez-vous de ne toucher à RIEN tant que la phase n'est pas officiellement terminée. Suivez votre position, gardez espoir, mais ne renoncez pas.

Transformer ces erreurs en leçons

Si vous avez commis une ou plusieurs de ces erreurs, vous n'êtes pas stupide. Vous êtes humain. Parcoursup est un système complexe, contre-intuitif, et stressant. Beaucoup de candidats, même brillants, font ces erreurs.

Mais maintenant, vous savez. Si vous devez recandidater l'année prochaine, vous ne les referez pas. Et vous conseillerez vos proches pour qu'ils ne les fassent pas non plus.

Les erreurs ne définissent pas votre avenir. Ce que vous en faites, oui.

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Partie 6 : Les alternatives hors Parcoursup — d'autres portes s'ouvrent

Parcoursup n'est pas l'unique portail vers l'enseignement supérieur. Loin de là. Des milliers de formations, certaines excellentes, recrutent en dehors de la plateforme. Si Parcoursup a fermé ses portes, d'autres restent ouvertes.

Voici les principales alternatives, avec leurs avantages, leurs pièges, et comment les évaluer.

Les écoles privées hors Parcoursup

Ce que c'est : De nombreuses écoles privées — en commerce, en communication, en art, en informatique, en design, en audiovisuel, en tourisme, en paramédical — recrutent directement via leur propre processus de sélection. Certaines acceptent des candidatures jusqu'en septembre.

Les domaines concernés :

  • Écoles de commerce post-bac (certaines, pas toutes)
  • Écoles de communication et de journalisme
  • Écoles d'art et de design
  • Écoles d'informatique et de numérique (Epitech, 42, Web@cadémie, etc.)
  • Écoles de cuisine et d'hôtellerie
  • Écoles de mode
  • Écoles de cinéma et d'audiovisuel
  • Certaines écoles paramédicales privées (ostéopathie, etc.)

Comment candidater : Directement sur le site web de l'école. Chaque école a son propre calendrier, ses propres critères, ses propres épreuves (concours, entretien, dossier, tests).

LES PIÈGES À ÉVITER ABSOLUMENT :

  1. Vérifier la reconnaissance de l'école et du diplôme : Toutes les écoles privées ne se valent pas. Certaines sont reconnues par l'État, d'autres non. Certaines délivrent des diplômes inscrits au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), d'autres non.

Comment vérifier :

  • Consultez le site du ministère de l'Enseignement supérieur : l'école est-elle reconnue ?
  • Consultez le RNCP : le diplôme est-il inscrit ? À quel niveau (bac+2, bac+3, bac+5) ?
  • Vérifiez si l'école dispose du visa de l'État ou du grade (licence, master)
  • Méfiez-vous des écoles qui ne publient aucune information claire sur la reconnaissance de leurs diplômes
  1. Évaluer le coût réel : Les écoles privées sont payantes. Les frais de scolarité varient de 3 000 € à 10 000 € par an (voire plus pour certaines écoles de commerce ou d'art). Assurez-vous de connaître le coût TOTAL de la formation (frais d'inscription + frais de scolarité annuels + frais annexes).

Important : Certaines écoles proposent des bourses internes ou des facilités de paiement. Renseignez-vous. Ne renoncez pas automatiquement à une école privée parce que vous pensez ne pas pouvoir payer — explorez d'abord toutes les options de financement.

  1. Vérifier les débouchés : Une école privée coûteuse qui ne débouche sur rien est une arnaque. Demandez :
  • Le taux d'insertion professionnelle des diplômés (à 6 mois, à 1 an)
  • Le type d'emplois occupés par les anciens élèves
  • Les partenariats avec des entreprises
  • Les stages intégrés à la formation

Les écoles privées qui valent le coup :

Certaines écoles privées hors Parcoursup sont d'excellente qualité et reconnues par les professionnels :

  • L'école 42 (informatique, gratuite, pédagogie par projet)
  • Epitech (informatique, payante, excellente insertion)
  • Les écoles Condé (design, arts appliqués)
  • Certaines écoles de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI)
  • Les écoles du réseau Médicis (paramédical)

Faites vos recherches. Consultez les avis d'anciens élèves. Visitez l'école si possible. N'hésitez pas à demander un entretien avec la direction pour poser vos questions.

Étudier à l'étranger

Ce que c'est : Partir étudier dans un autre pays, souvent dans une langue étrangère (ou en français dans certains pays francophones).

Les destinations populaires pour les Français :

Belgique : La destination numéro 1 pour les étudiants français. Pourquoi ? Langue française, proximité géographique, formations accessibles (notamment en santé — kinésithérapie, médecine vétérinaire — plus faciles qu'en France). Mais attention : depuis quelques années, certaines formations ont instauré des quotas ou des examens d'entrée pour limiter l'afflux d'étudiants français.

Suisse : Universités de qualité, certaines formations en français (Genève, Lausanne, Fribourg). Coût de la vie élevé, mais frais de scolarité souvent raisonnables dans les universités publiques.

Canada (Québec) : Système francophone, formations reconnues, expérience internationale valorisée. Coûts : les frais de scolarité pour les étudiants internationaux sont plus élevés qu'en France (environ 15 000 à 20 000 $ canadiens par an), mais des bourses existent. Délai : les candidatures se font souvent avant mars — mais certaines universités acceptent des candidatures tardives.

Espagne, Portugal, Italie : Coût de la vie souvent plus bas qu'en France. Formations en anglais ou dans la langue locale. Reconnaissance des diplômes parfois complexe (vérifiez les équivalences).

Royaume-Uni : Après le Brexit, les frais de scolarité pour les étudiants européens ont considérablement augmenté (environ 10 000 à 30 000 £ par an). À considérer uniquement si vous avez un financement solide ou une bourse.

Avantages d'étudier à l'étranger :

  • Expérience internationale très valorisée sur un CV
  • Amélioration des compétences linguistiques
  • Découverte d'une autre culture, d'une autre pédagogie
  • Développement de l'autonomie et de la maturité
  • Si vous recandidatez à Parcoursup l'année suivante, cette expérience enrichit considérablement votre dossier

Inconvénients et défis :

  • Coûts (scolarité + logement + vie quotidienne)
  • Distance avec la famille et les amis
  • Adaptation culturelle et linguistique
  • Reconnaissance des diplômes étrangers en France (à vérifier avant de partir)

Comment candidater : Chaque pays, chaque université a son propre système. Renseignez-vous sur les sites des universités qui vous intéressent. Certains pays ont des plateformes centralisées (comme UCAS au Royaume-Uni). D'autres fonctionnent par candidatures directes.

Conseil : Contactez les services des relations internationales des universités françaises près de chez vous. Ils peuvent vous conseiller sur les démarches pour étudier à l'étranger.

Le service civique

Ce que c'est : Une mission d'intérêt général de 6 à 12 mois, ouverte aux jeunes de 16 à 25 ans (jusqu'à 30 ans pour les personnes en situation de handicap). Vous vous engagez auprès d'une association, d'une collectivité territoriale, ou d'une organisation publique pour mener des missions dans des domaines variés : éducation, environnement, culture, santé, solidarité, sport, etc.

Rémunération : Environ 600 € net par mois (indemnité de l'État + indemnité de la structure d'accueil). Ce n'est pas un salaire — c'est une indemnité. Mais c'est suffisant pour vivre modestement, surtout si vous êtes logé chez vos parents ou si la structure propose un hébergement.

Avantages du service civique :

  • Vous acquérez une expérience concrète, valorisable dans votre parcours
  • Vous découvrez un secteur professionnel, un métier, un domaine d'engagement
  • Vous rencontrez des gens, développez un réseau
  • Vous gagnez en maturité, en confiance, en compétences relationnelles
  • Si vous recandidatez à Parcoursup l'année suivante, le service civique est perçu très positivement par les formations (engagement citoyen, maturité, expérience de terrain)

Comment trouver une mission : Sur le site officiel service-civique.gouv.fr. Des milliers de missions sont publiées chaque année dans toute la France et parfois à l'international.

Le service civique n'est PAS une perte de temps. C'est une année de construction personnelle et professionnelle. De nombreux jeunes qui ont fait un service civique témoignent que cela a été une expérience déterminante, qu'ils ont trouvé leur voie grâce à cette mission, ou qu'ils ont développé des compétences qu'aucune formation académique ne leur aurait apportées.

L'apprentissage en accès direct (sans Parcoursup)

Ce que c'est : Certaines formations en apprentissage ne passent pas par Parcoursup. Elles recrutent directement : vous trouvez d'abord une entreprise qui accepte de vous prendre en contrat d'apprentissage, puis vous vous inscrivez au CFA (Centre de Formation d'Apprentis).

Domaines concernés : Tous les secteurs, mais particulièrement :

  • Artisanat (boulangerie, coiffure, mécanique, etc.)
  • Industrie (maintenance, électrotechnique, chaudronnerie, etc.)
  • Commerce et vente
  • Informatique et numérique
  • Bâtiment et travaux publics

Avantages :

  • Vous êtes rémunéré (entre 27 % et 100 % du SMIC selon votre âge et votre niveau)
  • Vous obtenez un diplôme reconnu (CAP, bac pro, BTS, licence pro, etc.)
  • Vous avez une expérience professionnelle concrète dès la sortie
  • Taux d'insertion professionnelle très élevé

Comment faire :

  1. Cherchez une entreprise (via les plateformes comme La Bonne Alternance, Pôle Emploi, Indeed, ou directement en démarchant les entreprises)
  2. Signez un contrat d'apprentissage avec l'entreprise
  3. Inscrivez-vous au CFA correspondant à votre formation

Le défi : Trouver l'entreprise. C'est vous qui devez chercher, postuler, convaincre. Mais de nombreux CFA vous accompagnent dans cette recherche. Et certaines branches professionnelles organisent des forums de recrutement spécifiques pour l'apprentissage.

L'année de césure structurée

Ce que c'est : Une année entre le bac et l'enseignement supérieur, pendant laquelle vous ne faites PAS rien. Vous construisez un projet : voyage, bénévolat, apprentissage d'une langue, stage, projet personnel, préparation d'un concours, etc.

Attention : Une "année sabbatique" où vous restez chez vous sans rien faire ne sera jamais bien perçue. En revanche, une année de césure structurée, avec un projet clair et des réalisations concrètes, peut devenir un atout majeur.

Exemples de projets de césure valorisés :

  • Partir six mois dans un pays anglophone pour perfectionner votre anglais (avec certification à la clé : TOEFL, IELTS, Cambridge)
  • Faire du bénévolat international (via des associations comme Projects Abroad, Service Volontaire Européen, etc.)
  • Travailler pour économiser en vue de financer vos études
  • Suivre des MOOC ou des formations en ligne dans un domaine qui vous passionne
  • Lancer un projet entrepreneurial ou créatif
  • Préparer un concours (Sciences Po, écoles de journalisme, etc.)

Comment valoriser cette année dans votre dossier Parcoursup l'année suivante :

  • Expliquez clairement votre projet dans votre lettre de motivation
  • Montrez ce que vous avez appris, développé, accompli
  • Démontrez que cette année vous a permis de mûrir votre projet d'orientation
  • Apportez des preuves (certificat de langue, attestation de bénévolat, portfolio de projets, etc.)

Une année de césure bien construite peut transformer un dossier moyen en dossier excellent. Elle montre de la maturité, de l'initiative, de la capacité à mener un projet à terme.

La formation continue / les cours du soir (CNAM et autres)

Ce que c'est : Le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) et d'autres organismes proposent des formations diplômantes ouvertes à tous, souvent en cours du soir ou à distance, permettant de suivre un cursus tout en travaillant.

Avantages :

  • Accessible sans sélection dans beaucoup de cas
  • Rythme flexible (cours du soir, week-end, à distance)
  • Diplômes reconnus par l'État (licence, master, diplôme d'ingénieur)
  • Vous pouvez travailler en parallèle

Inconvénients :

  • Demande beaucoup d'autonomie et de discipline
  • Parcours plus long (souvent 3 à 4 ans pour un diplôme qui se fait normalement en 2-3 ans)
  • Moins de vie étudiante "classique"

Pour qui : Les personnes très autonomes, qui ont besoin de financer leurs études en travaillant, ou qui veulent tester un domaine avant de s'y engager à plein temps.

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Partie 7 : La réorientation — quand Parcoursup round 2 est la bonne réponse

Peut-être qu'après avoir lu toutes les options précédentes, vous vous dites : "Aucune de ces solutions ne me convient. Je veux vraiment la formation que je visais. Je suis prêt à attendre un an et à recandidater sur Parcoursup."

C'est un choix parfaitement légitime. Et si vous le faites intelligemment, vos chances de succès l'année prochaine seront bien meilleures qu'elles ne l'étaient cette année.

Qui est concerné par la réorientation ?

Plusieurs profils :

  • Vous n'avez eu aucune proposition cette année et vous décidez de prendre une année pour renforcer votre dossier
  • Vous avez accepté une formation par défaut mais vous voulez retenter votre chance l'année prochaine
  • Vous êtes déjà en première année d'une formation qui ne vous convient pas et vous voulez changer de voie

Un chiffre à connaître : Environ 1 étudiant sur 4 se réoriente pendant ou après sa première année. Vous n'êtes pas un cas isolé. La réorientation est normale, fréquente, et parfaitement acceptée par le système.

Comment se réinscrire sur Parcoursup en réorientation

La procédure est quasi identique à celle des néo-bacheliers :

  1. Créez (ou réactivez) votre compte Parcoursup en janvier
  2. Renseignez votre parcours post-bac (formations suivies, résultats obtenus)
  3. Formulez vos vœux (10 vœux + 10 en apprentissage, comme tout le monde)
  4. Rédigez vos lettres de motivation
  5. Obtenez la "fiche de suivi" de votre établissement actuel (si vous êtes actuellement en formation)

La fiche de suivi : C'est un document spécifique aux candidats en réorientation, rempli par votre établissement actuel. Elle comporte un bilan de votre parcours et un avis pédagogique. Même si cet avis est réservé, ce n'est pas éliminatoire — c'est un élément parmi d'autres dans votre dossier.

Les critères d'évaluation : votre dossier de lycée compte toujours

Information capitale que beaucoup de candidats ignorent : Les formations évaluent votre dossier selon les mêmes critères que les néo-bacheliers. Vos notes du baccalauréat, vos bulletins de Première et Terminale restent des éléments centraux.

Ce que cela signifie :

  • Si vous aviez un bon dossier au lycée, il conserve toute sa valeur
  • Vos résultats post-bac (première année universitaire, BTS, etc.) viennent EN COMPLÉMENT, pas en remplacement
  • Vous n'êtes pas pénalisé par votre statut de candidat en réorientation — vous êtes simplement évalué comme les autres

Certaines formations apprécient même la maturité des candidats en réorientation. Vous avez une expérience du supérieur, vous savez ce que c'est que de travailler en autonomie, vous avez réfléchi à votre projet. C'est un atout.

Comment valoriser votre parcours dans votre lettre de motivation

La lettre de motivation en réorientation est cruciale. Elle doit répondre à la question que toute commission se pose : "Pourquoi ce candidat veut-il changer de voie ? Et pourquoi maintenant ?"

Structure recommandée :

Paragraphe 1 : Expliquez honnêtement votre parcours initial "Après mon baccalauréat, j'ai intégré [formation X] parce que [raison honnête : attirance pour le domaine, conseil d'un proche, image du métier, etc.]. Cette première année m'a permis de [ce que vous avez appris, les compétences acquises]."

Paragraphe 2 : Expliquez pourquoi cette formation ne vous convenait pas (sans dénigrer) "Cependant, au fil des mois, j'ai réalisé que [raison factuelle : les cours magistraux trop théoriques ne correspondaient pas à mon besoin d'apprentissage pratique / le rythme très scolaire du BTS ne me convenait pas alors que je cherche plus d'autonomie / la dimension scientifique du PASS ne correspondait pas à mon profil littéraire, etc.]. Cette expérience m'a permis de mieux comprendre mes besoins et mes attentes."

Paragraphe 3 : Expliquez ce que vous avez découvert sur vous-même "Grâce à cette année, j'ai découvert que [compétence, intérêt, valeur]. Par exemple, [exemple concret : un projet qui vous a passionné, un cours qui vous a fait déclic, une rencontre, une expérience extérieure]. C'est ce qui m'a conduit à m'intéresser à [nouveau domaine]."

Paragraphe 4 : Expliquez pourquoi CETTE formation est la bonne "Votre formation [nom] correspond précisément à ce que je recherche parce que [éléments concrets et personnalisés]. En analysant [référence au programme, à un projet pédagogique, à un partenariat], j'ai compris que [lien entre la formation et votre projet]."

Paragraphe 5 : Montrez ce que votre expérience antérieure vous apporte "Mon expérience en [formation précédente] ne sera pas perdue. J'ai développé [compétences transférables : méthodologie de travail, capacité à gérer mon temps, compétences techniques, etc.] qui me seront utiles dans votre formation. Je suis plus mature, plus conscient de mes choix, et plus motivé que je ne l'étais il y a un an."

Ton à adopter : Honnête, réfléchi, constructif. Jamais négatif ("ma formation était nulle"), jamais victimaire ("je me suis trompé et c'est horrible"), jamais flou ("je ne savais pas ce que je voulais"). Toujours dans une dynamique d'apprentissage : "j'ai essayé, j'ai appris sur moi-même, j'ai ajusté mon projet, je suis maintenant plus clair."

Cas particulier : réorientation après échec en PASS/LAS

La situation : Vous avez tenté médecine, dentaire, pharmacie ou kiné via le PASS ou la LAS. Vous n'avez pas été admis. Vous devez obligatoirement vous réorienter (pas de redoublement possible).

Vos options :

  1. L.AS dans une autre discipline : Vous pouvez retenter l'accès santé via une Licence Accès Santé (L.AS) dans une autre discipline (biologie, droit, psychologie, etc.). Cela vous donne une seconde chance tout en sécurisant un parcours universitaire.
  2. Licence classique dans un domaine connexe : Biologie, chimie, physique, sciences de la vie — avec possibilité de poursuivre vers des métiers de la santé autrement (recherche, industrie pharmaceutique, biomédical, etc.)
  3. Réorientation complète : Vous abandonnez le projet santé et vous partez sur un tout autre domaine.

Comment valoriser un échec en PASS/LAS : "Ma première année en PASS m'a permis de développer des compétences scientifiques solides, une capacité de travail intense, et une méthodologie rigoureuse. Bien que je n'aie pas été admis en [médecine/dentaire/etc.], cette expérience m'a confirmé mon intérêt pour [domaine connexe]. Je souhaite désormais m'orienter vers [nouvelle formation] qui correspond mieux à [mon profil / mes aspirations / mes compétences]."

Ne vous sentez jamais obligé de mentir ou de cacher votre échec. Les commissions savent que le PASS est ultra-sélectif. L'échec n'est pas une honte. Ce qui compte, c'est comment vous rebondissez.

Utiliser l'année à venir pour renforcer votre dossier

Si vous décidez de prendre une année (année de césure, service civique, formation courte, travail) avant de recandidater, voici comment en tirer profit :

1. Améliorez vos compétences académiques

  • Suivez des MOOC dans votre domaine (Coursera, edX, FUN-MOOC)
  • Lisez des ouvrages de référence
  • Obtenez des certifications (langues, informatique, etc.)

2. Acquérez de l'expérience

  • Faites des stages (même courts, même non rémunérés si nécessaire)
  • Engagez-vous dans une association
  • Lancez un projet personnel (blog, chaîne YouTube, création d'entreprise, projet artistique)
  • Travaillez dans un domaine lié à votre projet

3. Affinez votre projet

  • Rencontrez des professionnels du domaine qui vous intéresse
  • Assistez à des salons, des conférences, des journées portes ouvertes
  • Documentez-vous sur les métiers, les formations, les débouchés

4. Préparez votre dossier Parcoursup de l'année prochaine

  • Rédigez une lettre de motivation type que vous personnaliserez
  • Listez toutes vos expériences et réalisations de l'année
  • Demandez des lettres de recommandation à des personnes qui vous ont encadré

Une année bien utilisée peut transformer un dossier refusé en dossier accepté. Les formations apprécient les candidats qui montrent une progression, une capacité à rebondir, et une maturité accrue.

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Partie 8 : Le plan d'action personnalisé selon votre situation temporelle

Vous avez maintenant toutes les informations. Mais selon le moment où vous lisez ce guide, vos priorités et vos actions immédiates ne sont pas les mêmes. Voici quatre plans d'action personnalisés.

Si vous lisez ceci en juin (résultats de la phase principale viennent de tomber)

Votre situation : Les résultats sont récents. Vous êtes sous le choc. La phase complémentaire n'a pas encore ouvert (ou vient tout juste d'ouvrir).

Vos priorités (dans cet ordre) :

Jour 1-2 :

  1. Respirez. Prenez du recul. Gérez l'émotion.
  2. Faites le point précis sur vos résultats (créez votre tableau de suivi)
  3. Si vous avez un "Oui" ou "Oui si", acceptez-le provisoirement
  4. Maintenez TOUS vos vœux en attente qui vous intéressent
  5. Informez votre entourage (parents, professeur principal, conseiller d'orientation)

Jour 3-7 :

  1. Suivez quotidiennement l'évolution de vos listes d'attente
  2. Préparez votre stratégie pour la phase complémentaire : listez 15-20 formations qui pourraient vous intéresser
  3. Rédigez une lettre de motivation modulable pour la phase complémentaire
  4. Rassemblez tous vos documents (bulletins, CV, etc.) pour candidater rapidement dès l'ouverture

Semaines suivantes :

  1. Dès l'ouverture de la phase complémentaire (vers le 11 juin), connectez-vous immédiatement
  2. Candidatez aux formations qui vous intéressent dès qu'elles apparaissent
  3. Continuez à suivre vos listes d'attente en parallèle — ne renoncez à rien
  4. Si vous n'avez toujours rien mi-juillet, préparez votre saisine de la CAES

Timeline : Vous avez tout l'été devant vous. Les listes d'attente bougent jusqu'en septembre. La phase complémentaire tourne jusqu'en septembre. Ne paniquez pas. Agissez méthodiquement.

Si vous lisez ceci en juillet (phase complémentaire active)

Votre situation : La phase principale est terminée ou en fin de course. La phase complémentaire bat son plein. Vous n'avez toujours pas de proposition satisfaisante.

Vos priorités :

Immédiatement :

  1. Connectez-vous à Parcoursup chaque jour, plusieurs fois par jour
  2. Consultez les formations qui publient des places disponibles
  3. Candidatez LARGEMENT — ne soyez pas trop sélectif à ce stade
  4. Élargissez vos critères géographiques au maximum

En parallèle :

  1. Si vous êtes éligible (aucune proposition du tout), saisissez la CAES dès maintenant
  2. Explorez les écoles privées hors Parcoursup qui acceptent encore des inscriptions
  3. Cherchez des formations en apprentissage en accès direct (contactez les CFA de votre région)
  4. Renseignez-vous sur le service civique (les missions les plus intéressantes partent vite — candidatez)

Préparez aussi le plan B :

  1. Si vraiment rien ne vient, commencez à construire un projet d'année de césure structurée
  2. Ou commencez à préparer votre dossier Parcoursup pour l'année prochaine

Timeline : Vous avez encore deux mois (juillet-août) avant la rentrée. C'est court, mais c'est suffisant. Restez actif, restez réactif.

Si vous lisez ceci en août-septembre (deadline approche)

Votre situation : La rentrée est dans quelques semaines ou quelques jours. Vous n'avez toujours rien. La pression est maximale.

Vos priorités (URGENTES) :

Immédiatement :

  1. Si vous ne l'avez pas encore fait, saisissez la CAES MAINTENANT
  2. Contactez directement par téléphone les formations qui ont encore des places en phase complémentaire — expliquez votre situation, montrez votre motivation
  3. Candidatez aux écoles privées qui acceptent des inscriptions tardives (certaines acceptent jusqu'à mi-septembre)
  4. Contactez Pôle Emploi ou la Mission Locale de votre ville — ils peuvent vous orienter vers des formations en alternance ou des dispositifs d'aide

En parallèle :

  1. Acceptez que vous ne commencerez peut-être pas d'études en septembre
  2. Construisez un projet pour cette année : service civique (il reste des missions), travail (pour économiser), césure structurée
  3. Préparez dès maintenant votre candidature Parcoursup pour janvier prochain

Conseil : À ce stade, ne refusez RIEN sans avoir une meilleure alternative concrète en main. Une formation imparfaite vaut mieux que pas de formation du tout.

Si vous lisez ceci en automne-hiver (préparez l'année prochaine)

Votre situation : Vous avez vécu un refus Parcoursup cette année. Vous avez pris une autre voie (formation par défaut, service civique, césure, travail) ou vous n'avez rien fait. Vous voulez recandidater sur Parcoursup en janvier prochain.

Vos priorités :

Octobre-novembre :

  1. Faites le bilan de ce qui n'a pas marché cette année (relisez la Partie 5 de ce guide)
  2. Identifiez vos erreurs stratégiques
  3. Utilisez notre explorateur de formations pour construire une nouvelle liste de vœux ÉQUILIBRÉE (règle 5-3-2)
  4. Commencez à rédiger vos lettres de motivation (vous avez le temps de les soigner)

Décembre-janvier :

  1. Créez votre dossier Parcoursup dès l'ouverture (mi-janvier généralement)
  2. Remplissez scrupuleusement la rubrique "Activités et centres d'intérêt" avec TOUT ce que vous avez fait cette année
  3. Formulez vos vœux en diversifiant au maximum (géographie, sélectivité, types de formations)
  4. Incluez des vœux en apprentissage (10 vœux gratuits supplémentaires)

Février-mars :

  1. Personnalisez chaque lettre de motivation (relisez nos conseils)
  2. Expliquez clairement et positivement votre parcours de l'année écoulée
  3. Confirmez tous vos vœux AVANT la deadline
  4. Vérifiez trois fois que votre dossier est complet

Timeline : Vous avez plusieurs mois pour préparer un dossier solide. Profitez-en. Cette fois, vous savez comment fonctionne le système. Vous avez une longueur d'avance.

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Partie 9 : Ressources et contacts utiles — vous n'êtes pas seul

Vous n'avez pas à traverser cette épreuve en solitaire. De nombreux organismes, services, et personnes existent pour vous accompagner. Voici une liste exhaustive.

Contacts officiels Parcoursup et orientation

Numéro vert Parcoursup : 0 800 400 070

  • Gratuit depuis un poste fixe
  • Ouvert du lundi au vendredi, horaires selon la période (vérifiez sur le site Parcoursup)
  • Peut répondre à vos questions techniques sur la plateforme, vous aider en cas de bug, vous orienter vers les bons interlocuteurs

Messagerie Parcoursup :

  • Accessible depuis votre dossier candidat
  • Pour les questions spécifiques à votre situation

Site ONISEP (Office National d'Information Sur les Enseignements et les Professions) : www.onisep.fr

  • Fiches métiers détaillées
  • Informations sur toutes les formations en France
  • Guides téléchargeables gratuits
  • Géolocalisation des formations

Mon orientation en ligne (service de l'ONISEP) : www.monorientationenligne.fr

  • Tchat, email, téléphone avec des conseillers d'orientation
  • Gratuit
  • Réponses personnalisées

Contacts dans votre établissement

Votre professeur principal

  • Premier interlocuteur en cas de difficulté sur Parcoursup
  • Connaît votre dossier scolaire
  • Peut intervenir auprès du rectorat si nécessaire

Le psychologue de l'Éducation nationale (PsyEN) / conseiller d'orientation

  • Présent dans votre lycée ou au CIO
  • Spécialiste de l'orientation
  • Peut vous recevoir gratuitement pour des entretiens personnalisés

Le proviseur / la proviseure

  • En cas de situation critique, peut saisir le rectorat en votre nom
  • Dispose d'un pouvoir de médiation

Centres d'Information et d'Orientation (CIO)

Qu'est-ce que c'est : Des centres publics, gratuits, présents dans chaque département, dédiés à l'orientation scolaire et professionnelle.

Ce qu'ils peuvent faire pour vous :

  • Entretiens individuels avec un conseiller d'orientation
  • Accès à de la documentation sur les formations et les métiers
  • Aide à la construction d'un projet d'orientation
  • Accompagnement dans les démarches Parcoursup

Comment trouver le CIO le plus proche : Recherchez "CIO + [votre ville]" sur internet, ou consultez le site de votre académie.

Services universitaires (si vous êtes déjà étudiant en réorientation)

SCUIO (Service Commun Universitaire d'Information et d'Orientation)

  • Présent dans chaque université
  • Gratuit pour les étudiants
  • Accompagnement à la réorientation
  • Ateliers, entretiens individuels

Services sociaux du CROUS

  • Aides financières en cas de difficultés
  • Accompagnement social

Aides financières

CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) : www.crous-ville.fr (selon votre ville)

  • Bourses sur critères sociaux (à demander via le Dossier Social Étudiant — DSE — entre janvier et mai)
  • Logements en résidence universitaire
  • Aides d'urgence ponctuelles (ASAP — Aide Spécifique Allocation Ponctuelle)

Aides à la mobilité :

  • Aide à la mobilité Parcoursup (500 €) pour les boursiers qui acceptent une formation éloignée de leur académie
  • Aide au mérite (900 € par an) pour les bacheliers mention Très Bien boursiers

Aides locales :

  • Certaines régions, départements, ou communes proposent des aides aux étudiants
  • Renseignez-vous auprès de votre mairie ou du conseil régional

Nos outils (gratuits et basés sur des données publiques)

Explorateur de formations

  • 14 134 formations analysées
  • Six années de données (2019-2024)
  • Filtres par taux d'accès, domaine, région, type de formation
  • Évolution historique des places, des admis, des taux de sélectivité

Calculateur de probabilités d'admission

  • Estimez vos chances d'admission dans une formation selon votre profil
  • Basé sur les données historiques des profils admis

Nos articles de conseil :

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FAQ — Les 12 questions les plus fréquentes

1. Je n'ai aucune réponse positive — est-ce vraiment la fin ?

Non. Absolument pas. Plus de 103 000 candidats se retrouvent chaque année dans cette situation lors de la publication des premiers résultats. La très grande majorité trouve une solution via les listes d'attente, la phase complémentaire, ou la CAES. Vous avez tout l'été devant vous. Suivez le plan d'action de ce guide, étape par étape.

2. Puis-je candidater en phase complémentaire si j'ai déjà un "Oui" ?

Oui. Vous pouvez formuler des vœux en phase complémentaire même si vous avez déjà accepté une proposition en phase principale. Si vous recevez une proposition en phase complémentaire qui vous convient mieux, vous pourrez abandonner votre premier "Oui" et accepter le nouveau.

3. La CAES peut-elle m'imposer une formation que je ne veux pas ?

Non. La CAES vous PROPOSE une affectation, mais vous restez libre de l'accepter ou de la refuser. Cependant, la proposition est faite en tenant compte de votre projet et de votre profil — il est dans votre intérêt de la considérer sérieusement avant de la décliner.

4. Combien de temps dure la phase complémentaire ?

La phase complémentaire ouvre généralement mi-juin et se prolonge jusqu'à mi-septembre. Vous pouvez formuler des vœux pendant toute cette période. Les formations publient de nouvelles places régulièrement, parfois jusqu'aux derniers jours.

5. Puis-je refaire Parcoursup l'année prochaine ?

Oui. Il n'existe aucune limite au nombre de fois où vous pouvez vous inscrire sur Parcoursup. Vous pouvez recandidater l'année prochaine avec un dossier enrichi par vos expériences de cette année (service civique, formation, stage, projet personnel, etc.).

6. Les formations privées hors Parcoursup sont-elles vraiment valables ?

Cela dépend. Certaines écoles privées sont excellentes, reconnues par l'État, et délivrent des diplômes inscrits au RNCP. D'autres sont des arnaques coûteuses qui ne mènent à rien. Vérifiez TOUJOURS la reconnaissance de l'école et du diplôme avant de vous inscrire (consultez le site du ministère de l'Enseignement supérieur et le RNCP).

7. L'année de césure est-elle mal vue par les formations ?

Non, si elle est structurée. Une année de césure avec un projet clair (voyage linguistique, service civique, bénévolat, stage, projet personnel) est perçue positivement. Elle montre de la maturité et de l'initiative. En revanche, une année "blanche" sans rien faire sera difficile à justifier.

8. Comment expliquer un échec Parcoursup dans ma lettre de motivation l'année prochaine ?

Avec honnêteté et construction. Expliquez ce qui s'est passé (sans vous victimiser), ce que vous avez appris sur vous-même, et ce que vous avez fait pendant l'année pour renforcer votre projet. Montrez une progression, pas une stagnation. Les formations apprécient les candidats qui savent rebondir.

9. Mes parents sont paniqués et me mettent la pression — comment les rassurer ?

Montrez-leur ce guide. Expliquez-leur calmement et factuellement les dispositifs qui existent (phase complémentaire, CAES, alternatives). Montrez-leur que vous avez un plan. Proposez-leur de vous accompagner à un rendez-vous avec votre professeur principal ou un conseiller d'orientation, qui pourra confirmer que des solutions existent. Vos parents paniquent parce qu'ils ne connaissent pas le système — l'information les rassurera.

10. Existe-t-il des formations qui recrutent encore en septembre ?

Oui. Certaines écoles privées, certains CFA en apprentissage, et certaines formations en phase complémentaire acceptent des inscriptions jusqu'en septembre, voire début octobre dans des cas exceptionnels. Mais plus vous attendez, plus le choix se réduit. Agissez dès que possible.

11. Le service civique compte-t-il vraiment comme une expérience sur Parcoursup ?

Oui, et c'est même très bien perçu. Le service civique est reconnu comme un engagement citoyen valorisant. Il enrichit votre rubrique "Activités et centres d'intérêt" et démontre votre maturité, votre capacité d'adaptation, et votre sens de l'engagement. Si vous recandidatez après un service civique, mentionnez-le clairement dans votre lettre de motivation.

12. Combien de candidats finissent vraiment sans rien ?

Les chiffres exacts varient d'une année à l'autre et ne sont pas toujours publiés de manière transparente. Mais toutes les analyses convergent vers le même constat : la très grande majorité des candidats finissent par trouver une formation. En septembre, le nombre de candidats réellement sans proposition est marginal (quelques milliers sur plusieurs centaines de milliers de candidats). Et même ces candidats ont souvent choisi de ne pas accepter les propositions qui leur avaient été faites (par la CAES ou en phase complémentaire), préférant attendre l'année suivante pour un projet plus aligné avec leurs attentes.

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Conclusion — Vous êtes plus fort que vous ne le pensez

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous avez lu près de 10 000 mots. C'est long. C'était parfois difficile. Peut-être que certaines parties vous ont fait mal, parce qu'elles résonnaient trop avec votre situation.

Mais vous avez lu. Vous avez cherché des solutions. Vous n'avez pas abandonné.

C'est déjà un signe de résilience.

Vous êtes en train de vivre l'un des moments les plus difficiles de votre parcours scolaire. Peut-être même de votre vie jusqu'à présent. Le refus Parcoursup touche à quelque chose de profond : votre projet, votre estime de vous-même, vos rêves, votre place dans le monde.

Mais voici ce que vous devez retenir, ce que vous devez ancrer au plus profond de vous :

Votre valeur ne se mesure pas à un résultat Parcoursup.

Vous n'êtes pas défini par un algorithme. Vous n'êtes pas défini par un taux d'accès. Vous n'êtes pas défini par une lettre de refus générée automatiquement.

Vous êtes une personne complexe, avec des talents, des faiblesses, des rêves, des peurs, des forces. Vous avez une histoire. Vous avez un avenir. Et cet avenir ne se résume pas à savoir si vous avez été accepté dans telle ou telle formation en juin 2026.

Parcoursup est une porte. Mais ce n'est pas LA porte.

Il existe des milliers de chemins vers la réussite. Certains passent par une CPGE, d'autres par un BTS, d'autres par une licence, d'autres par l'apprentissage, d'autres par une école privée, d'autres par une année à l'étranger, d'autres par un service civique, d'autres par un parcours hors normes.

Regardez autour de vous. Regardez les adultes que vous admirez. Combien d'entre eux ont eu un parcours parfaitement linéaire ? Combien d'entre eux ont connu des échecs, des détours, des réorientations ? Beaucoup. Peut-être même la majorité.

Les échecs, les rejets, les obstacles — tout cela fait partie de la vie. Ce n'est pas agréable. Ce n'est pas facile. Mais c'est formateur. Vous apprenez plus sur vous-même dans l'adversité que dans le succès facile.

Vous avez des solutions concrètes.

Ce guide vous a donné des outils :

  • La phase complémentaire, où des milliers de places se libèrent chaque année
  • La CAES, qui accompagne les candidats sans proposition
  • Les alternatives hors Parcoursup, nombreuses et variées
  • La réorientation, qui est une option parfaitement légitime et valorisable
  • Un plan d'action personnalisé selon votre situation temporelle

Vous savez maintenant quoi faire. Vous savez vers qui vous tourner. Vous savez que vous n'êtes pas seul.

Maintenant, c'est à vous de jouer.

Fermez ce guide. Respirez profondément. Puis passez à l'action.

Si vous êtes en juin, préparez la phase complémentaire. Si vous êtes en juillet, candidatez massivement et saisissez la CAES. Si vous êtes en août, explorez toutes les options tardives. Si vous êtes en automne, préparez votre dossier pour l'année prochaine.

Ne restez pas paralysé par la peur ou la tristesse. Bougez. Agissez. Même un petit pas. Même une toute petite action. Envoyer un email. Prendre un rendez-vous. Remplir un formulaire. Chercher une formation. Parler à quelqu'un.

Vous allez vous en sortir.

Ce n'est pas une promesse vide. C'est un fait statistique. La quasi-totalité des candidats qui se retrouvent dans votre situation finissent par trouver une formation. Peut-être pas celle qu'ils espéraient. Peut-être pas par le chemin qu'ils avaient imaginé. Mais ils trouvent.

Et dans quelques années, quand vous regarderez en arrière, vous vous direz peut-être que ce refus Parcoursup a été un point de départ. Qu'il vous a obligé à explorer des options que vous n'auriez jamais considérées. Qu'il vous a appris la résilience. Qu'il vous a rendu plus fort.

Derniers mots.

Utilisez nos outils. Explorez les 14 134 formations de notre base de données. Utilisez le calculateur pour évaluer vos chances. Lisez nos autres articles. Partagez ce guide avec des amis qui en ont besoin.

Parlez à des adultes de confiance. Professeurs, conseillers, parents, famille. Vous n'avez pas à porter ce poids seul.

Et surtout, surtout, ne laissez jamais un système informatique vous dire qui vous êtes et ce que vous valez.

Vous êtes capable. Vous êtes résilient. Vous allez trouver votre chemin.

Courage.

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Guide rédigé avec des données publiques Parcoursup 2019-2024, analysant 14 134 formations. Mis à jour le 15 février 2026.