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BTS, BUT, Licence, CPGE, Écoles : Le Guide Complet des Formations Parcoursup

Guide complet de toutes les formations sur Parcoursup : BTS, BUT, Licence, CPGE, écoles. Données, taux d'accès, comparaisons pour bien choisir.

15 février 202645 min
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Plus de 23 000 formations sont accessibles sur Parcoursup. BTS, BUT, licences universitaires, classes préparatoires, écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, IFSI, DN MADE, Sciences Po... Face à cette profusion de choix, comment s'y retrouver ? Comment savoir quelle formation vous correspond vraiment ?

Chaque année, des centaines de milliers de lycéens se posent cette question cruciale. Et chaque année, beaucoup se trompent — non pas parce qu'ils manquent d'intelligence ou de motivation, mais parce qu'ils prennent leur décision sur la base d'informations fragmentaires, de préjugés ou de ce que "tout le monde fait".

La réalité est que la meilleure formation n'existe pas. Il existe seulement la formation la mieux adaptée à votre profil scolaire, à vos objectifs professionnels, à votre personnalité et à votre situation personnelle. Un BTS qui sera parfait pour un bachelier professionnel sera totalement inadapté pour un très bon élève de terminale générale qui vise un master. Une classe préparatoire qui épanouira un étudiant rigoureux et organisé peut en détruire un autre qui a besoin de concret.

Ce guide a une ambition : vous donner toutes les clés pour faire votre choix. Pas le choix le plus prestigieux. Pas le choix le plus populaire. Le choix qui vous mènera là où vous voulez aller, avec un maximum de chances de réussir.

Nous nous appuyons sur une base de données unique : 14 134 formations analysées sur 6 années de données Parcoursup (2019-2024). Taux d'accès, profils des admis, évolution de la sélectivité, taux de mention, répartition par type de bac — toutes les données dont vous avez besoin pour comparer objectivement les formations entre elles.

Introduction : Le piège du choix par élimination

La plupart des lycéens choisissent leur orientation par élimination. "Je ne veux pas faire médecine, donc pas de PASS. Je ne veux pas d'études trop longues, donc pas de licence. Je ne suis pas assez bon pour une prépa." À force d'éliminer, ils se retrouvent avec une ou deux options par défaut, sans jamais avoir vraiment exploré l'étendue des possibles.

Cette approche est dangereuse pour trois raisons.

Première raison : vous risquez de passer à côté de formations dont vous ignorez l'existence. Saviez-vous qu'il existe des licences doubles-diplômes qui combinent droit et langues ? Que certains BUT permettent de faire de l'alternance dès la première année ? Que des écoles d'ingénieurs post-bac recrutent des profils littéraires ? Si vous ne connaissez pas une formation, vous ne pouvez pas la choisir.

Deuxième raison : vous sous-estimez probablement vos chances dans certaines formations sélectives. Les taux d'accès varient énormément selon les établissements. Une classe préparatoire scientifique peut avoir un taux d'accès de 5% à Paris et de 80% dans une ville moyenne. Un BUT Informatique impossible à intégrer à Lyon sera accessible à Rodez. La sélectivité n'est jamais binaire — elle dépend de l'établissement, de l'année, de la filière de bac et du secteur géographique.

Troisième raison : vous surestimez peut-être la "sécurité" de certaines formations non sélectives. Une licence de psychologie affiche certes un taux d'accès élevé, mais un taux de réussite en L1 inférieur à 40%. Être admis ne garantit rien si vous n'êtes pas fait pour le rythme et l'autonomie de l'université.

La bonne approche consiste à explorer méthodiquement toutes les options, à comprendre leurs différences objectives, puis à vous poser la vraie question : dans laquelle de ces formations ai-je le plus de chances de réussir et de m'épanouir ?

C'est exactement ce que ce guide va vous permettre de faire.

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Partie 1 : Vue d'ensemble du paysage des formations

Avant de plonger dans les détails de chaque type de formation, prenons de la hauteur. Le paysage de l'enseignement supérieur français peut se découper selon plusieurs axes.

Axe 1 : Études courtes vs études longues

Les formations courtes (bac+2 à bac+3) sont conçues pour une insertion professionnelle rapide. Elles incluent les BTS (2 ans), les BUT (3 ans), les DN MADE (3 ans) et certaines formations spécialisées. L'objectif est de former des techniciens supérieurs opérationnels dès l'obtention du diplôme. Environ 40% des étudiants de ces formations entrent directement sur le marché du travail. Les autres poursuivent en licence professionnelle, en école ou à l'université.

Les formations longues (bac+5 et plus) préparent à des études de master, de doctorat ou à l'intégration d'une grande école. Elles incluent les licences universitaires (3 ans avant le master), les classes préparatoires (2 ans avant l'école) et les écoles d'ingénieurs ou de commerce en 5 ans. L'insertion professionnelle se fait généralement après un bac+5 minimum.

Cette distinction n'est pas absolue. Un BTS peut mener à un master si vous passez par une licence professionnelle puis une L3. Une licence peut déboucher sur un emploi après la L3 si vous optez pour un parcours professionnalisant. Mais elle reste structurante pour comprendre la logique de chaque formation.

Axe 2 : Formations sélectives vs non sélectives

Une formation sélective examine les dossiers des candidats et en refuse une partie. Le nombre de places est limité. C'est le cas des BTS, des BUT, des CPGE, de toutes les écoles et de certaines licences (PASS, STAPS, licences sélectives).

Une formation non sélective accepte en principe tous les candidats qui remplissent les prérequis, dans la limite des places disponibles. C'est le cas de la majorité des licences universitaires. Attention cependant : non sélective ne signifie pas "accessible à tous". Lorsque le nombre de candidats dépasse la capacité d'accueil, un classement est établi. Certaines licences non sélectives sur le papier affichent ainsi des taux d'accès inférieurs à 30%.

Axe 3 : Public vs privé

Les formations publiques (universités, IUT, lycées publics, CPGE publiques) sont gratuites ou quasi-gratuites (environ 170€ de droits d'inscription en licence, 243€ en BUT). Elles représentent environ 75% des formations sur Parcoursup.

Les formations privées (écoles de commerce, écoles d'ingénieurs privées, BTS privés sous contrat ou hors contrat) facturent des frais de scolarité qui peuvent aller de 2 000€ à plus de 15 000€ par an. Elles représentent environ 25% de l'offre. Le privé n'est pas synonyme de meilleure qualité, mais il offre souvent des cursus plus spécialisés et un réseau d'anciens élèves structuré.

Axe 4 : Encadrement fort vs autonomie totale

Certaines formations reproduisent le cadre du lycée : emploi du temps complet, présence obligatoire, devoirs surveillés, classes à taille humaine. C'est le cas des BTS, des CPGE et dans une moindre mesure des BUT.

D'autres formations vous laissent une autonomie complète : cours magistraux facultatifs en amphithéâtre, pas de contrôle de présence, organisation personnelle du travail. C'est le cas des licences universitaires classiques.

Cette différence est cruciale. Si vous avez besoin de structure pour travailler, une licence générale sera un piège. Si vous étouffez dans un cadre trop rigide, une CPGE vous pèsera.

Le grand tableau comparatif

Voici une synthèse des principales formations accessibles sur Parcoursup. Ce tableau vous donne les ordres de grandeur — nous détaillerons chaque formation dans les parties suivantes.

FormationDuréeSélectivitéTypes de bac principauxEncadrementDébouchés principauxCoût annuelTaux d'accès moyen
BTS2 ansSélectiveTechno (40%), Pro (30%), Général (30%)FortEmploi direct ou LP0-3000€65-75%
BUT3 ansSélectiveGénéral (65%), Techno (30%)MoyenEmploi ou master243€45-60%
Licence3 ansVariableGénéral (80%)FaibleMaster170€85-95% (50-60% en sélectives)
CPGE2 ansTrès sélectiveGénéral (98%)Très fortGrande école0€15-70% selon filière
École ingé post-bac5 ansSélectiveGénéral (95%)Fort puis moyenEmploi cadre0-8000€20-50%
École commerce post-bac3-5 ansSélectiveGénéral (90%)MoyenEmploi cadre8000-15000€30-60%
IFSI3 ansSélectiveGénéral (60%), Techno (30%)FortEmploi direct0€15-80% selon zone
DN MADE3 ansSélectiveGénéral (50%), STD2A (30%)FortEmploi créatif ou master0-5000€30-60%

Ce tableau montre déjà des profils très différents. Un bachelier technologique STMG qui vise un emploi rapide aura tout intérêt à privilégier BTS ou BUT. Un très bon élève général qui veut devenir ingénieur hésitera entre CPGE et école post-bac. Un bachelier général moyen qui ne sait pas encore ce qu'il veut faire pourra se laisser le temps avec une licence.

Point clé : ne raisonnez jamais en termes de "meilleure formation". Raisonnez en termes d'adéquation entre votre profil et les exigences de la formation.

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Partie 2 : Le BTS (Brevet de Technicien Supérieur)

Le BTS est la formation courte par excellence. En deux ans, il vous forme à un métier précis et vous délivre un diplôme reconnu par les employeurs. Avec plus de 120 spécialités couvrant tous les secteurs (commerce, industrie, tourisme, santé, informatique, communication, bâtiment...), c'est l'une des voies les plus diversifiées de l'enseignement supérieur.

Pour qui ?

Le BTS a été historiquement conçu pour les bacheliers technologiques et professionnels. C'est la formation où ces profils réussissent le mieux. Des quotas de places sont d'ailleurs réservés aux bacheliers professionnels dans les BTS en lien avec leur spécialité.

Mais le BTS attire aussi une part croissante de bacheliers généraux — environ 30% des admis aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'il offre une formation concrète, professionnalisante, avec un taux d'insertion rapide sur le marché du travail. Pour un bachelier général qui n'a pas envie de faire des études longues, ou qui a besoin d'un cadre structuré, le BTS peut être un excellent choix.

Le BTS est fait pour vous si :

  • Vous savez déjà dans quel secteur vous voulez travailler
  • Vous préférez le concret à la théorie
  • Vous avez besoin d'un emploi du temps structuré et d'un suivi pédagogique proche du lycée
  • Vous voulez entrer rapidement sur le marché du travail (ou poursuivre ensuite en licence pro)
  • Vous venez d'un bac technologique ou professionnel

Le BTS n'est probablement pas fait pour vous si :

  • Vous êtes certain de vouloir faire un master
  • Vous aimez la théorie, les concepts abstraits et l'autonomie intellectuelle
  • Vous n'avez aucune idée du secteur qui vous attire

Les chiffres : taux d'accès et sélectivité

Le BTS représente 27,6% des voeux confirmés sur Parcoursup, ce qui en fait la deuxième formation la plus demandée après la licence. Mais cette moyenne cache des réalités très diverses.

Taux d'accès moyen : entre 65% et 75% selon les spécialités. Mais les écarts sont considérables :

  • Les BTS tertiaires les plus courants (MCO, NDRC, Gestion PME) affichent des taux d'accès supérieurs à 70%, parfois 80%.
  • Les BTS industriels spécialisés (Électrotechnique, Maintenance des systèmes) sont souvent plus accessibles encore, avec des taux proches de 85%, car la demande y est moins forte.
  • Les BTS très demandés (Audiovisuel, Communication, Tourisme, Diététique) descendent sous les 30%, voire 15% pour les établissements les plus cotés.

Profil des admis par type de bac :

  • Bac technologique : 35-40%
  • Bac professionnel : 25-30%
  • Bac général : 30-35%

Cette répartition varie fortement selon la spécialité. En BTS Comptabilité-Gestion, les bacs STMG dominent. En BTS Systèmes Numériques, ce sont les bacs STI2D. En BTS Commerce International, les bacs généraux sont majoritaires.

L'apprentissage : un levier stratégique

Le BTS est la formation où l'apprentissage est le plus développé. Environ 40% des BTS peuvent être suivis en alternance, avec un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation.

Les avantages de l'apprentissage :

  • Vous êtes rémunéré (entre 43% et 100% du SMIC selon votre âge et votre année)
  • Vos frais de scolarité sont pris en charge par l'employeur
  • Vous cumulez expérience professionnelle et diplôme
  • Votre taux d'insertion professionnelle est nettement supérieur à celui des étudiants sous statut scolaire

Les contraintes :

  • Vous devez trouver une entreprise qui accepte de vous embaucher en contrat d'apprentissage
  • Le rythme est exigeant (alternance entre périodes en entreprise et périodes en cours)
  • Vous avez moins de vacances que les étudiants classiques

Sur Parcoursup, vous disposez de 10 voeux supplémentaires réservés aux formations en apprentissage. Ces voeux ne comptent pas dans votre quota de 10 voeux principaux. Autrement dit, vous pouvez formuler 10 voeux classiques ET 10 voeux en apprentissage, soit 20 voeux au total. C'est un levier stratégique à exploiter.

Après le BTS : quelles poursuites d'études ?

Contrairement à une idée reçue, le BTS n'est pas une voie sans issue. Environ 50% des diplômés de BTS poursuivent leurs études. Voici les principales options :

La licence professionnelle (1 an, bac+3) : c'est la poursuite la plus naturelle. Elle vous permet de vous spécialiser dans un domaine précis tout en restant dans une logique professionnalisante. Elle est souvent accessible en apprentissage. Environ 30% des titulaires de BTS s'y engagent.

L'université (L3 puis master) : c'est possible, mais le passage du BTS à la L3 universitaire est un saut difficile. Le rythme, les méthodes de travail et le niveau d'abstraction sont très différents. Beaucoup échouent. Si vous visez cette voie, privilégiez les L3 professionnalisantes.

Les écoles de commerce ou d'ingénieurs en admission parallèle : certaines écoles recrutent des BTS via des concours spécifiques (Passerelle, Tremplin pour les écoles de commerce). C'est une voie d'excellence pour les meilleurs BTS.

Les classes préparatoires ATS (Adaptation Technicien Supérieur) : ces prépas d'un an sont réservées aux BTS et BUT. Elles vous préparent aux concours des écoles d'ingénieurs. Elles sont très sélectives et exigeantes, mais offrent une vraie opportunité de rebond.

Les BTS les plus demandés

Voici les 10 BTS qui concentrent le plus grand nombre de voeux sur Parcoursup :

  1. BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) : formation au commerce, à la vente et à la gestion d'une unité commerciale. Très polyvalent, il ouvre sur des postes de responsable de magasin, chef de rayon, chargé de clientèle.

  2. BTS NDRC (Négociation et Digitalisation de la Relation Client) : cousin du MCO, il est orienté vers la vente à distance, le e-commerce et la relation client digitale.

  3. BTS Comptabilité et Gestion : formation technique en comptabilité, fiscalité et gestion. Débouche sur des postes de comptable, contrôleur de gestion, gestionnaire de paie.

  4. BTS Gestion de la PME : formation généraliste pour devenir l'assistant polyvalent d'un dirigeant de PME. Comptabilité, RH, communication, commercial — tout y passe.

  5. BTS Communication : formation aux métiers de la com', du marketing et de l'événementiel. Très demandé, donc sélectif (taux d'accès souvent inférieur à 40%).

  6. BTS Tourisme : formation aux métiers du voyage et de l'accueil. Exige un bon niveau en langues et une ouverture culturelle. Taux d'accès variable (30-70%).

  7. BTS SIO (Services Informatiques aux Organisations) : formation en développement informatique et gestion des réseaux. Porté par la demande en informaticiens, il affiche des taux d'insertion excellents.

  8. BTS SAM (Support à l'Action Managériale) : formation d'assistant de direction. Polyvalence, langues, gestion de projet. Surtout féminin.

  9. BTS Électrotechnique : formation technique aux systèmes électriques. Très demandé par les employeurs, mais peu demandé par les candidats — donc accessible.

  10. BTS Diététique : formation aux métiers de la nutrition et de la diététique. Très sélectif (taux d'accès autour de 25%) car le nombre de places est limité.

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Conseil stratégique : ne vous focalisez pas uniquement sur les BTS les plus connus. Les BTS industriels et techniques (Électrotechnique, Maintenance, Conception de produits industriels) sont souvent très accessibles et offrent d'excellents débouchés avec des taux de chômage très faibles.

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Partie 3 : Le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie)

Le BUT est le grand gagnant de la réforme de 2021. En passant de 2 ans (DUT) à 3 ans, il a acquis le grade de licence et s'est imposé comme une alternative crédible à la fois au BTS (pour ceux qui veulent aller plus loin) et à la licence universitaire (pour ceux qui veulent plus d'encadrement).

Qu'est-ce que le BUT ?

Le BUT se déroule dans un IUT (Institut Universitaire de Technologie), rattaché à une université. Vous suivez une formation en trois ans qui combine cours magistraux, travaux dirigés, travaux pratiques et stages en entreprise. L'effectif moyen d'une promotion de BUT tourne autour de 100-150 étudiants, répartis en groupes de TD de 25-30.

Le BUT se distingue du BTS par plusieurs aspects :

  • Durée : 3 ans au lieu de 2
  • Diplôme : grade de licence (180 ECTS), reconnu au niveau européen
  • Généralité : formation plus large, moins spécialisée que le BTS
  • Poursuite d'études : environ 60% des diplômés de BUT poursuivent en master ou en école, contre 50% pour le BTS

Il existe 24 mentions de BUT, contre plus de 120 spécialités de BTS. Cette moindre diversité s'accompagne d'une plus grande généralité : un BUT Techniques de Commercialisation forme au commerce en général, là où un BTS MCO forme spécifiquement au management d'unité commerciale.

La transition DUT vers BUT : ce qui a changé

Avant 2021, le DUT (Diplôme Universitaire de Technologie) était un diplôme en 2 ans. Depuis la rentrée 2021, il a été remplacé par le BUT, qui dure 3 ans. Les étudiants qui étaient en DUT au moment de la réforme ont été basculés vers le BUT.

Ce qui change :

  • Le diplôme final est désormais un bac+3 (au lieu d'un bac+2)
  • L'organisation est structurée en 6 semestres (au lieu de 4)
  • Un diplôme intermédiaire de type DUT est délivré au bout de 2 ans pour ceux qui souhaitent se réorienter
  • Les parcours se spécialisent progressivement à partir de la 2ème année

Ce qui ne change pas :

  • Les 24 mentions restent les mêmes (parfois renommées)
  • Les IUT conservent leur ADN : encadrement, professionnalisation, stages
  • La sélectivité reste élevée

Pour qui ?

Le BUT attire principalement les bacheliers généraux qui veulent une formation encadrée et professionnalisante, sans s'enfermer dans une spécialité trop étroite. C'est aussi une voie d'excellence pour les bacheliers technologiques, qui y trouvent un bon équilibre entre théorie et pratique.

Le BUT est fait pour vous si :

  • Vous hésitez entre études courtes et études longues (le BUT vous laisse le choix)
  • Vous voulez une formation concrète mais vous gardez l'option du master
  • Vous aimez les travaux de groupe, les projets, les stages
  • Vous appréciez un cadre structuré sans être étouffant
  • Vous venez d'un bac général ou technologique avec un bon dossier

Le BUT n'est probablement pas fait pour vous si :

  • Vous voulez une formation ultra-spécialisée sur un métier précis (privilégiez le BTS)
  • Vous visez une grande école d'ingénieurs (privilégiez la CPGE)
  • Vous voulez une autonomie totale (privilégiez la licence)
  • Votre dossier scolaire est faible (les BUT sont sélectifs)

Les chiffres : taux d'accès et sélectivité

Le BUT représente 11,5% des voeux confirmés sur Parcoursup. C'est moins que le BTS ou la licence, mais c'est une part en croissance constante depuis la réforme.

Taux d'accès moyen : entre 45% et 60% selon les mentions. C'est nettement plus sélectif que le BTS. Les IUT ont toujours été des formations exigeantes, et le BUT n'échappe pas à cette tradition.

Les BUT les plus sélectifs :

  • BUT Informatique : taux d'accès moyen autour de 30%, descendant sous les 15% dans les IUT les plus cotés (Lyon, Toulouse, Bordeaux). C'est probablement le BUT le plus difficile d'accès.
  • BUT Techniques de Commercialisation : taux d'accès autour de 35-40%. C'est le BUT le plus demandé en nombre de voeux.
  • BUT Métiers du Multimédia et de l'Internet (MMI) : taux d'accès autour de 25-35%. Très prisé, il forme aux métiers du web, du design et de la communication digitale.
  • BUT Gestion des Entreprises et des Administrations (GEA) : taux d'accès autour de 40-50%. Formation généraliste en gestion, comptabilité et management.

Les BUT les plus accessibles :

  • BUT Génie Biologique : taux d'accès autour de 60-70% dans certains IUT.
  • BUT Carrières Sociales : taux d'accès variable, mais souvent supérieur à 50%.
  • BUT Packaging, Emballage et Conditionnement : peu connu, donc peu demandé. Taux d'accès souvent supérieur à 70%.

Profil des admis par type de bac :

  • Bac général : 60-65%
  • Bac technologique : 30-35%
  • Bac professionnel : moins de 5%

Cette répartition varie selon les mentions. En BUT GEA ou BUT TC, les bacheliers STMG représentent 40% des admis. En BUT Informatique ou BUT Mesures Physiques, les bacheliers généraux dominent à plus de 80%.

Un point crucial : les IUT ont des quotas minimaux de bacheliers technologiques. Ces quotas varient selon les académies et les mentions, mais ils garantissent qu'une part significative des places est réservée aux bacs technologiques. Si vous êtes en terminale STMG, STI2D ou ST2S, le BUT est une cible stratégique majeure.

BTS ou BUT : la comparaison détaillée

C'est la question que se posent des dizaines de milliers de lycéens chaque année. Voici un tableau comparatif complet pour vous aider à trancher.

CritèreBTSBUT
Durée2 ans3 ans
DiplômeBac+2 (120 ECTS)Bac+3, grade licence (180 ECTS)
LieuLycée ou école privéeIUT (université)
Nombre de spécialités~12024 mentions
Niveau de spécialisationTrès spécialisé (un métier)Intermédiaire (un secteur)
Taille des promotions25-35 étudiants100-150 étudiants (TD de 25-30)
EncadrementTrès fortMoyen à fort
Taux d'accès moyen65-75%45-60%
Profil bac dominantTechno + Pro + GénéralGénéral + Techno
Stages8-16 semaines sur 2 ans22-26 semaines sur 3 ans
AlternanceTrès répandue (40% des BTS)En développement (20-30%)
Taux de réussite75-80%70-75%
Insertion professionnelle directe50% travaillent après le diplôme40% travaillent après le diplôme
Poursuite en masterDifficile (passage par LP ou L3)Naturelle (60% continuent)
Coût0-3000€/an243€/an

Quand privilégier le BTS :

  • Vous voulez travailler au bout de 2 ans
  • Vous savez exactement quel métier vous voulez faire
  • Vous venez d'un bac professionnel
  • Vous voulez un encadrement très fort
  • Vous voulez faire de l'alternance dès la première année

Quand privilégier le BUT :

  • Vous hésitez encore sur votre orientation professionnelle
  • Vous voulez garder la porte ouverte au master
  • Vous venez d'un bac général ou technologique avec un bon dossier
  • Vous voulez un diplôme reconnu internationalement (grade licence)
  • Vous voulez un environnement universitaire avec davantage d'autonomie
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Point clé : le BTS et le BUT ne sont pas en concurrence, ils répondent à des besoins différents. Le BTS est un diplôme professionnel, le BUT est un diplôme intermédiaire entre professionnalisation et académisme.

Après le BUT : quelles poursuites d'études ?

Environ 60% des diplômés de BUT poursuivent leurs études. C'est nettement plus que pour le BTS. Voici les principales options :

Le master universitaire : avec un grade licence, vous pouvez candidater en master 1 dans votre domaine. Un BUT GEA peut poursuivre en master de management, un BUT Informatique en master informatique ou data science. L'accès n'est pas automatique (les masters sont sélectifs), mais vous avez les crédits ECTS requis.

Les écoles de commerce ou d'ingénieurs : de nombreuses écoles recrutent des BUT en admission parallèle, généralement en 1ère ou 2ème année du cycle ingénieur. Les meilleurs BUT Informatique intègrent régulièrement des écoles d'ingénieurs.

Les licences professionnelles ou licences générales L3 : certains BUT préfèrent compléter leur formation par une L3 avant de candidater en master. C'est surtout vrai pour ceux qui veulent changer de domaine.

L'emploi direct : 40% des BUT entrent sur le marché du travail dès l'obtention du diplôme. Le taux d'insertion à 6 mois est excellent (supérieur à 90%), avec des salaires moyens autour de 1600-1800€ nets mensuels pour un premier emploi.

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Partie 4 : La Licence universitaire

La licence est le socle de l'enseignement supérieur français. C'est la formation la plus massive (elle représente 33,7% des voeux confirmés sur Parcoursup), la plus diverse (des dizaines de mentions dans tous les domaines) et aussi la plus méconnue. Beaucoup de lycéens s'y inscrivent par défaut, sans mesurer les exigences qu'elle impose.

Qu'est-ce que la licence ?

La licence universitaire se déroule en 3 ans (L1, L2, L3) et délivre 180 crédits ECTS. Elle est organisée en cours magistraux (CM) en amphithéâtre (souvent 200 à 500 étudiants) et en travaux dirigés (TD) en groupes plus restreints (30-40 étudiants). La présence en CM n'est généralement pas obligatoire, celle en TD l'est souvent.

Contrairement au BTS ou au BUT, la licence est une formation généraliste et théorique. Elle ne vise pas l'insertion professionnelle immédiate, mais la maîtrise d'un champ disciplinaire (droit, histoire, mathématiques, psychologie, etc.) en vue d'une poursuite en master.

Il existe des dizaines de mentions de licence, regroupées en grands domaines :

  • Droit, Économie, Gestion (DEG) : Droit, Économie-Gestion, AES, etc.
  • Sciences Humaines et Sociales (SHS) : Psychologie, Sociologie, Histoire, Géographie, Sciences de l'éducation, etc.
  • Lettres, Langues, Arts (LLASHS) : Lettres, Langues (LLCE, LEA), Arts, Philosophie, etc.
  • Sciences et Technologies : Mathématiques, Physique, Chimie, Informatique, SVT, Sciences de la Terre, etc.
  • STAPS : Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives
  • Santé : PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé), LAS (Licences Accès Santé)

Sélective ou non sélective ? La nuance capitale

La majorité des licences sont non sélectives sur le papier. Cela signifie que l'université ne peut théoriquement pas refuser un candidat qui remplit les prérequis académiques. Mais attention : non sélective ne veut pas dire accessible à tous.

Lorsque le nombre de candidats dépasse la capacité d'accueil de l'université, celle-ci établit un classement basé sur les notes, les appréciations et la cohérence du projet. Les candidats les mieux classés reçoivent une proposition d'admission. Les autres sont placés en liste d'attente ou refusés.

Résultat : certaines licences non sélectives affichent des taux d'accès inférieurs à 30%. C'est le cas des licences de Droit dans les universités parisiennes (Paris 1, Paris 2 Assas, Paris Nanterre), des licences de Psychologie dans les grandes métropoles, et surtout des licences STAPS partout en France.

Les licences vraiment sélectives (au sens où l'université peut refuser des candidats même si elle a des places) sont rares. Les principales sont :

  • PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé)
  • Licences sélectives ou doubles-licences (Droit-Langues, Économie-Mathématiques, etc.)
  • Certaines licences internationales ou en partenariat avec des grandes écoles

Le secteur géographique : un paramètre décisif

Un point crucial que beaucoup de candidats ignorent : les licences universitaires fonctionnent par secteur géographique. Vous êtes prioritaire pour les universités de votre académie. Si vous postulez hors académie, vous passez après les candidats locaux.

Ce mécanisme a un impact énorme sur vos chances d'admission. Une licence de Droit peut avoir un taux d'accès de 25% à Paris et de 85% à Clermont-Ferrand. Si vous habitez en Île-de-France et que vous postulez à Clermont-Ferrand, vous serez traité après tous les candidats auvergnats — ce qui réduit fortement vos chances.

Stratégie : si vous visez une licence très demandée (Droit, Psychologie, STAPS), privilégiez les universités de votre académie, ou envisagez sérieusement une mobilité géographique assumée (déménagement, logement étudiant).

Pour qui ?

La licence est faite pour les étudiants qui aiment apprendre pour apprendre, qui sont capables de travailler de manière autonome, et qui visent des études longues (master, doctorat, concours de la fonction publique).

La licence est faite pour vous si :

  • Vous êtes certain de vouloir faire un master (et au-delà)
  • Vous aimez la théorie, les concepts, la réflexion abstraite
  • Vous êtes capable de vous organiser sans cadre imposé
  • Vous visez un concours (enseignement, magistrature, fonction publique)
  • Vous voulez devenir chercheur, enseignant-chercheur ou expert dans un domaine académique

La licence n'est probablement pas faite pour vous si :

  • Vous voulez travailler rapidement après le bac+2 ou bac+3
  • Vous avez besoin d'un emploi du temps structuré et de contrôles réguliers
  • Vous préférez le concret à la théorie
  • Vous venez d'un bac technologique ou professionnel (sauf exceptions)
  • Vous n'avez aucune idée de ce que vous voulez faire

Les chiffres : taux d'accès et réussite

La licence représente 33,7% des voeux confirmés, ce qui en fait la formation la plus demandée en valeur absolue. Mais cette moyenne masque une immense diversité.

Taux d'accès moyen : entre 85% et 95% pour les licences généralistes non saturées. Mais les écarts sont considérables :

  • Licences de Lettres, Histoire, Sociologie hors grandes villes : taux d'accès souvent supérieur à 90%
  • Licences de Droit en province : taux d'accès autour de 60-80%
  • Licences de Droit à Paris : taux d'accès autour de 25-40%
  • Licences de Psychologie : taux d'accès entre 35% et 75% selon les villes
  • Licences STAPS : taux d'accès entre 25% et 60%
  • PASS : taux d'accès entre 30% et 70%

Profil des admis par type de bac :

  • Bac général : 80-85%
  • Bac technologique : 10-15%
  • Bac professionnel : moins de 5%

Cette domination du bac général n'est pas un hasard. La licence est conçue pour des étudiants qui maîtrisent les codes académiques, qui savent rédiger, synthétiser, problématiser. Les bacheliers technologiques et surtout professionnels y sont en grande difficulté.

Le vrai chiffre qui fait peur : le taux de réussite en L1. Seuls 45% des étudiants qui s'inscrivent en L1 passent en L2 du premier coup. Si l'on compte ceux qui redoublent et finissent par valider, on arrive à environ 55% de réussite en L1 en 3 ans. Cela signifie que près de la moitié des étudiants qui entrent en licence ne valident jamais leur première année.

Les raisons sont multiples : manque d'autonomie, mauvaise orientation, sous-estimation de la charge de travail, difficultés financières, isolement social. Mais le constat est là : la licence est sélective par l'échec.

Les licences spéciales : doubles-licences, CMI, licences sélectives

Au-delà de la licence classique, il existe des parcours d'excellence qui méritent d'être connus.

Les doubles-licences : vous suivez deux licences en parallèle (Droit-Économie, Droit-Langues, Histoire-Science Politique, Mathématiques-Informatique, etc.). Le volume de travail est nettement supérieur (souvent 30 à 35h de cours par semaine), mais vous obtenez deux diplômes au bout de 3 ans. Ces parcours sont sélectifs (taux d'accès souvent inférieur à 30%) et exigeants. Ils sont faits pour les très bons élèves qui veulent un profil différenciant.

Les CMI (Cursus Master en Ingénierie) : parcours renforcés en sciences et technologies, qui préparent en 5 ans (licence + master) au métier d'ingénieur. Sélectifs (taux d'accès autour de 30-40%), ils combinent formation universitaire et stages longs en entreprise ou en laboratoire. Une alternative à la CPGE pour devenir ingénieur.

Les licences internationales : certaines universités proposent des licences entièrement en anglais ou avec une part importante de cours en langue étrangère. Très sélectives, elles attirent les profils tournés vers l'international.

Les licences accès santé (LAS) : depuis la réforme de l'accès aux études de santé, il est possible de candidater en médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique via une LAS. Vous suivez une licence classique (Droit, Économie, Chimie, SVT, etc.) avec une mineure santé. C'est une alternative au PASS, souvent plus accessible en termes de taux d'accès, mais tout aussi sélective en termes de réussite au concours.

Après la licence : la poursuite quasi obligatoire

La licence seule n'a quasiment aucune valeur sur le marché du travail. Le taux de chômage des titulaires de licence générale sans master est supérieur à 20%. Les employeurs recherchent soit des bac+2 (BTS, BUT) immédiatement opérationnels, soit des bac+5 (master) avec une vraie spécialisation.

Plus de 90% des diplômés de licence poursuivent en master. C'est la suite logique. Vous postulez en master 1 dans votre domaine ou dans un domaine connexe. Attention cependant : l'accès au master n'est pas automatique. Les masters sont sélectifs, surtout dans les universités réputées et dans les domaines les plus demandés (droit des affaires, finance, psychologie clinique, etc.).

Les autres options après la licence :

  • Les concours de la fonction publique : enseignement (CRPE, CAPES, agrégation), administration, police, etc. Beaucoup de licenciés en lettres, histoire ou sciences humaines passent ces concours.
  • Les écoles de commerce ou d'ingénieurs en admission parallèle : certaines écoles recrutent après une L2 ou une L3. C'est une voie moins connue mais réelle.
  • Les licences professionnelles : si vous décidez en L2 ou L3 que vous ne voulez pas poursuivre en master, vous pouvez bifurquer vers une licence professionnelle (bac+3 professionnalisant) pour vous insérer rapidement.
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Partie 5 : Les CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Écoles)

Les classes préparatoires sont un monde à part dans le paysage de l'enseignement supérieur français. Deux années intenses, exigeantes, souvent redoutées, mais qui ouvrent les portes des grandes écoles les plus prestigieuses. Elles ne sont ni des formations longues (elles ne délivrent aucun diplôme), ni des formations courtes (elles ne mènent pas directement à l'emploi). Elles sont un passage, une rampe de lancement.

Qu'est-ce que la CPGE ?

La CPGE (Classe Préparatoire aux Grandes Écoles) se déroule en 2 ans dans un lycée. Vous suivez entre 30 et 40 heures de cours par semaine, avec des devoirs surveillés (DS) chaque samedi matin, des "colles" (interrogations orales individuelles) chaque semaine, et un rythme de travail soutenu. L'objectif : préparer les concours d'entrée aux grandes écoles (écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, écoles normales supérieures).

Les CPGE ne délivrent aucun diplôme. À la fin des deux ans, vous passez les concours. Si vous réussissez, vous intégrez une grande école. Si vous échouez ou si vous changez d'avis, vous pouvez rejoindre l'université en L3 grâce aux 120 crédits ECTS obtenus en prépa.

Il existe trois grandes filières de CPGE, qui correspondent aux trois types de grandes écoles :

  1. CPGE scientifiques : préparent aux écoles d'ingénieurs et aux ENS scientifiques
  2. CPGE littéraires : préparent aux ENS lettres et sciences humaines, aux écoles de commerce via le concours BEL, et à certaines écoles spécialisées
  3. CPGE économiques et commerciales (ECG) : préparent aux écoles de commerce

Les CPGE scientifiques : MPSI, PCSI, PTSI, BCPST

C'est la filière la plus massive. Elle représente environ 60% des effectifs de CPGE. Il existe plusieurs voies en première année, selon votre profil et vos objectifs :

MPSI (Mathématiques, Physique et Sciences de l'Ingénieur) : c'est la voie la plus théorique et la plus abstraite. Elle est faite pour les excellents élèves en mathématiques qui aiment la rigueur et la démonstration. En deuxième année, vous bifurquez vers MP (Mathématiques Physique) ou PSI (Physique Sciences de l'Ingénieur). Taux d'accès moyen : 30-40% (mais très variable selon les lycées, de 5% à 80%).

PCSI (Physique, Chimie et Sciences de l'Ingénieur) : plus expérimentale que la MPSI, elle équilibre mathématiques, physique et chimie. En deuxième année, vous allez vers PC (Physique Chimie) ou PSI. Taux d'accès moyen : 35-45%.

PTSI (Physique, Technologie et Sciences de l'Ingénieur) : la voie la plus concrète, orientée vers la mécanique, l'électronique et les sciences de l'ingénieur. Elle débouche sur PT (Physique Technologie) en deuxième année. Moins demandée que MPSI ou PCSI, elle affiche des taux d'accès plus élevés (40-60%) et reste une excellente porte d'entrée vers les écoles d'ingénieurs.

BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre) : la prépa des sciences du vivant. Elle prépare aux écoles d'agronomie, de vétérinaire, aux ENS et aux écoles de chimie. C'est une filière exigeante mais passionnante pour ceux qui aiment la biologie. Taux d'accès moyen : 35-50%.

TSI (Technologie et Sciences Industrielles) : réservée aux bacheliers STI2D et STL, elle leur offre une voie d'accès aux grandes écoles d'ingénieurs. Très encadrée, elle affiche d'excellents résultats. Taux d'accès : 60-80%.

TPC (Technologie, Physique et Chimie) : réservée aux bacheliers STL spécialité sciences physiques et chimiques en laboratoire. Peu nombreuse mais efficace. Taux d'accès : 70-90%.

Les CPGE littéraires : Lettres, LSH, Chartes

Les CPGE littéraires sont moins connues que leurs consœurs scientifiques, mais elles offrent une formation intellectuelle de très haut niveau. Elles préparent aux ENS (Ulm, Lyon), aux écoles de commerce (via le concours BEL), aux IEP, et à certaines écoles spécialisées (journalisme, patrimoine, etc.).

Hypokhâgne (première année) et Khâgne (deuxième année) : il existe deux voies principales.

Lettres Ulm (A/L) : la voie classique, orientée vers les lettres classiques, la philosophie, l'histoire, les langues anciennes. Elle prépare principalement à l'ENS Ulm. Très sélective dans les grands lycées parisiens (Louis-le-Grand, Henri IV), beaucoup plus accessible dans les lycées de province. Taux d'accès : de 5% (Paris) à 70% (province).

Lettres et Sciences Humaines Lyon (B/L) : voie pluridisciplinaire qui combine lettres, philosophie, histoire, sciences sociales ET mathématiques. C'est la prépa des "touche-à-tout" brillants. Elle prépare à l'ENS Lyon et à l'ENS Ulm (concours spécifique). Taux d'accès : 15-40%.

Chartes : prépa spécialisée qui prépare au concours de l'École des Chartes (formation d'archiviste-paléographe). Ultra-sélective et ultra-spécialisée. Taux d'accès : 20-30%.

Les CPGE économiques et commerciales : ECG

Depuis 2021, il n'existe plus qu'une seule voie en prépa économique et commerciale : la voie générale (ECG), qui a fusionné les anciennes voies ECS (scientifique) et ECE (économique). Elle prépare aux concours des écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC, etc.).

Le programme combine mathématiques, économie-sociologie-histoire, culture générale et langues. Vous choisissez une option en mathématiques (approfondies ou appliquées) et une option en économie-sociologie-histoire (ESH) ou en histoire-géographie-géopolitique (HGG).

Taux d'accès moyen : entre 25% et 50% selon les lycées. Les prépas parisiennes (Ginette, Stanislas, Henri IV) affichent des taux d'accès inférieurs à 15%. Les prépas de province sont beaucoup plus accessibles, avec des taux souvent supérieurs à 50%, voire 70%.

Pour qui ?

La CPGE est faite pour les très bons élèves, mais pas seulement. Elle est aussi faite pour ceux qui aiment l'intensité, le challenge, le dépassement de soi. Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas que les premiers de classe qui réussissent en prépa. Il y a surtout ceux qui sont capables de travailler régulièrement, de s'organiser, de résister à la pression et de ne pas se décourager.

La CPGE est faite pour vous si :

  • Vous avez un excellent dossier scolaire (moyenne générale supérieure à 14-15, souvent 16+ pour les prépas les plus sélectives)
  • Vous êtes motivé par l'idée d'intégrer une grande école
  • Vous êtes capable de travailler 50 à 60 heures par semaine de manière soutenue
  • Vous supportez la pression et la compétition
  • Vous aimez la rigueur, l'exigence intellectuelle et l'approfondissement

La CPGE n'est probablement pas faite pour vous si :

  • Votre dossier scolaire est moyen (moyenne inférieure à 13)
  • Vous avez besoin de concret et de mise en pratique immédiate
  • Vous êtes fragile psychologiquement face au stress
  • Vous savez déjà que vous voulez faire un métier qui ne nécessite pas de grande école (artisan, artiste, travailleur social, etc.)

Les chiffres : sélectivité en trompe-l'œil

Les CPGE représentent environ 5% des voeux confirmés sur Parcoursup. C'est une filière minoritaire, mais elle concentre les meilleurs dossiers.

Taux d'accès moyen : la fourchette est immense, de 5% à 80% selon les lycées et les filières.

Les prépas ultra-sélectives (moins de 15% de taux d'accès) :

  • Louis-le-Grand, Henri IV, Stanislas (Paris) : toutes filières
  • Ginette Sainte-Geneviève (Versailles) : MPSI, PCSI, ECG
  • Hoche (Versailles), Sainte-Geneviève (Versailles), Saint-Louis (Paris) : scientifiques
  • Lycée du Parc (Lyon), Lycée Masséna (Nice) : scientifiques

Les prépas accessibles (plus de 50% de taux d'accès) :

  • La majorité des CPGE de province, surtout en lettres et en PTSI
  • Les CPGE TSI (réservées aux bacs STI2D)
  • Certaines CPGE scientifiques dans des villes moyennes (taux d'accès parfois supérieur à 70%)

Profil des admis :

  • Moyenne générale en terminale : entre 14 et 18 selon les établissements
  • Bac général : 98% des admis
  • Mention Très Bien au bac : plus de 60% des admis dans les prépas sélectives

Un point crucial : il existe un "deuxième marché" des CPGE. Si vous avez un bon dossier sans être exceptionnel (moyenne autour de 14-15), vous ne serez probablement pas pris à Louis-le-Grand ou Ginette, mais vous pouvez tout à fait intégrer une prépa de province de bon niveau. Et ces prépas envoient régulièrement des étudiants dans de très bonnes écoles.

Mythes et réalités sur la prépa

Mythe n°1 : "La prépa, c'est l'enfer". Réalité : c'est exigeant, intense, fatigant. Mais ce n'est pas l'enfer si vous êtes bien orienté et que vous avez choisi une prépa adaptée à votre niveau. Dans une prépa de province avec un bon encadrement, l'ambiance peut être très solidaire.

Mythe n°2 : "Si je ne vais pas à Louis-le-Grand, je n'aurai pas une bonne école". Faux. Les grandes prépas parisiennes envoient effectivement plus d'étudiants à Polytechnique ou HEC, mais les prépas de province envoient massivement leurs étudiants dans d'excellentes écoles (Centrale, Mines, Arts et Métiers, Top 10 des écoles de commerce). Et vous y serez peut-être mieux classé, donc avec plus de confiance.

Mythe n°3 : "En prépa, on n'a pas de vie sociale". Réalité : vous aurez moins de temps libre qu'en licence, c'est certain. Mais la plupart des préparationnaires ont des activités extra-scolaires, sortent le week-end, ont une vie sentimentale. C'est une question d'organisation.

Mythe n°4 : "La prépa est élitiste et réservée aux Parisiens". Faux. Il existe des CPGE partout en France, y compris dans des villes moyennes. Et certaines prépas de province affichent des résultats excellents. De plus, les internats des CPGE publiques sont souvent peu chers (moins de 2000€ par an), ce qui rend la formation accessible.

Stratégie de voeux : les sous-voeux

Les CPGE fonctionnent avec un système de sous-voeux. Vous pouvez formuler jusqu'à 10 voeux de CPGE, et chaque voeu peut contenir plusieurs établissements dans la même filière. Par exemple, vous pouvez faire 1 voeu "MPSI" qui regroupe 10 lycées différents. Ces 10 lycées ne comptent que pour 1 voeu dans votre quota de 10 voeux.

Stratégie optimale :

  • Formulez 2 à 3 voeux de CPGE si c'est votre cible prioritaire (par exemple : MPSI dans 10 lycées, PCSI dans 10 lycées, PTSI dans 5 lycées)
  • Panacher entre prépas ambitieuses, réalistes et de sécurité dans chaque voeu
  • Ne vous limitez pas géographiquement — une prépa de province peut être bien meilleure qu'une prépa parisienne moins cotée

Après la prépa : les débouchés

Au bout de deux ans, vous passez les concours. Les résultats varient énormément selon votre niveau et votre prépa, mais voici les ordres de grandeur :

En prépa scientifique : environ 90% des étudiants intègrent une école d'ingénieurs. Parmi eux, 30-40% intègrent une école du Top 15 (Polytechnique, CentraleSupélec, Mines ParisTech, Ponts, ISAE-Supaéro, ENS, Centrale Lyon, Centrale Lille, Mines Nancy, INSA Lyon, Arts et Métiers, etc.). Les autres intègrent des écoles de rang intermédiaire ou régionales, qui restent d'excellentes formations avec d'excellents débouchés.

En prépa commerciale (ECG) : environ 85-90% des étudiants intègrent une école de commerce. Parmi eux, 15-20% intègrent une école du Top 5 (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC). Les autres intègrent des écoles du Top 10-20, qui offrent également de très bons débouchés.

En prépa littéraire : les débouchés sont plus variés. Environ 10-15% intègrent une ENS. Les autres bifurquent vers l'université (L3 puis master), les IEP, les écoles de commerce (via le concours BEL), les écoles de journalisme, les écoles du patrimoine, ou préparent les concours de l'enseignement.

Les étudiants qui ne souhaitent pas intégrer d'école (par choix ou par échec aux concours) peuvent rejoindre l'université en L3 grâce aux 120 crédits ECTS acquis en prépa. Beaucoup le font et réussissent très bien, car ils ont acquis une méthode de travail et une rigueur qui les avantagent.

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Partie 6 : Les écoles d'ingénieurs post-bac

Les écoles d'ingénieurs post-bac sont une alternative de plus en plus prisée à la CPGE. Au lieu de faire deux ans de prépa puis trois ans d'école (le cursus classique), vous intégrez directement une école d'ingénieurs pour cinq ans. Vous obtenez le même diplôme d'ingénieur au bout du compte, mais avec un parcours différent.

Le concept : un cursus intégré en 5 ans

Le modèle est simple : vous passez un concours juste après le bac, vous intégrez une école, et vous suivez un cursus en cinq ans qui combine cycle préparatoire (les deux premières années, équivalent à une prépa intégrée) et cycle ingénieur (les trois années suivantes). Vous n'avez pas à repasser de concours au bout de deux ans, contrairement aux étudiants de CPGE.

Il existe environ 200 écoles d'ingénieurs en France, dont une cinquantaine recrutent directement après le bac. Parmi elles, on trouve :

  • Les INSA (Instituts Nationaux des Sciences Appliquées) : Lyon, Toulouse, Rennes, Rouen, Strasbourg, etc. Publiques, gratuites, excellente réputation.
  • L'UTC, UTT et UTBM (Universités de Technologie de Compiègne, Troyes et Belfort-Montbéliard) : publiques, formation par projets et stages longs.
  • Les écoles de la Fédération Gay-Lussac : réseau de 20 écoles de chimie et génie chimique.
  • Les écoles du réseau Polytech : écoles universitaires d'ingénieurs adossées aux universités.
  • Les écoles privées : ESILV, ECE Paris, ESME Sudria, IPSA, EPITA, Sup'Biotech, etc. Payantes (5000-8000€/an), elles sont souvent spécialisées dans un domaine (informatique, aéronautique, biotech).

Les concours communs : comment ça marche ?

Pour éviter de passer 30 concours différents, la plupart des écoles post-bac se sont regroupées en concours communs. Vous passez un seul concours (ou un seul dossier) qui vous ouvre les portes de plusieurs dizaines d'écoles.

Concours Puissance Alpha : regroupe 17 écoles d'ingénieurs (INSA Centre Val de Loire, ESAIP, ESEO, ESIEA, ESIGELEC, etc.). Épreuves écrites ou dossier selon les écoles. Taux d'accès moyen : 30-50%.

Concours Avenir : regroupe 7 écoles (ESIGELEC, ESILV, ECE Paris, EIGSI, EPF, ESTACA, ESIEA). Épreuves écrites (maths, physique, anglais) + dossier. Plutôt sélectif. Taux d'accès : 25-40%.

Concours Geipi Polytech : regroupe 35 écoles publiques, dont le réseau Polytech (écoles universitaires) et d'autres écoles publiques. Dossier + épreuves écrites ou oraux selon les écoles. Taux d'accès : 30-60%.

Concours Advance : regroupe 4 écoles (EPITA, ESME Sudria, IPSA, Sup'Biotech). Spécialisé dans le numérique, l'aérospatial et les biotechs. Taux d'accès : 35-50%.

Groupe INSA : les 7 INSA recrutent sur dossier, avec un processus commun. Très sélectif pour l'INSA Lyon (taux d'accès autour de 15-20%), plus accessible pour les autres INSA (40-60%).

UTC, UTT, UTBM : recrutement sur dossier. Taux d'accès : 30-50%.

Pour qui ?

Les écoles d'ingénieurs post-bac sont faites pour les bons élèves scientifiques qui savent déjà qu'ils veulent devenir ingénieurs, mais qui ne veulent pas (ou ne peuvent pas) passer par la case CPGE.

Les écoles post-bac sont faites pour vous si :

  • Vous voulez devenir ingénieur sans passer par une prépa
  • Vous avez un bon dossier scientifique (moyenne générale autour de 14-15)
  • Vous préférez un cursus long et structuré plutôt que deux ans de prépa intense
  • Vous voulez éviter le stress du concours après deux ans
  • Vous êtes intéressé par une spécialité précise dès le départ (aéronautique, informatique, biotech, etc.)

Les écoles post-bac ne sont probablement pas faites pour vous si :

  • Vous visez Polytechnique, Centrale Paris ou les écoles les plus prestigieuses (la CPGE reste la voie royale pour ces écoles)
  • Vous n'êtes pas certain de vouloir devenir ingénieur (le cursus est long et spécialisé)
  • Votre dossier est moyen (moyenne inférieure à 13)

Données et taux d'accès

Le taux d'accès aux écoles d'ingénieurs post-bac varie énormément selon l'école et sa réputation.

Écoles très sélectives (moins de 20% de taux d'accès) :

  • INSA Lyon : environ 15-18%
  • UTC Compiègne : environ 20%
  • Certaines spécialités d'EPITA ou ESME Sudria

Écoles sélectives (20-40%) :

  • INSA Toulouse, Rennes, Rouen : 25-35%
  • UTT, UTBM : 30-40%
  • Écoles du concours Avenir : 25-40%
  • Écoles du concours Puissance Alpha : 30-45%

Écoles accessibles (40-60%) :

  • Écoles Polytech : 40-60%
  • INSA Strasbourg, Centre Val de Loire : 45-60%
  • Certaines écoles du réseau Geipi Polytech

Profil des admis :

  • Bac général : 95% (dont 80% avec spécialités Maths + Physique-Chimie ou SI)
  • Moyenne générale en terminale : entre 13 et 17 selon les écoles
  • Mention au bac : Bien ou Très Bien dans 70% des cas

École post-bac ou CPGE + école : que choisir ?

C'est la grande question que se posent tous les bons élèves scientifiques. Voici les critères de décision.

Choisissez l'école post-bac si :

  • Vous voulez de la sécurité et de la visibilité (vous savez où vous serez dans 5 ans)
  • Vous voulez un cursus progressif sans rupture brutale
  • Vous voulez des stages longs et de l'international intégrés dans le cursus
  • Vous préférez un encadrement constant plutôt qu'une autonomie totale
  • Vous savez déjà dans quel domaine de l'ingénierie vous voulez travailler

Choisissez la CPGE + école si :

  • Vous visez les écoles les plus prestigieuses (Polytechnique, Centrale, Mines, Ponts)
  • Vous aimez l'abstraction mathématique et la théorie poussée
  • Vous êtes prêt à travailler de manière très intense pendant 2 ans
  • Vous voulez garder toutes les portes ouvertes (vous choisirez votre spécialité après la prépa)
  • Vous voulez tester votre niveau face aux meilleurs

Il n'y a pas de mauvais choix. Les deux voies mènent au même diplôme d'ingénieur reconnu par la CTI (Commission des Titres d'Ingénieur). La différence est surtout dans le prestige de l'école et dans l'expérience du parcours.

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Point clé : les écoles post-bac de bon niveau (INSA, UTC, grandes écoles privées) ont des taux d'insertion et des salaires de sortie comparables aux écoles accessibles via CPGE (hors Top 10). Si vous intégrez l'INSA Lyon, vous aurez des débouchés équivalents à ceux d'un diplômé de Centrale Lille ou Arts et Métiers.

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Partie 7 : Les écoles de commerce post-bac

Les écoles de commerce post-bac proposent un cursus en 3, 4 ou 5 ans qui mène à un diplôme de niveau bac+3 (Bachelor) ou bac+5 (Master, grade master). Elles recrutent sur concours ou sur dossier, et sont majoritairement payantes.

Le concept : deux types de cursus

Les Bachelors en 3 ans : formations courtes qui visent une insertion professionnelle rapide ou une poursuite en master. Ils sont souvent spécialisés (commerce international, marketing digital, finance, management du sport). Coût : 6000 à 10 000€ par an.

Les Programmes Grande École (PGE) en 5 ans : cursus long qui mène au grade de master. Les deux premières années sont un cycle préparatoire généraliste, les trois suivantes sont le cycle master spécialisé. Coût : 8000 à 15 000€ par an (soit 40 000 à 75 000€ pour 5 ans).

Les concours post-bac

Concours Sésame : regroupe 14 écoles (ESSEC Global BBA, NEOMA, KEDGE, EM Normandie, SKEMA, La Rochelle BS, etc.). Épreuves écrites (logique, langues, analyse documentaire) + dossier. Environ 8 000 candidats par an. Taux d'accès moyen : 40-60% selon les écoles.

Concours Accès : regroupe 3 écoles (ESSCA, IESEG, EMLV). Épreuves écrites (synthèse, raisonnement logique, anglais) + oral. Plus sélectif que Sésame. Taux d'accès : 30-50%.

Concours Pass : regroupe plusieurs écoles (INSEEC, ECE, etc.). Moins sélectif. Taux d'accès : 50-70%.

Recrutement sur dossier : certaines écoles (notamment les Bachelors) recrutent directement sur dossier + entretien, sans concours écrit.

Pour qui ?

Les écoles de commerce post-bac attirent des profils variés : bons élèves qui veulent éviter la CPGE, étudiants attirés par le commerce et le management, candidats qui privilégient l'international et les stages.

Les écoles de commerce post-bac sont faites pour vous si :

  • Vous voulez travailler dans le commerce, le marketing, la finance ou le management
  • Vous aimez les langues et l'international (les cursus incluent souvent 1 à 2 ans à l'étranger)
  • Vous êtes à l'aise à l'oral et dans les interactions sociales
  • Votre famille peut financer les frais de scolarité (ou vous êtes prêt à emprunter)
  • Vous voulez un réseau d'anciens élèves structuré

Les écoles de commerce post-bac ne sont probablement pas faites pour vous si :

  • Vous n'avez aucun intérêt pour le commerce ou le management
  • Vous ne pouvez pas financer les frais de scolarité (50 000 à 75 000€ pour un cursus complet)
  • Vous préférez une formation gratuite à l'université
  • Vous visez une école du Top 3 (HEC, ESSEC, ESCP) — pour cela, la prépa ECG reste la voie privilégiée

Attention aux pièges : les accréditations

Le marché des écoles de commerce est très hétérogène. Il existe d'excellentes écoles reconnues internationalement, et des écoles médiocres qui vendent du rêve sans délivrer de vraie valeur.

Pour distinguer les deux, vérifiez les accréditations :

Le grade de master : délivré par le ministère de l'Enseignement supérieur, il garantit que le diplôme est reconnu au niveau bac+5 et équivaut à un master universitaire. C'est le minimum syndical.

Le visa : délivré par l'État, il atteste que la formation répond à des critères de qualité (corps professoral, insertion professionnelle, gouvernance).

Les labels internationaux : EQUIS, AACSB, AMBA. Ces accréditations internationales garantissent la qualité de l'école à l'échelle mondiale. Les meilleures écoles cumulent les trois (on parle de "triple couronne").

Règle d'or : ne vous inscrivez jamais dans une école de commerce qui n'a ni le grade de master ni le visa. Vous risquez de payer très cher pour un diplôme qui ne vaut rien sur le marché du travail.

Données et taux d'accès

Écoles sélectives (moins de 30%) :

  • ESSEC Global BBA : environ 25%
  • IESEG : environ 30%
  • EMLV : environ 30%

Écoles accessibles (40-60%) :

  • KEDGE, NEOMA, SKEMA : 40-55%
  • EM Normandie, La Rochelle BS, Burgundy School of Business : 50-65%

Profil des admis :

  • Bac général : 85-90%
  • Moyenne générale en terminale : entre 12 et 16 selon les écoles
  • Les écoles de commerce recrutent un profil plus large que les écoles d'ingénieurs : littéraires, économistes, scientifiques

École de commerce post-bac ou prépa ECG + école : que choisir ?

Choisissez l'école post-bac si :

  • Vous voulez éviter deux ans de prépa intense
  • Vous voulez partir rapidement à l'étranger (dès la 2ème ou 3ème année)
  • Vous privilégiez les stages longs et l'expérience professionnelle
  • Vous ne visez pas HEC, ESSEC ou ESCP
  • Vous avez les moyens de financer 5 ans d'études payantes

Choisissez la prépa ECG si :

  • Vous visez le Top 3 des écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP)
  • Vous voulez bénéficier d'une formation gratuite pendant 2 ans
  • Vous aimez l'exigence intellectuelle et le travail approfondi
  • Vous voulez maximiser vos chances d'intégrer une école du Top 10
  • Vous êtes prêt à travailler de manière très intensive pendant 2 ans

Là encore, il n'y a pas de mauvais choix. Les écoles post-bac du concours Sésame ou Accès offrent de très bons débouchés. Mais si vous visez HEC ou ESSEC, la prépa ECG reste la voie quasi obligatoire (moins de 10% des admis à HEC viennent des admissions parallèles).

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Partie 8 : Autres formations — IFSI, DN MADE, Sciences Po, IEP

Au-delà des grandes catégories (BTS, BUT, Licence, CPGE, écoles), il existe plusieurs formations spécialisées qui attirent des milliers de candidats chaque année. Elles méritent qu'on s'y attarde.

Les IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers)

Les IFSI forment au métier d'infirmier en 3 ans. Le diplôme d'État d'infirmier confère le grade de licence (180 ECTS) et permet d'exercer dans le secteur hospitalier, en libéral ou dans des structures spécialisées.

Pour qui ? : les IFSI attirent des profils variés : bacheliers généraux, bacheliers technologiques (ST2S surtout), mais aussi des reconvertis (l'accès est ouvert aux personnes en reprise d'études).

Sélectivité : les IFSI sont parmi les formations les plus demandées sur Parcoursup, avec plus de 720 000 voeux par an. Mais le taux d'accès varie énormément selon la zone géographique.

  • IFSI en grande métropole (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse) : taux d'accès entre 15% et 30%
  • IFSI en ville moyenne : taux d'accès entre 40% et 60%
  • IFSI en zone rurale ou peu tendue : taux d'accès entre 70% et 90%

Profil des admis :

  • Bac général : 55-60%
  • Bac technologique ST2S : 25-30%
  • Bac professionnel ASSP : 10-15%
  • Moyenne générale en terminale : entre 11 et 15 selon les IFSI

Coût : gratuit (formation publique). Vous payez uniquement la CVEC (Contribution Vie Étudiante et de Campus), soit environ 100€ par an.

Débouchés : excellents. Le taux d'insertion professionnelle à 6 mois est supérieur à 95%. Le taux de chômage des infirmiers est quasi nul. Salaire de début : environ 1800-2000€ nets mensuels dans le secteur public, davantage en libéral.

Stratégie de voeux : les IFSI sont un excellent exemple de l'importance de la géographie. Si vous êtes prêt à vous éloigner des grandes métropoles, vos chances d'admission augmentent considérablement. Vous obtiendrez exactement le même diplôme d'État à la fin.

Explorez les taux d'accès des IFSI par zone géographique sur notre plateforme pour identifier les IFSI les plus accessibles.

Les DN MADE (Diplôme National des Métiers d'Art et du Design)

Le DN MADE est un diplôme en 3 ans (grade licence) qui forme aux métiers de la création : design graphique, design d'espace, design de produit, design textile, animation, etc. Il a remplacé en 2018 les anciennes MANAA et DMA.

Pour qui ? : le DN MADE s'adresse aux profils créatifs, qu'ils viennent d'un bac général, d'un bac STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) ou d'un bac professionnel des métiers d'art.

Sélectivité : les DN MADE sont sélectifs. Le recrutement se fait sur dossier (book de créations, notes, lettre de motivation). Taux d'accès moyen : 30-60% selon les spécialités et les établissements.

  • DN MADE Animation, Graphisme, Espace (les plus demandés) : taux d'accès entre 20% et 40%
  • DN MADE Objet, Matériaux, Livre : taux d'accès entre 40% et 60%

Profil des admis :

  • Bac général avec spécialités artistiques : 45-50%
  • Bac STD2A : 30-35%
  • Bac professionnel des métiers d'art : 15-20%

Coût : gratuit dans le public (lycées publics, écoles publiques), entre 3000 et 6000€/an dans le privé.

Débouchés : le DN MADE prépare à des métiers variés (graphiste, designer, motion designer, scénographe, etc.). Le marché est concurrentiel, mais les bons profils s'insèrent bien. Environ 40% des diplômés poursuivent en master (design, métiers de l'exposition, direction artistique) ou en école spécialisée (Beaux-Arts, écoles de design).

Point d'attention : le DN MADE exige un vrai talent créatif et un book solide. Si vous n'avez jamais dessiné ni créé de projets personnels, vos chances sont faibles. Commencez à constituer votre book dès la première ou la terminale.

Sciences Po Paris et les IEP (Instituts d'Études Politiques)

Les IEP sont des écoles publiques de sciences politiques, sciences sociales et relations internationales. Il en existe 10 en France : Sciences Po Paris (le plus prestigieux) et 9 IEP en région (Aix, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg, Toulouse).

Deux voies d'accès distinctes :

Sciences Po Paris : recrutement sur dossier + oraux (depuis 2021, Sciences Po Paris ne fait plus passer d'épreuves écrites). Vous postulez via Parcoursup, mais le processus est spécifique. Très sélectif : taux d'accès autour de 10%. Profil des admis : mentions Très Bien, excellents résultats dans toutes les matières, engagement associatif ou citoyen, maîtrise de plusieurs langues.

Concours commun des IEP de région : 7 IEP (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain, Strasbourg, Toulouse) recrutent via un concours commun. Épreuves écrites (questions contemporaines, histoire, langue vivante) + oral pour certains IEP. Taux d'accès moyen : 15-25%. Les IEP de Bordeaux et Grenoble ont leur propre concours.

Pour qui ? : les IEP attirent des profils généralistes brillants, souvent littéraires ou en sciences économiques et sociales, intéressés par la politique, les relations internationales, le journalisme, la fonction publique ou le conseil.

Coût : Sciences Po Paris pratique des frais de scolarité proportionnels aux revenus (de 0 à 13 000€/an selon le quotient familial). Les IEP de région sont quasi gratuits (environ 200-500€/an).

Débouchés : excellents. Les diplômés de Sciences Po et des IEP travaillent dans la fonction publique, les organisations internationales, le conseil, le journalisme, la communication, les ONG. Taux d'insertion à 6 mois : supérieur à 90%. Salaire médian à 3 ans : 35 000 à 45 000€ bruts annuels.

L'apprentissage : un levier transversal

Nous l'avons évoqué pour le BTS et le BUT, mais il faut le marteler : l'apprentissage est un levier stratégique majeur sur Parcoursup.

Les chiffres clés :

  • Vous disposez de 10 voeux supplémentaires réservés aux formations en apprentissage, qui ne comptent pas dans votre quota de 10 voeux classiques.
  • Environ 40% des BTS, 25% des BUT et de plus en plus de licences professionnelles sont accessibles en apprentissage.
  • Le taux d'insertion professionnelle des apprentis est supérieur de 15 à 20 points à celui des étudiants sous statut scolaire.
  • Vous êtes rémunéré (entre 43% et 100% du SMIC selon votre âge et votre année), et vos frais de scolarité sont pris en charge par l'employeur.

Stratégie : formulez systématiquement des voeux en apprentissage dans les formations qui vous intéressent. Même si vous ne trouvez pas d'employeur immédiatement, vous gardez la possibilité de chercher jusqu'en septembre, voire octobre. Et si vous trouvez, vous cumulerez expérience professionnelle, rémunération et diplôme — un combo imbattable.

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Partie 9 : Les formations les plus demandées — Le classement

Maintenant que vous avez une vision complète de toutes les formations, intéressons-nous aux formations les plus demandées sur Parcoursup. Ce classement est utile pour deux raisons : il vous indique les formations où la concurrence sera la plus forte, et il vous révèle aussi les formations "pépites" que la majorité des candidats ignorent.

Le Top 10 des formations les plus demandées

Voici les 10 formations qui concentrent le plus grand nombre de voeux sur Parcoursup, tous établissements confondus, sur la base des données 2019-2024.

1. PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) : 842 000 voeux en 2025. C'est LA formation qui attire le plus de candidats. Le rêve de devenir médecin, pharmacien, dentiste ou sage-femme reste puissant. Mais attention : être admis en PASS ne signifie pas réussir le concours en fin d'année. Taux d'accès moyen : 30-70% selon les universités.

2. Licence de Droit : environ 700 000 voeux par an (toutes universités confondues). La licence de Droit reste un classique indémodable. Elle représente 33,7% des voeux en licence. Taux d'accès : de 25% (Paris) à 85% (province).

3. IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers) : plus de 720 000 voeux par an. Le métier d'infirmier attire par ses débouchés garantis et sa dimension humaine. Taux d'accès : de 15% (grandes villes) à 90% (zones rurales).

4. Licence de Psychologie : environ 154 000 voeux par an. Le sujet fascine, mais les débouchés réels sont souvent mal connus. Taux d'accès : 35-75%.

5. STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) : environ 96 000 voeux par an. Formation exigeante qui ne se limite pas au sport de haut niveau. Taux d'accès : 25-60%.

6. BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) : le BTS le plus demandé de France. Formation polyvalente qui ouvre sur le commerce et la gestion. Taux d'accès : 30-70%.

7. Licence Économie-Gestion : environ 120 000 voeux par an. Formation généraliste qui prépare au master de management, finance, économie. Taux d'accès : 60-85%.

8. BUT Informatique : en forte croissance. Porté par la demande en développeurs et data scientists. Taux d'accès : 15-50% (l'un des BUT les plus sélectifs).

9. CPGE MPSI : la prépa scientifique la plus demandée. Taux d'accès : de 5% (grandes prépas parisiennes) à 80% (prépas de province).

10. Licence Lettres et Sciences Humaines : regroupe plusieurs mentions (Lettres, Histoire, Philosophie, etc.). Taux d'accès généralement élevé (70-90%), sauf dans les universités parisiennes.

Les formations qui montent

Au-delà de ce Top 10, certaines formations connaissent une croissance très forte en termes de voeux. Ce sont les formations "tendance", souvent portées par les évolutions du marché du travail ou par des effets de communication.

BUT Métiers du Multimédia et de l'Internet (MMI) : +25% de voeux en 3 ans. Le web, le design et la communication digitale attirent massivement. Taux d'accès : 25-35%.

Licences Accès Santé (LAS) : alternative au PASS, elles permettent de candidater en études de santé via une licence classique avec mineure santé. En forte croissance depuis la réforme de 2020.

BTS SIO (Services Informatiques aux Organisations) : +18% de voeux en 3 ans. La demande en informaticiens booste les inscriptions. Taux d'accès : 40-60%.

DN MADE : en croissance constante depuis la réforme de 2018. Les métiers créatifs et le design séduisent. Taux d'accès : 30-60%.

Écoles d'ingénieurs post-bac : +15% de voeux en 5 ans. L'alternative à la CPGE séduit de plus en plus.

Les pépites méconnues : formations excellentes mais peu demandées

Voici le secret le mieux gardé de Parcoursup : certaines formations d'excellente qualité, avec d'excellents débouchés, affichent des taux d'accès supérieurs à 70% simplement parce qu'elles sont méconnues.

Les licences bi-disciplinaires : Droit-Langues, Économie-Mathématiques, Histoire-Science Politique, Lettres-Histoire. Formations exigeantes et différenciantes, mais souvent accessibles (taux d'accès 50-70%) car peu connues.

Les BUT en villes moyennes : un BUT Informatique à Laval, à Rodez ou à Lannion peut afficher un taux d'accès de 60%, contre 15% à Lyon. Même diplôme, même qualité de formation.

Les BTS industriels : Électrotechnique, Maintenance des Systèmes, Conception de Produits Industriels, Systèmes Numériques. Taux d'accès souvent supérieurs à 70%, et taux d'insertion professionnelle excellents (supérieurs à 90%).

Les licences Sciences de l'Éducation : méconnues, elles offrent pourtant une excellente préparation aux concours de l'enseignement (CRPE, CAPES). Taux d'accès : 70-90%.

Les BUT Packaging, Qualité Logistique Industrielle, Génie Biologique : moins sexy que TC ou Informatique, mais tout aussi solides en termes de débouchés. Taux d'accès : 50-80%.

Les CPGE PTSI et TSI : moins connues que MPSI, elles offrent pourtant une voie royale vers les écoles d'ingénieurs avec des taux d'accès bien plus élevés (50-80% pour PTSI, 60-90% pour TSI).

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Conseil stratégique : ne vous limitez pas aux formations dont tout le monde parle. Explorez les formations méconnues dans votre domaine d'intérêt. C'est là que se trouvent les meilleures opportunités en termes de rapport qualité/accessibilité.

Utilisez notre explorateur de formations pour découvrir les pépites méconnues dans votre domaine, et filtrez par taux d'accès supérieur à 60%.

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Partie 10 : Comment choisir — L'arbre de décision

Vous avez maintenant toutes les cartes en main. Vous connaissez les différences entre BTS, BUT, Licence, CPGE, écoles. Vous avez les données de taux d'accès, les profils d'admis, les débouchés. Mais comment trancher ? Comment choisir votre formation ?

Voici un arbre de décision basé sur 7 profils types. Identifiez celui qui vous ressemble le plus, et suivez les recommandations.

Profil 1 : Le bachelier technologique qui veut une insertion rapide

Votre situation : Vous êtes en terminale STMG, STI2D, ST2S ou autre filière technologique. Vous avez un niveau correct (moyenne autour de 12-14). Vous voulez travailler rapidement sans faire d'études trop longues.

Formations recommandées :

  1. BTS en lien avec votre filière (priorité absolue) : des places vous sont réservées. Taux de réussite excellent. Insertion rapide.
  2. BUT : si vous avez un bon dossier (moyenne supérieure à 13-14), visez les BUT qui recrutent des bacheliers technologiques (GEA, TC, Info pour les STI2D, Carrières Sociales pour les ST2S).
  3. BTS en apprentissage : doublement stratégique (rémunération + expérience + réservation de places).

Formations à éviter :

  • La licence universitaire classique : le taux d'échec des bacheliers technologiques en licence dépasse 80%.

Profil 2 : Le bachelier professionnel qui veut continuer ses études

Votre situation : Vous êtes en terminale professionnelle. Vous avez un bon niveau dans votre filière. Vous ne voulez pas vous arrêter au bac, mais vous savez que les études longues ne sont pas faites pour vous.

Formations recommandées :

  1. BTS en lien direct avec votre spécialité de bac pro : c'est votre cible n°1. Des places vous sont réservées par la loi. Le BTS est conçu pour vous.
  2. BTS en apprentissage : encore mieux, car vous prolongez la logique de l'alternance que vous connaissez peut-être déjà.
  3. Mention complémentaire (MC) : formations courtes (1 an) qui complètent votre bac pro et améliorent votre insertion.

Formations à éviter :

  • La licence universitaire : taux d'échec supérieur à 95% pour les bacheliers professionnels.
  • Le BUT : trop académique, vous seriez en difficulté.

Profil 3 : Le bon élève général indécis

Votre situation : Vous êtes en terminale générale avec un bon dossier (moyenne autour de 14-15). Vous n'avez pas d'idée précise de métier. Vous voulez garder vos options ouvertes.

Formations recommandées :

  1. BUT dans un domaine large (Informatique, GEA, TC, Information-Communication) : vous vous formez concrètement tout en gardant la possibilité de poursuivre en master.
  2. Licence dans un domaine qui vous attire : Droit, Économie, Sciences, Lettres. À condition d'être capable de travailler en autonomie.
  3. Licence bi-disciplinaire : Droit-Langues, Économie-Mathématiques, Histoire-Science Politique. Profil différenciant qui vous laisse le temps de préciser votre projet.

Formations à éviter :

  • Les formations ultra-spécialisées (BTS très pointu, DN MADE, IFSI) : si vous ne savez pas encore ce que vous voulez faire, ne vous enfermez pas.

Profil 4 : Le très bon élève scientifique qui vise l'ingénierie

Votre situation : Vous êtes en terminale générale avec spécialités scientifiques (Maths + Physique ou SI). Vous avez un excellent dossier (moyenne supérieure à 15). Vous voulez devenir ingénieur.

Formations recommandées :

  1. CPGE scientifique (MPSI, PCSI, PTSI selon votre profil) : c'est la voie royale pour les écoles les plus prestigieuses. Panachez entre prépas ambitieuses et prépas de sécurité.
  2. École d'ingénieurs post-bac (INSA, UTC, grandes écoles privées) : alternative crédible si vous ne voulez pas passer par la prépa. Sécurité et visibilité.
  3. Licence scientifique renforcée (CMI, double-licence Maths-Physique, Maths-Info) : si vous préférez l'université.

Formations à éviter :

  • Le BTS : vous seriez sous-utilisé.
  • La licence classique non renforcée : privilégiez les parcours d'excellence (CMI, doubles-licences).

Profil 5 : Le bon élève littéraire passionné

Votre situation : Vous êtes en terminale générale avec un profil littéraire (spécialités Lettres, Philo, Histoire, Langues, SES). Vous avez un bon dossier (moyenne supérieure à 14). Vous aimez lire, écrire, réfléchir.

Formations recommandées :

  1. CPGE littéraire (Hypokhâgne-Khâgne) : si vous avez un excellent dossier et que vous visez l'ENS, les écoles de commerce via BEL, ou les concours de l'enseignement.
  2. Licence dans votre domaine de prédilection (Lettres, Histoire, Philosophie, Langues, Droit) : la voie naturelle pour poursuivre en master et préparer les concours.
  3. Sciences Po ou IEP : si vous êtes intéressé par la politique, les relations internationales, le journalisme.
  4. Licence bi-disciplinaire : Droit-Langues, Histoire-Science Politique, Lettres-Philosophie.

Formations à éviter :

  • Les BTS généralistes sans lien avec vos intérêts (BTS Commerce si vous n'aimez pas le commerce).

Profil 6 : L'élève moyen qui cherche une formation concrète

Votre situation : Vous êtes en terminale générale ou technologique avec un dossier moyen (moyenne autour de 11-13). Vous n'êtes pas sûr de ce que vous voulez faire, mais vous savez que vous avez besoin d'un cadre et de concret.

Formations recommandées :

  1. BTS dans un secteur qui vous attire : commerce, informatique, tourisme, communication, gestion. Formation encadrée, stages, insertion rapide.
  2. BTS en apprentissage : double avantage (rémunération + meilleure insertion).
  3. Licence accessible dans un domaine qui vous plaît : si vous êtes prêt à travailler en autonomie. Privilégiez les licences hors grandes métropoles (taux d'accès plus élevés).

Formations à éviter :

  • Les BUT très sélectifs (Informatique, TC, MMI) : votre dossier ne passera probablement pas.
  • Les CPGE : vous seriez en difficulté.
  • Les licences ultra-sélectives (Droit à Paris, PASS, STAPS) : taux d'accès trop faibles.

Profil 7 : Le passionné par un métier précis

Votre situation : Vous savez exactement ce que vous voulez faire. Infirmier, designer, architecte, avocat, développeur, ingénieur aéronautique. Vous avez un projet professionnel clair.

Formations recommandées :

  1. La formation qui mène directement à ce métier : IFSI pour infirmier, DN MADE pour designer, ENSA (École Nationale Supérieure d'Architecture) pour architecte, licence de Droit pour avocat, BUT Informatique ou école d'ingénieurs pour développeur, etc.
  2. Diversifiez géographiquement : si votre formation cible est très demandée, multipliez les voeux dans différentes zones géographiques pour maximiser vos chances.

Formations à éviter :

  • Tout ce qui ne mène pas directement à votre objectif. Vous avez une boussole claire, suivez-la.
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FAQ : Les 15 questions les plus fréquentes

1. Quelle est la différence entre BTS et BUT ?

Le BTS dure 2 ans et délivre 120 ECTS. Il est très spécialisé (plus de 120 spécialités) et vise l'insertion professionnelle rapide. Le BUT dure 3 ans et délivre 180 ECTS avec le grade de licence. Il est plus généraliste (24 mentions) et facilite la poursuite d'études en master. Le BTS a un encadrement plus fort (classes de 30), le BUT un encadrement moyen (promos de 100-150, TD de 25-30). Le BTS est plus accessible (taux d'accès 65-75%), le BUT plus sélectif (45-60%).

2. Peut-on faire un master après un BTS ?

Oui, mais le chemin n'est pas direct. Le BTS délivre 120 ECTS, il manque donc 60 ECTS pour accéder au master. La voie la plus courante est de compléter par une licence professionnelle (1 an) ou de rejoindre une L3 universitaire. Certains BTS intègrent aussi des écoles de commerce ou d'ingénieurs en admission parallèle. Environ 50% des titulaires de BTS poursuivent leurs études, principalement en licence pro.

3. Les licences sont-elles toutes non sélectives ?

Non. La majorité des licences sont non sélectives en théorie (elles ne peuvent refuser un candidat qui remplit les prérequis), mais lorsque le nombre de candidats dépasse la capacité d'accueil, un classement est établi. Certaines licences affichent ainsi des taux d'accès inférieurs à 30% (Droit à Paris, STAPS, Psychologie en grande ville, PASS). Il existe aussi des licences explicitement sélectives (doubles-licences, licences internationales).

4. Faut-il obligatoirement faire une prépa pour devenir ingénieur ?

Non. Environ 40% des ingénieurs diplômés n'ont pas fait de CPGE. Vous pouvez devenir ingénieur en intégrant une école post-bac en 5 ans (INSA, UTC, grandes écoles privées), en passant par un BUT puis une école en admission parallèle, ou en suivant un cursus universitaire (licence + master + diplôme d'ingénieur). La CPGE reste la voie privilégiée pour les écoles les plus prestigieuses (Polytechnique, Centrale, Mines), mais ce n'est pas la seule.

5. Quel est le taux de réussite en licence ?

Le taux de passage en L2 du premier coup est d'environ 45%. Si l'on compte les redoublements, environ 55% des étudiants finissent par valider leur L1 en 3 ans maximum. Cela signifie que près de la moitié des étudiants qui entrent en licence ne valident jamais leur première année. Les raisons : manque d'autonomie, mauvaise orientation, sous-estimation de la charge de travail, difficultés financières.

6. Comment choisir entre école de commerce post-bac et prépa ECG ?

Si vous visez HEC, ESSEC ou ESCP, la prépa ECG est quasi obligatoire (moins de 10% des admis viennent d'ailleurs). Si vous visez une école du Top 10-20, les deux voies sont valables. L'école post-bac vous offre de la sécurité (vous savez où vous serez dans 5 ans), des stages longs et de l'international rapide. La prépa vous offre une formation intellectuelle de haut niveau, gratuite, et maximise vos chances d'intégrer une école de rang élevé. C'est un choix de parcours plus que de destination.

7. Qu'est-ce que le PASS et la LAS ?

Le PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) est une première année universitaire dédiée principalement à la santé, avec une mineure dans une autre discipline. La LAS (Licence Accès Santé) est une licence classique (Droit, Économie, Chimie, SVT, etc.) avec une mineure santé. Les deux permettent de candidater en médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique à la fin de la L1. Le PASS est plus sélectif à l'entrée mais plus centré sur la santé. La LAS est plus accessible à l'entrée mais demande de jongler entre deux disciplines.

8. Combien coûtent les études supérieures ?

Cela dépend totalement de la formation. Les formations publiques (université, IUT, lycée public, CPGE publique) coûtent entre 0 et 250€ par an de droits d'inscription. Les BTS privés coûtent entre 2000 et 4000€/an. Les écoles d'ingénieurs privées entre 5000 et 8000€/an. Les écoles de commerce entre 8000 et 15 000€/an (soit 40 000 à 75 000€ pour 5 ans). À cela s'ajoutent les frais de vie (logement, nourriture, transport), qui varient énormément selon la ville (de 600€/mois en province à 1200€/mois à Paris).

9. Qu'est-ce que l'apprentissage et comment ça marche sur Parcoursup ?

L'apprentissage est un mode de formation en alternance : vous alternez entre périodes en entreprise (où vous travaillez sous contrat d'apprentissage) et périodes en centre de formation. Vous êtes rémunéré (entre 43% et 100% du SMIC selon votre âge et votre année) et vos frais de scolarité sont pris en charge par l'employeur. Sur Parcoursup, vous disposez de 10 voeux supplémentaires réservés aux formations en apprentissage, qui ne comptent pas dans votre quota de 10 voeux principaux.

10. Peut-on changer de formation après la première année ?

Oui, mais ce n'est pas toujours simple. Vous pouvez vous réorienter via Parcoursup en formulant de nouveaux voeux (il existe une procédure spécifique pour les réorientations en cours d'année). Vous pouvez aussi demander un transfert interne dans votre établissement (par exemple, passer d'une licence de Psychologie à une licence de Sociologie dans la même université). En CPGE, vous pouvez rejoindre l'université en L2 ou L3 grâce à vos crédits ECTS. Mais chaque changement a un coût en termes de temps et de crédits validés.

11. Comment utiliser les données de taux d'accès pour ma stratégie de voeux ?

Le taux d'accès vous indique quelle proportion de candidats a reçu une proposition d'admission. Utilisez-le pour panacher vos voeux entre formations ambitieuses (taux d'accès < 30%), réalistes (30-60%) et de sécurité (> 60%). Mais attention : regardez toujours le taux d'accès par établissement, pas la moyenne nationale. Un BTS MCO peut avoir un taux d'accès de 80% dans une ville et de 30% dans une autre. Notre explorateur vous donne ces données établissement par établissement.

12. Quelle est la formation la plus demandée sur Parcoursup ?

En nombre de voeux agrégés, c'est le PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) avec plus de 842 000 voeux en 2025. Si l'on raisonne par filière de licence, c'est la licence de Droit qui arrive en tête, représentant 33,7% des voeux en licence. Les IFSI (soins infirmiers) complètent le podium avec plus de 720 000 voeux.

13. Vaut-il mieux une grande formation dans une petite ville ou une petite formation dans une grande ville ?

Cela dépend de vos priorités. En termes de taux d'accès, une formation réputée dans une ville moyenne sera souvent plus accessible que la même formation dans une grande métropole. En termes de qualité, le diplôme est souvent identique (un BTS MCO est un BTS MCO, un BUT Informatique est un BUT Informatique). En termes de vie étudiante, les grandes villes offrent plus d'opportunités culturelles et de rencontres, mais aussi un coût de la vie plus élevé. Pensez stratégie : si vous visez un BUT Informatique, mieux vaut l'avoir à Rodez qu'être refusé à Lyon.

14. Les classements des formations sont-ils fiables ?

Les classements médiatiques (L'Étudiant, Le Figaro Étudiant, etc.) donnent des indications, mais ils sont souvent basés sur des critères discutables (réputation, taux d'insertion) et ne reflètent pas votre situation individuelle. Les données Parcoursup officielles (taux d'accès, profils d'admis, mentions au bac) sont bien plus fiables pour évaluer vos chances réelles. Notre plateforme vous donne ces données brutes pour chaque formation, sans filtre éditorial.

15. Combien de voeux faut-il formuler ?

Vous pouvez formuler jusqu'à 10 voeux (et 10 sous-voeux par voeu pour les formations qui le permettent, comme les CPGE). Notre recommandation : utilisez vos 10 voeux et panachez entre formations ambitieuses, réalistes et de sécurité. N'oubliez pas les 10 voeux supplémentaires en apprentissage. Plus vous formulez de voeux diversifiés, plus vous maximisez vos chances d'avoir au moins une proposition qui vous convient. Ne vous limitez pas artificiellement.

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Conclusion : Les données au service de votre projet

Vous avez maintenant entre les mains le guide le plus complet des formations Parcoursup. BTS, BUT, Licence, CPGE, écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, IFSI, DN MADE, Sciences Po — vous connaissez leurs différences, leurs exigences, leurs débouchés, leurs taux d'accès réels.

La question n'est pas "quelle est la meilleure formation ?" mais "quelle est la formation la mieux adaptée à mon profil, à mes objectifs et à ma situation ?". Cette question, vous seul pouvez y répondre. Mais vous pouvez maintenant y répondre de manière éclairée, fondée sur des données objectives et non sur des rumeurs ou des classements approximatifs.

Trois principes à retenir :

1. Ne suivez pas la foule. Les formations les plus demandées ne sont pas forcément les meilleures pour vous. Certaines des meilleures opportunités se trouvent dans les formations méconnues, celles que personne ne regarde parce qu'elles n'ont pas la réputation de Sciences Po ou d'HEC. Un BUT dans une ville moyenne, une licence bi-disciplinaire, une CPGE de province, un BTS industriel — ces formations peuvent vous mener exactement où vous voulez aller, avec beaucoup moins de concurrence.

2. Croisez toujours popularité et taux d'accès. Une formation peut recevoir 100 000 voeux et rester accessible si elle a 50 000 places. Une autre peut recevoir 1 000 voeux et n'accepter que 50 candidats. Le taux d'accès par établissement est la seule donnée qui compte pour évaluer vos chances réelles. Notre plateforme vous donne ces données pour 14 134 formations sur 6 ans.

3. Diversifiez intelligemment vos voeux. Panachez entre formations ambitieuses (taux d'accès < 30%), réalistes (30-60%) et de sécurité (> 60%). Exploitez les 10 voeux supplémentaires en apprentissage. Ne vous limitez pas géographiquement : une formation à 200 km de chez vous peut être votre meilleur choix.

Maintenant, place à l'action. Explorez notre base de données complète pour comparer les formations qui vous intéressent, établissement par établissement. Filtrez par type (BTS, BUT, Licence, CPGE), par domaine, par taux d'accès, par académie. Identifiez les formations ambitieuses que vous visez, les formations réalistes qui correspondent à votre profil, et les formations de sécurité qui vous garantissent une place.

Utilisez ensuite notre calculateur d'admission pour estimer vos chances dans chaque formation en fonction de votre moyenne, de votre type de bac et de vos spécialités. Vous saurez précisément où vous vous situez.

Votre orientation ne doit pas être un pari. Elle doit être une décision éclairée, fondée sur des données réelles. C'est exactement ce que nous vous offrons.

Bonne exploration, et surtout : faites le choix qui vous ressemble.